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Faits divers – Justice DOSSIER : Immeubles effondrés à Marseille

VIDÉOS - Immeubles effondrés à Marseille : un quatrième corps retrouvé sous les décombres

mardi 6 novembre 2018 à 8:33 - Mis à jour le mardi 6 novembre 2018 à 20:29 Par Isabelle Lassalle et Géraldine Houdayer, France Bleu Provence et France Bleu

Après l'effondrement de trois immeubles à Marseille lundi, le procureur de la République a annoncé ce mardi que quatre corps avaient été retrouvés sous les décombres. Le bilan provisoire est de quatre morts et deux blessés légers, des passants.

Une pelleteuse permet d'extraire les gros débris de l'amas de gravats d'une hauteur de 15 mètres.
Une pelleteuse permet d'extraire les gros débris de l'amas de gravats d'une hauteur de 15 mètres. © Radio France - Laurent Grolée

Marseille, France

Un quatrième corps, celui d'une femme, a été découvert sous les décombres ce mardi soir, a annoncé le procureur de la République, Xavier Tarabeux. Le corps de deux hommes et celui d'une autre femme avaient déjà été retrouvés par les secours mardi dans les ruines des trois immeubles effondrés à Marseille du quartier très populaire de Noailles. Ce mardi, les pompiers et policiers poursuivent le déblaiement, alors que "cinq à huit victimes" pourraient avoir été ensevelies sous les deux bâtiments écroulés. Ils sont déblayés "minutieusement" selon le ministre de l'Intérieur, qui s'est rendu sur place dans la matinée. Cinq personnes habitant dans les immeubles n'ont toujours pas donné de nouvelles.

Par mesure de sécurité, une centaine de personnes ont été évacuées et relogées dans une soixantaine de chambres d'hôtel du centre-ville. Un centre d'accueil a été ouvert pour les familles et leurs proches au 61 La Canebière. Et la mairie a également ouvert un numéro spécial, le 04.91.14.55.61, disponible 24h/24.

Christophe Castaner promet "un audit de l'habitat indigne"

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a promis ce mardi un "audit de l'habitat indigne" à Marseille, un diagnostic qui se fera "immeuble par immeuble". "Marseille est confrontée, dans son centre-ville, à une situation d'habitat extrêmement dégradé. Nous avons demandé immédiatement au préfet de réaliser un audit précis de l'habitat indigne sur la ville de Marseille". Et ce travail doit aboutir à "un programme ambitieux de préservation des conditions de sécurité, avant d'envisager les aménagements nécessaires" avec la municipalité de Marseille, a précisé le ministre.

Le problème est loin d'être récent à Marseille. Selon le rapport Christian Nicol, établi à la demande du ministère du logement et remis en 2015 au gouvernement, "un parc privé potentiellement indigne" présente "un risque pour la santé ou la sécurité de quelque 100.000 habitants". 40.000 logements sont concernés, soit 13% du parc de résidences principales. Ces proportions ne sont vues "nulle part ailleurs en France", déplore Florent Houdmon, directeur régional de la Fondation Abbé Pierre. "C'est le résultat de décennies d'inaction publique".

Une dizaine d'immeubles potentiellement fragilisés

Des membres des secours ont été postés aux fenêtres des immeubles qui surplombent le chantier. Ils donneront l'alerte au premier signe d'affaissement d'un des bâtiments. Selon les secours, les précédents effondrements ont potentiellement fragilisé une dizaine d'immeubles de l’îlot. Le capitaine de frégate Samuel, à la tête des marins-pompiers de Marseille, explique que "c'est un travail stratégique avec des outils mécaniques et à la main".

Une pelleteuse permet d'extraire les gros débris de l'amas de gravats d'une hauteur de 15 mètres. Et du matériel endoscopique sonde le monticule de débris parsemé d'objets du quotidien comme des tissus, des papiers, un pommeau de douche ou encore un cadre de vélo plié... En milieu d'après-midi, accompagnés par les marins-pompiers, des habitants des immeubles évacués ont été autorisés à passer chez eux pour récupérer quelques affaires.

Cinq personnes toujours recherchées

Le colonel Jérôme Bonnafoux des sapeurs-pompiers de l'Hérault, explique que "c'est une course contre la montre, contre le temps" pour trouver des survivants. Il a précisé que "les équipes avaient travaillé toute la nuit". Des chiens inspectaient également la zone, à la recherche d'éventuelles victimes. Les recherches vont se poursuivre plusieurs jours, mais "au-delà de trois ou quatre jours, cela commence à être difficile".

Pour le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, présent depuis lundi soir, "l'urgence, c'est de sauver des vies". Il a rappelé que les opérations dureraient encore "plusieurs jours". Les secours interviennent "de la façon la plus méticuleuse possible" : "on a découvert dans la première partie des opérations de déblaiement quelques poches de survie qui font qu'il y a encore peut-être de l'espoir d'identifier et de retrouver une personne qui peut être sauvée".

Pour le moment, seuls les trottoirs ont pu être déblayés devant les immeubles de la rue d'Aubagne. Les recherches se poursuivent malgré des conditions météo compliquées, avec un peu de vent et beaucoup de pluie. Près de 80 marins-pompiers vont continuer le travail d'évacuation des gravats. Mais le capitaine de Frégate Samuel, commandant des opérations de secours du Bataillon des Marins-Pompiers de Marseille, a précisé que "c'est une opération délicate, car les immeubles contigus menacent également de s'effondrer".

Des immeubles anciens et fragiles

Arlette Fructus, adjointe à la Ville de Marseille en charge du logement a réagi sur franceinfo ce mardi en rappelant que ces immeubles étaient "anciens, fragiles, et (qu') il y avait des signes de désordre évidents", "un arrêté de péril avait été pris et des travaux étaient en cours". Au sujet de l'origine de l'effondrement, Arlette Fructus a précisé que l'un des trois immeubles était sous la responsabilité de la société Marseille Habitat, qui avait acquis, au bout de 10 ans de procédure, l'intégralité de l'immeuble. Le bâtiment était fermé et des visites avaient lieu chaque semaine pour s'assurer qu'il n'y avait aucune occupation illégale des lieux.

Par ailleurs, "nous étions en procédure conjointe avec l'immeuble n°67 pour déterminer les désordres qui pouvaient être causés par l'immeuble du milieu, le n°65, qui était occupé. On attendait le rapport d'experts pour évaluer la nature de ces désordres".

Le Bataillon de marins-pompiers de Marseille intervient sur l’effondrement de plusieurs immeubles. - Aucun(e)
Le Bataillon de marins-pompiers de Marseille intervient sur l’effondrement de plusieurs immeubles. - BMPM/SM Aedo