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Faits divers – Justice

Ilyès Tafer condamné à deux ans de prison pour l'agression de sept surveillants à la prison de Mont-de-Marsan

mardi 6 février 2018 à 17:08 Par Valérie Mosnier, France Bleu Gascogne, France Bleu Isère et France Bleu

Le tribunal de Mont-de-Marsan, dans les Landes, a condamné ce mardi Ilyès Tafer à deux ans de prison. L'homme, détenu au centre pénitentiaire de Pémégnan, pour sa participation au lynchage mortel de Kévin et Sofiane à Echirolles (Isère), avait agressé sept surveillants le 15 janvier dernier.

Me Virgine Moulet, avocate des parties civiles, et Me Frédéric Dutin, l'avocat d'Ilyès Tafer
Me Virgine Moulet, avocate des parties civiles, et Me Frédéric Dutin, l'avocat d'Ilyès Tafer © Radio France - Valérie Mosnier

Mont-de-Marsan, France

C'est une audience sous haute sécurité qui s'est tenue ce mardi matin au Tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan, dans les Landes, avec quatre hommes de l'Equipe Régionale d'Intervention et de Sécurité cagoulés et lourdement armés. A la barre, Ilyès Tafer, 23 ans, était jugé en comparution immédiate pour l'agression de sept surveillants le 15 janvier dernier au centre pénitentiaire de Pémégnan.

Le jeune homme, qui purge déjà une peine de 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Kévin et Sofiane à Echirolles, était en état de récidive et risquait jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Il a finalement été condamné à deux ans de prison. Le Tribunal a suivi les réquisitions du parquet, qui avait demandé "à minima deux ans de prison et le maintien en détention".

Pas de radicalisation

Ilyès Tafer, qui était resté muet en garde à vue, et avait demandé un délai pour préparer sa défense, a pris la parole pour donner sa version ce mardi. 

L'après-midi des faits, vers 15H, il devait aller en classe mais changement de programme, ce sera le sport. C'est au moment de se rendre à la salle que le portique de sécurité se met à biper. Ilyès Tafer a une prothèse, il est donc normal que l'installation sonne à son passage. Mais, la surveillante lui demande de repasser. S'en suit une palpation, que le détenu avoue ne pas "avoir appréciée et oui, je l'ai manifesté". Déjà énervé et "tendu", il jette son sac "mais pas en sa direction", rectifie Ilyès Tafer. Une scène captée grâce à la vidéo-surveillance. 

Le détenu est alors conduit au quartier disciplinaire où, là encore, les gardiens ont de grandes difficultés à le maîtriser. Une fois dans la cellule, il est procédé à une fouille et une cuillère à soupe est retrouvée au niveau de ses parties génitales. Malgré les nombreuse questions du Procureur de la République, pour savoir pourquoi ? Ilyès Tafer répond juste qu'il devait "la passer à un autre détenu. J'ai rien fait de mal !"

Quant aux cris "Allah Akbar" lancés en fin d'agression ? "Je l'ai dit plusieurs fois pour chercher du réconfort. je suis musulman, croyant, mais je ne suis pas radicalisé. Ce n'était pas prémédité, ce n'était pas pour Dieu", explique Ilyès Tafer. 

Une violence froide et calculée

Lunettes, barbe de quelques jours, pull noir et jean, l'homme semble calme. Il n'est pas avare en explications. Il reconnaît une "façon agressive de parler" le jour des faits, mais il assure ne pas avoir voulu blesser volontairement les surveillants : "J'ai beaucoup gesticulé, je ne savais pas qu'ils étaient blessés. J'ai mal agi"

Des explications qui ne parviennent pas à convaincre l'avocate des parties civiles, Me Virginie Moulet, et le Procureur de la République, Olivier Janson : "Ce sont des faits hors normes, dans la violence et dans la durée. Mr Tafer banalise les faits. Une violence froide et calculée."

"Voulez-vous dire quelque chose aux surveillants ?" demande le président du Tribunal avant les délibérations "J'avoue que j'ai été violent et je veux m'excuser" conclut Ilyès Tafer en regardant la salle. 

Plusieurs surveillants du centre pénitentiaire de Pémégnan ont fait le déplacement à l'audience, dont au moins une victime de l'agression. Les visages sont fermés. "C'est une bonne chose que ça soit passé, les collègues vont pouvoir faire le deuil, table rase de tout ça et essayer de se reconstruire" résume Fabio Cologni, le délégué FO-Pénitentiaire à Mont-de-Marsan. Quatre personnes n'ont pas encore repris le travail

Dans la salle des pas perdus, un homme est resté à l'écart. C'est le père d'Ilyès Tafer. Il a fait 900 kilomètres pour assister l'audience, mais son fils à refusé sa présence. 

Pourquoi un tel déchaînement de violences à ce moment là ?

Ilyès Tafer était incarcéré depuis fin mi à mont-de-Marsan. Mais "ça se passait pas bien, psychologiquement ça n'allait pas. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase" raconte le jeune homme. Son avocat, Me Frédéric Dutin, reconnaît que cet "enchaînement violent n'aurait pas dû être celui de Mr Tafer" et demande pourquoi son client a agi à ce moment là, en plein conflit des surveillants avec leur ministère de tutelle. "Il ne pouvait pas l'ignorer" rajoute l'avocat de la défense, alors était-ce un moyen pour être transférer plus vite vers un autre établissement ? C'est l'avis de Me Frédéric Dutin : "Il doit purger une peine de 20 ans de réclusion criminelle et il est ballotté d'établissement en établissement, alors même qu'il doit relever d'une maison centrale pour purger correctement et efficacement une peine de détention".