Faits divers – Justice

Implacable déposition de Jean Leonetti au procès du Dr Bonnemaison

France Bleu Béarn, France Bleu Gascogne, France Bleu Gironde et France Bleu Pays Basque mercredi 18 juin 2014 à 10:04

Jean Leonetti
Jean Leonetti © Maxppp

Cinquième jour du procès de l'urgentiste bayonnais, hier mardi, devant la Cour d'assises des Pyrénées Atlantiques. Appelé à témoigner, le père de la loi sur la fin de vie, le député Jean Leonetti, figure incontournable du débat sur l'euthanasie, n'a pas épargné l'accusé.

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Pour le député UMP, père de la loi Leonetti sur la fin de vie, Nicolas Bonnemaison, accusé de l'empoisonnement de sept patients en fin de vie entre mars 2010 et juillet 2011 à Bayonne, n'est "pas un assassin " mais il a agi dans l'illégalité en choisissant d'abréger les souffrances de ses patients.

Procès Bonnemaison : retour sur le témoignage de Jean Leonetti

"Si on fait ça seul, un jour on fait une erreur"

Jean Leonetti a pris le temps de temps de cadrer les enjeux du débat, ce mardi, devant les Assises de Pau. Il y a 10 ans, il faisait voter un texte qui autorise les médecins à réduire les souffrances des malades au risque d’abréger sa vie : stopper le traitement - mais pas les soins palliatifs qui accompagnent le malade jusqu’à la fin - avec l’accord des familles et en prenant en compte l’avis des autres médecins du service.

C’est là que le bas blesse pour le docteur Bonnemaison, selon Jean Leonetti. Le médecin a pris ses décisions sans concertation avec son équipe, seul, parfois même en catimini, en dérobant produits et seringues dans la pharmacie du service.

Pour Jean Leonetti, Nicolas Bonnemaison est jugé parce qu’il a donné la mort à des malades qui ne la demandaient pas. "Si on fait ça seul, un jour on fait une erreur ", a-t-il estimé.

Le corps médical divisé

Depuis lundi, la deuxième semaine du procès voit les médecins et les experts se succéder à la barre du tribunal, pour approuver ou condamner les actes du Dr Bonnemaison.

Parmi eux, d'autres voix s'élèvent pour soutenir l'ex médecin urgentiste, suspendu en 2011 et radié de l’Ordre national des médecins en avril 2014. "Il faut faire comprendre au tribunal que les patients que Nicolas Bonnemaison a soignés étaient morts. On peut être mort en respirant encore, (…) en ayant un cœur qui bat ", explique Michel André, ancien anesthésiste et directeur d'hôpital à Bordeaux, également appelé à témoigner devant la Cour d'assises ce mercredi.

Procès Bonnemaison : Michel André, ancien anesthésiste et directeur d'hôpital à Bordeaux

Pour la défense, Nicolas Bonnemaison a agi par compassion.

"Il peut y avoir des maladresses ou des choses qui sont à revoir, mais sur le fond, si ce genre de médecin, qui a de la compassion pour ses patients, qui a une éthique, on ne le valorise pas, on va laisser les gens qui font de la technique, de l’acharnement, ou ceux qui font la politique de l’autruche, persévérer ", estime le professeur de médecine toulousain, Karam Salim.

Pour le professeur de médecine toulousain, Karam Salim, le Dr Bonnemaison a agi par compassion

Ce mercredi, Didier Sicard, auteur d'un rapport sur la fin de vie remis au président Hollande en 2012, est à son tour entendu par la Cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques.

Vendredi, les anciens ministres Bernard Kouchner et Michèle Delaunay apporteront leur éclairage.

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