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Dossier : Coronavirus

Importante mutinerie au centre de détention d'Uzerche, en Corrèze

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Limousin

Un important "mouvement de détenus" s'est produit ce dimanche soir, et jusque dans la nuit, au centre de détention d'Uzerche en Corrèze. Selon plusieurs informations concordantes, des détenus n'ont pas regagné leur cellule, certains sont montés sur l'un des toits de l'établissement.

L'entrée du centre de détention d'Uzerche
L'entrée du centre de détention d'Uzerche © Radio France - Nicolas Blanzat

Un important "mouvement de détenus" s'est produit ce dimanche soir au centre de détention d'Uzerche, en Corrèze. Selon plusieurs informations concordantes, des détenus n'ont pas regagné leur cellule, et certains sont montés sur l'un des toits de l'établissement, pour y brûler des matelas.

Le mouvement a commencé en fin d'après-midi, peu après 17 heures, lorsque certains détenus ont voulu protester contre les mesures de restrictions liées au coronavirus, et qui se traduisent pour eux par une suspension des parloirs, ce qui provoque une situation explosive. 

Une quarantaine de détenus sont montés sur le toit de la prison, où ils ont brûlé des matelas. Le mouvement s'est étendu à environ 200 détenus, dont certains étaient "empêchés" de regagner leur chambres, selon la Direction de l'Administration Pénitentiaire, citée par l'AFP. Et d'après le syndicat UFAP-Unsa-Justice, plus de 200 cellules ont été dégradées, voire en partie brûlées ou saccagées. Un détenu a d'ailleurs été hospitalisé, après avoir été asphyxié. Toujours selon les syndicats, des solutions de "relogement" dans d'autres établissements pénitentiaires ont dû être trouvées durant la nuit, certaines cellules étant devenues inutilisables.

C'est le contact humain qui compte pour ces détenus

"Le parloir est souvent ce qui ouvre la porte vers l'extérieur", explique Samuel Berhault, le Secrétaire Régional de l'UFAP-Unsa Justice en Nouvelle Aquitaine, "le téléphone, Sype, ça ne change rien. C'est le contact humain qui compte pour ces détenus qui sont souvent condamnées à plusieurs années de prison. C'est voir leurs familles, leurs femmes et leurs enfants le week-end qui les fait tenir", précise Samuel Berhault, ajoutant que toutes "les activités de la journée ont aussi été supprimées, puisque plus aucun intervenant extérieur ne rentre dans les prisons" depuis près d'une semaine. 

Enfin, il n'y a "pas eu de risque d'évasion", assure la Direction de l'Administration Pénitentiaire, les détenus étant restés dans l'enceinte du centre de détention, cerné toute la soirée et la nuit par un impressionnant déploiement de forces de l'ordre, avec la présence des Eris, ces unités spéciales amenées à intervenir dans les établissements pénitentiaires.

Plus tôt dans la soirée, le syndicat SNP-FO avait parlé d'une "situation particulièrement tendue" sur les réseaux sociaux, précisant "qu'au moins 40 détenus étaient sur les toits et 100 à l’extérieur". Le syndicat avait aussi expliqué qu'un "bâtiment a été évacué par les personnels, car il a été pris par les détenus". 

Un autre "mouvement de détenus", beaucoup moins important celui-ci, s'est produit à la maison d'arrêt de Limoges en fin d'après-midi dimanche. Il aurait concerné une vingtaine de détenus, et s'est terminé rapidement, sans heurt.

Ce dimanche soir, plusieurs établissements pénitentiaires de France ont connu des mouvements similaires, sur fond de tensions liées à la suspension des parloirs en raison des mesures de confinements décidées pour limiter la propagation du coronavirus. Ainsi, les établissements de Fleury-Mérogis, Nice, Rennes, Moulins ont connu des incidents, dans le courant de l'après-midi et ce dimanche soir.

La direction de l'administration pénitentiaire a assuré dimanche soir à l'AFP que la réponse pénale serait "ferme" à l'encontre des détenus participant à des mouvements collectifs de protestation dans les prisons.

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