Faits divers – Justice

Il y a un an, le drame du Paris-Limoges en gare de Brétigny

Par Fabien Arnet, Géraldine Marcon, Émeline Rochedy, Fanny Beaurel, Jérôme Edant et Christophe Poirier, France Bleu Berry, France Bleu Creuse, France Bleu Limousin et France Bleu Orléans samedi 12 juillet 2014 à 6:00

La protection civile auprès des victimes du déraillement, en gare de Brétigny-sur-Orge.
La protection civile auprès des victimes du déraillement, en gare de Brétigny-sur-Orge. © Kenzo Tribouillard / EPA / Maxppp

Le 12 juillet 2013, à 17h11, le train entre Paris et Limoges déraillait à l’entrée de la gare de Brétigny-sur-Orge. Cette catastrophe ferroviaire fait sept victimes, 30 blessés et des dizaines de survivants qui sont encore traumatisés. Selon les premiers éléments, c’est une éclisse qui serait à l’origine du déraillement, les récents rapports pointent plus généralement un déficit de maintenance.

C'était il y a un an aujourd'hui, à 17h11 le déraillement du train Paris-Limoges, l’accident ferroviaire le plus grave en France ces 25 dernières années. C’est la défaillance d’une éclisse, une pièce métallique servant à raccrocher des rails, qui est à l’origine de l’accident. Ce jour là, en fin d’après-midi, à l’entrée de la gare, plusieurs voitures situées à l’arrière du train sortent de la voie, se couchent et fauchent une partie des quais.

D’importants moyens de secours sont immédiatement dépêchés sur place, le déraillement fait sept victimes, des personnes qui attendaient le train sur le quai ainsi que trois passagers du train. 385 personnes étaient à bord lors du drame. Il y a également une trentaine de blessés dont huit dans un état grave. Deux cérémonies sont prévues ce samedi à Brétigny, la première sera privée et réservée aux proches des victimes. Une autre commémoration se tiendra à partir de 17h sur le parvis de la gare à l’heure précise du déraillement.

"Ca fait déjà un an mais c'est encore très difficile"

Delphine était dans le train du train corail n°3657 entre Paris et Limoges avec sa fille de trois ans et demi. Elles sont installées dans le wagon n°4 qui s’est renversé. Aujourd’hui encore, Delphine revit ces instants dramatiques.

BRETIGNY 1

Parmi les passagers ce 12 juillet, Michel Rigaud, ce sapeur-pompier volontaire d’Ahun dans la Creuse était dans un des wagons qui a déraillé. Un an après, les images sont toujours là et Michel y pense souvent.

bretigny rigaud son 1

Une vingtaine de passagers sont acheminés dans la nuit du 12 au 13 juillet en gare de la Souterraine par le train. A leur arrivée, ils sont pris en charge par la cellule d’urgence médico-psychologique. Parmi les professionnels présents, une jeune femme psychologue pour qui cette intervention est une première.

enrobé brétigny / psychologue

Après le drame, les victimes ont du se reconstruire et reprendre une vie normale. Membre de l’association des victimes du train corail n°3657, Eddy était dans une voiture qui n’a pas déraillé mais cela ne l’empêche pas d’avoir peur à chaque fois qu’il doit prendre le train.

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La plupart des victimes n'ont pas encore été indemnisées

Un an après l’accident, la procédure d’indemnisation est toujours en cours sous la houlette de la mission de coordination. A ce jour 32 passagers ont accepté une offre d’indemnisation de la Sncf, 110 autres ont reçu l’offre mais ne l’ont pas encore acceptée. Au total 246 personnes ont déclaré un préjudice corporel et/ou psychologique suite au drame de Brétigny.

Le reportage de Jérôme Edant avec un rescapé.

Trois enquêtes sont ouvertes pour déterminer les causes de ce drame , une menée par le parquet d'Évry, une autre par le bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre et enfin une menée par la SNCF. Le 6 juillet dernier, deux experts désignés par la justice ont mis en cause "un déficit de qualité de maintenance".