Faits divers – Justice

Incendie criminel de Salles : 20 ans de prison pour le meurtre de sa femme

Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde mercredi 30 septembre 2015 à 19:37

L'entrée de la salle de Cour d'Assises, au Palais de Justice de Bordeaux
L'entrée de la salle de Cour d'Assises, au Palais de Justice de Bordeaux © Radio France

Philippe Fromentin, un habitant de Salles de 66 ans, a été condamné mercredi après-midi par la cour d'Assises de Gironde à 20 ans de prison. Il a été reconnu coupable d'avoir donné la mort à son épouse, en incendiant volontairement leur maison, le 3 février 2012.

Le verdict des Assises de Gironde est tombé mercredi en fin d'après-midi, après 3 h de délibéré :  les jurés ont condamné Philippe Fromentin à 20 ans de prison pour le meurtre de sa femme, en février 2012, à Salles. Cet homme de 66 ans a été reconnu coupable d'avoir volontairement mis le feu à leur maison, et d'avoir ainsi causé la mort de  son épouse, brûlée vive dans l'incendie. Il avait d'abord parlé d'accident, avant d'avouer  qu'il avait commis cet acte, délibérément, après une dispute où il avait laissé la victime gisant sur le sol.

L'accusé risquait la prison à perpétuité. Dans son réquisitoire, l'avocat général avait requis entre 20 et 25 ans d'emprisonnement, décrivant l'accusé comme un pervers, un manipulateur, qui a commis "un acte barbare, un acte moyen-âgeux".

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Les avocates de la défense ont tenté de montrer tout le contraire, et elles pensent d'ailleurs que leur plaidoiries ont porté leurs fruits, en faisant le portrait d'un homme ordinaire, comme vous et moi, qui pendant 63 ans, n'a jamais montré le moindre signe de violence, et qui ce soir-là, sous l'effet du cocktail alcool/anti-dépresseurs, est passé à l'acte .

C'est une peine qui aurait pu être encore plus lourde, mais qui me semble avoir tenu compte des aspects particuliers de ce dossier. Cette sanction a pris compte de nos propos, elle se veut  humaine, et qui rapelle qu'on ne peut pas confondre un meurtrier et un criminel .

— Maître Christine Maze, l'une des deux avocates de l'accusé

Pendant les 3 jours de procès, Philippe Fromentin n'a jamais pu ou n'a jamais su expliquer ce qui s'était réellement passé ce 3 février 2012. Cette attitude a sans doute pesé sur le verdict. La seule fois où il a demandé pardon aux enfants de la victime, c'est juste avant le jury ne se retire pour délibérer, et les seules larmes, il les a versées lorsque ses avocates ont tenté de convaincre les jurés qu'il n'était pas un monstre.