Faits divers – Justice

Incendie criminel à Salles : l'accusé risque la prison à perpétuité

Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde mardi 29 septembre 2015 à 20:11

La salle des pas perdus du Palais de Justice de Bordeaux
La salle des pas perdus du Palais de Justice de Bordeaux © Radio France

Philippe Fromentin est jugé depuis lundi par la cour d'Assises de Gironde pour le meurtre de sa femme. Cet habitant de Salles est accusé d'avoir, en février 2012, volontairement mis le feu à sa maison. Son épouse avait péri dans l'incendie. Il avait avoué les faits un an plus tard.

Le verdict est attendu ce mercredi soir aux Assises de Gironde, qui juge depuis lundi à Bordeaux, Philippe Fromentin. Cet homme de 66 ans est poursuivi pour meurtre aggravé. En février 2012, sa femme était morte brûlée vive dans l'incendie de leur maison, à  Salles. Lui avait été grièvement brûlé aux jambes et à la main. Un an après, le mari avait fini par avouer qu'il avait volontairement mis le feu à l'habitation, suite à une dispute conjugale, alors que sa femme gisait encore vivante dans la maison. Des traces d'essence avaient été retrouvés sur place.

Pendant les deux premiers jours de procès, la cour a essayé en vain, de savoir ce qui s'était réellement passé, pourquoi ce sexagénaire avait commis un tel acte. Mardi après-midi, les deux fils de la victime, ont été entendus. Ils l'ont répété :  ils veulent seulement savoir la vérité, "pour faire notre deuil", a expliqué Thierry, l'aîné, "pour pouvoir enfin dormir tranquille", a ajouté Bruno, le cadet.

"Un accusé incapable de s'expliquer" Le remportage de Pierre-Marie Gros

Tour à tour, les parties civiles, l'avocat général, le président de la cour, ont assailli l'accusé de questions pour savoir ce qui s'était réellement passé ce soir-là, alors que le couple, marié depuis 3 ans, semblait tout à fait heureux, du moins en apparence. Philippe Fromentin, cheveux blancs, blouson beige, s'en est tenu à un début d'explications.

On a eu une grosse dispute, elle voulait me quitter. Je l'ai bousculée, violemment , elle est tombée. Après ? Je ne sais plus, je ne m'en souviens plus — Philippe Fromentin, devant les jurés de la cour d'Assises

Place ce mercredi matin aux réquisitions de l'avocat général. Chose très rare dans le cours d'un procès d'assises : Dominique Hoflack, l'avocat général, a accepté de s'exprimer sur France Bleu Gironde. Elle va réclamer une peine très lourde, compte-tenu - dit-elle - " de la gravité des faits et de l'attitude de l'accusé"

L'intéressé sait parfaitement ce qui s'est passé. C'est évident qu'il refuse de dire la vérité. C'est terrible pour les enfants de la victime, assis là au premier rang. A mon avis, il ne pourra pas faire l'objet d'une réinsertion, car il n'a pas pris conscience de la gravité de ce qu'il a commis — Dominique Hoflack, avocat général.

La défense va plaider le coup de folie.

Nous allons essayer d'expliquer comment cet homme, à 63 ans, après une vie marquée par aucune violence, aucune agressivité, est passé à l'acte , dans quel état d'esprit et pourquoi cette réaction après. Parfois, devant l'innommable, on peut ne pas reconnaître les faits, pour ne pas s'effondrer — Maître Maud Sécheresse, l'une des deux avocates de l'accusé

Selon le Code Pénal, Philippe Fromentin risque la prison à perpétuité.