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DOSSIER : Incendie à l'usine Lubrizol à Rouen

Incendie de Lubrizol à Rouen : un an après, les journalistes de France Bleu Normandie racontent

Dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019, un incendie dévastait une partie de l'usine Lubrizol à Rouen. Un an après, les journalistes de France Bleu Normandie qui ont couvert l'événement reviennent sur cette journée si particulière qu'ils ont vécue.

C'était il y a un an. Dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019, un incendie s'est déclaré sur le site de Lubrizol à Rouen. L'usine implantée sur la rive gauche depuis 1954 est classée Seveso. Près de 10.000 tonnes de produits chimiques ont brûlé sur le site de Lubrizol et sur celui de son voisin Normandie Logistique. Un nuage de fumée noire de 22 km de long s'est formé. L'incendie n'a pas fait de blessé mais les conséquences à long terme sur la santé restent incertaines.

"Je me dis c'est la merde"

Ce jour-là, France Bleu Normandie est fortement mobilisée. Coralie Moreau, journaliste pour la radio, est réveillée en pleine nuit : "J'entends comme des pétards et je me dis que ça peut pas être une fête dans mon sommeil. Et donc, par réflexe journaliste, j'allume mon téléphone et là, mon téléphone - il doit être entre 4h30 et 5h du matin - se met à biper dans tous les sens : appels en absence, messages... Ce sont des amis qui ont été réveillés et qui me disent : 'Attention, ça brûle. C'est dangereux, c'est Lubrizol. Il faut partir'."

Ce qui m'a le plus marqué, c'est vraiment ce nuage noir. Le jour se lève et pourtant, c'est la nuit noire sur la ville — Coralie Moreau, journaliste France Bleu Normandie

Et de préciser : "Donc là, j'ouvre les volets de ma chambre. Je suis située au deuxième étage et j'ai cette vue sur cet incendie incroyable. Ce panache de fumée incroyable. Et je me dis : 'Waouh, c'est la merde !' Et donc, mon réflexe, c'est d'envoyer un message à la radio en disant 'Qu'est ce qui se passe ? Qu'est ce qu'on fait ?' Et ma rédactrice en chef me dit : 'Si tu peux venir, viens'. J'ai mis mes enfants à l'abri et je suis partie à la radio."

"Je suis aux premières loges de cet immense brasier et des explosions qui continuent encore"

Rédacteur en chef adjoint à France Bleu Normandie lors de l'incendie de Lubrizol, Antoine Sabbagh est l'un des premiers journalistes sur place.Réveillé par ses collègues matinaliers de la radio, il arrive à se rendre sur place en voiture pour donner les informations aux gens : "Miracle de Google Maps, j'arrive à trouver finalement un passage par lequel il n'y a pas de barrage de police et j'arrive à un rond-point qui me fait amener à un point où il y a des pompiers à l'arrière de l'usine et qui étaient à environ 300 - 400 mètres de l'usine".

Il fallait que je sois là pour témoigner, pour raconter ce que je voyais — Antoine Sabbagh, ancien rédacteur en chef adjoint à France Bleu Normandie

Et d'ajouter : "Il est encore très tôt, je suis aux premières loges de cet immense brasier et des explosions qui continuent encore, que je vois très bien."

► Retour sur la chronologie des faits

Durant plusieurs semaines voire plusieurs mois après l'accident, des habitants de l'agglomération rouennaise se sont plaints d'odeurs émanant du site mais également de symptômes comme des maux de tête ou des vomissements. 

Le 27 février 2020, la société Lubrizol est mise en examen pour deux chefs d'inculpation : déversement de substances nuisibles dans les eaux souterraines, superficielles ou de la mer, et exploitation non conforme d'une installation classée, ayant porté une atteinte grave à la santé, la sécurité ou dégradé substantiellement la faune, la flore, la qualité de l'air, du sol ou de l'eau.

Début juin, la commission d'enquête du Sénat sur la catastrophe a publié un rapport dénonçant un suivi sanitaire "tardif et incomplet" et un manque de "culture du risque en France". 

L'usine a redémarré partiellement mi-décembre. Elle a été autorisée mi-juillet à augmenter sensiblement son activité par la préfecture de Seine-Maritime, qui a considéré que la réduction des quantités stockées et les mesures de sécurité entreprises permettaient "de limiter la probabilité et les conséquences d'un incendie".

Le 1er septembre dernier, Santé publique France a lancé une vaste enquête épidémiologique sur 5.200 habitants . Objectif : "décrire la santé et la qualité de vie de la population" suite à l'incendie de l'usine Lubrizol survenu il y a un an.

Le 24 septembre, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ont détaillé à Rouen jeudi les mesures pour la sécurité des sites industriels. Le gouvernement a reconnu des "couacs" dans l'accès à l'information et la transparence dans cette catastrophe.

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