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Incendie à Lubrizol : un an après, les riverains à Petit Quevilly se sentent toujours oubliés

A Petit Quevilly, les riverains de l'usine Lubrizol se souviennent tous de l'incendie. Réveillés par des explosions, ils voyaient les flammes à quelques centaines de mètres de chez eux. Mais personne ne leur a dit quoi faire cette nuit là. Et un an après, ils se sentent toujours démunis.

Maison à vendre à quelques centaines de mètres de l'usine Lubrizol
Maison à vendre à quelques centaines de mètres de l'usine Lubrizol © Radio France - Anne Bertrand

Laëtitia habite à quelques centaines de mètres derrière l'usine Lubrizol. Cette mère de famille est sans cesse sur le qui-vive depuis un an. Ses trois enfants, âgés de 5 à 10 ans aussi : "Dès qu'il y a un bruit plus fort que d'habitude, on regarde. On traverse la route pour voir si ça va." Ce 26 septembre 2019, Laëtitia est réveillée par une explosion vers 5h45. Toute la famille sort dans la rue, vite rejointe par les voisins. Mais il n'y a personne pour les informer de ce qui se passe : "On est restés plus de deux heures sur le trottoir à voir défiler les pompiers et la police qui faisait la circulation. Aucun ne nous répondait. On a tout appris par la télé. Sinon on ne savait rien."

Jonathan, papa d'un petit garçon de bientôt deux ans, vit aussi à Petit Quevilly, dans une rue à côté. En voyant Lubrizol en flammes, il craint d'abord pour sa maison. Puis c'est l'effet domino qu'il redoute : "Y'a plein de sites Seveso ici, j'avais peur que ça dégénère." Une fois la peur passée de voir l'incendie s'étendre, les riverains de l'usine se sentent protégés : l'énorme panache de fumée noire part vers le nord-est, en direction de la rive droite de Rouen. 

Mais dans les jours qui suivent les habitants sont pris de maux de tête, de nausées et de vomissements à cause des odeurs d'hydrocarbures. "Au bout d'une semaine", se souvient Laëtitia, "on se demandait si on devait mettre nos enfants l'école car les odeurs sont devenues intenables. Et le soir on était obligé de fermer les fenêtres. On avait envie de vomir, les yeux qui piquait et la gorge qui faisait un petit peu mal". Et ce n'était qu'un début. Au printemps, en plein confinement, les odeurs se sont aggravées avec le démarrage des travaux de nettoyage sur le site de Lubrizol. Laëtitia préfère en rire aujourd'hui : "Pendant plus de trois semaines, on n'allait plus dehors alors qu'il faisait beau. C'était limite un confinement sur confinement!" 

En cas de nouvelle catastrophe, les sacs sont prêts

Une voisine de Laëtitia a déménagé depuis l'incendie. Dans une rue toute proche, on trouve un panneau "à vendre" sur le portail d'une maison. Viviane vit quelques maisons plus loin et elle, au contraire, a emménagé ici en juillet avec ses enfants. La proximité avec l'usine Lubrizol ne l'effraie pas : "A ce moment là, il ne faut pas habiter sur Grand Quevilly ou Grand Couronne. L'usine Lubrizol, ça fait des années qu'elle est là, ça fait partie de notre vie."

Retour chez Laëtitia, qui regrette de n'avoir pas été évacuée la nuit de l'incendie alors qu'une amie à elle, habitant dans un périmètre plus proche de l'usine, l'a été. Elle ne comprend pas également pourquoi elle n'a pas été informée de l'incendie comme d'autres par un SMS de la mairie de Petit Quevilly, alors qu'elle avait donné son numéro de téléphone. 

Mais surtout depuis un an, rien n'a changé pour les riverains de Lubrizol. Laëtitia est en colère contre les pouvoirs publics: "Ils se foutent de nous! On n'a pas d'information, pas de courrier dans les boîtes aux lettres sur un nouveau dispositif d'alerte. On n'a rien de rien!", martèle la trentenaire. La mère de famille s'est donc organisée de son côté pour être prête à fuir en cas de nouvelle catastrophe :  "Tout est dans des bacs, rangé. Dentifrice, habits... Les sacs seront prêts très rapidement. On ne sait jamais."

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