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Dossier : L'incendie du 5-7 à Saint-Laurent-du-Pont

TÉMOIGNAGE - Incendie du "5-7" à Saint-Laurent-du-Pont : "Jamais je n'oublierai"

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Par , France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie

Il y a 50 ans, un dramatique incendie ravage la boite de nuit du "5-7" à Saint-Laurent-du-Pont (Isère). 146 jeunes ont perdu la vie cette nuit du 31 octobre au 1er novembre 1970. La commune de Chartreuse s'en souvient encore. André Cottin aussi. Il était pompier à Miribel-les-Echelles.

André Cottin, pompier de Miribel-les-Echelles, est intervenu en renfort le lendemain de l'incendie pour dégager les corps des décombres.
André Cottin, pompier de Miribel-les-Echelles, est intervenu en renfort le lendemain de l'incendie pour dégager les corps des décombres. © Radio France - Bastien Thomas

C'était il y a 50 ans. Un week-end de Toussaint, en 1970. Le drame du "5-7". Dans les allées du marché de Saint-Laurent-du-Pont, quand on discute avec des habitants, cette tragédie est encore dans toutes les têtes. Dans celle d'André Cottin aussi. En 1970, il a 33 ans et travaille à la caserne des pompiers de Miribel-les-Echelles. Le lendemain de l'incendie, il est appelé en renfort pour aider à la levée des corps. Témoignage.

"C'était dur de voir toutes ces familles crier et pleurer"

André Cottin nous a donné rendez-vous chez lui à Miribel-les-Echelles. Il s'occupe de son jardin en nous attendant, casquette sur la tête et bottes en caoutchouc aux pieds. Il a tout pour vivre paisiblement sa retraite. Pourtant, cette nuit du 31 octobre au 1er novembre 1970 le hante encore, même 50 ans plus tard. "J'ai vu un stock de brancards énorme qui annonçait surement pas des bonnes nouvelles. Et après, les tas de corps entassés vers les issues de secours. J'oublierai jamais" se souvient-il. "On a été appelé en renfort pour dégager les corps et les transporter jusqu'au gymnase de Saint-Laurent-du-Pont" se rappelle André.

Ces tourniquets ne fonctionnaient que dans un sens, celui pour entrer à l'intérieur. Un exemplaire déposé sur le site du mémorial, à la sortie de Saint-Laurent-du-Pont.
Ces tourniquets ne fonctionnaient que dans un sens, celui pour entrer à l'intérieur. Un exemplaire déposé sur le site du mémorial, à la sortie de Saint-Laurent-du-Pont. © Radio France - Bastien Thomas

"On a porté les cercueils des huit ou neuf jeunes de Saint-Laurent-du-Pont à l'épaule de l'église au cimetière. C'était dur de voir les familles crier et pleurer. J'ai encore les images dans les yeux. On ne sait pas quels mots prendre" termine-t-il, ému d'évoquer à nouveau ces souvenirs douloureux.

Rencontre avec André Cottin, pompier en 1970 et appelé en renfort pour dégager les corps le lendemain de l'incendie

Un mémorial a été installé sur les lieux où se trouvait le "5-7" avec les noms des 146 victimes brûlées vives.
Un mémorial a été installé sur les lieux où se trouvait le "5-7" avec les noms des 146 victimes brûlées vives. © Radio France - Bastien Thomas

Dans le village de Saint-Laurent-du-Pont, ceux qui étaient là en 1970 se rappelle d'une nuit terrible. Emmanuelle avait 22 ans. "Les sirènes la nuit. Ensuite les transports de corps jusqu'au gymnase. Ceux qui sont morts, je les connaissais" dit-elle. 

De partout en France, si on dit que l'on vient de Saint-Laurent-du-Pont, on nous dit : "et le 5-7 ?" - Emmanuelle, habitante de la commune chartrousine.

Les 146 jeunes étaient venus danser sur la musique du groupe parisien des Storm. Les musiciens avaient posé leurs affaires dans l'hôtel tenu par la belle-mère de Lucile, 84 ans. "Ils lui avaient demandé de leur payer l'apéritif le soir car ils n'avaient pas d'argent et que ce serait leur tour après le concert. Sauf qu'ils ne sont jamais revenus" dit-elle. "Mon neveu devait y aller ce soir là, heureusement qu'il n'est pas allé" poursuit-elle.

Reportage dans les allées du marché de Saint-Laurent-du-Pont

Andrée, 72 ans, aurait pu y aller ce soir là. "Tout le monde disait que c'était super bien, donc on projetait d'y aller. Mais c'était les vacances de la Toussaint et nous n'étions pas là" se souvient-elle. "On connaissait les gérants et surement des gens qui y étaient" dit encore Andrée.

Patrice Morel, journaliste à la retraite aurait aussi du y aller ce soir là. "Vers 22h30, on se dit qu'il y a un bon groupe au "5-7" et qu'on allait y aller. Sauf qu'on avait pas assez d'argent, les parents ne nous en avait pas donné assez, la chance" raconte-t-il. Journaliste pour France Télévision, il a réalisé un documentaire sur ce drame pour ne jamais oublier ce qu'il s'est passé.

La soirée du 31 octobre au 1er novembre 1970 de Patrice Morel, journaliste à la retraite

Des totems pour raconter ce drame

Pour le cinquantième anniversaire de cette tragédie, deux totems seront inaugurés par le maire de Saint-Laurent-du-Pont, Jean-Claude Sarter, ce dimanche. Chacun pourra y lire le récit de cette nuit d'enfer. Ils se trouvent sur le site de l'ancien "dancing" isérois. 

Des totems racontant cette tragique histoire seront inaugurés ce dimanche par le maire de Saint-Laurent-du-Pont, Jean-Claude Sarter.
Des totems racontant cette tragique histoire seront inaugurés ce dimanche par le maire de Saint-Laurent-du-Pont, Jean-Claude Sarter. © Radio France - Bastien Thomas

Malgré le contexte sanitaire, la cérémonie est maintenue à 14h30 ce dimanche en présence du maire de Saint-Laurent-du-Pont et quelques-uns de ses adjoints. Et puis, à partir de 15 heures, familles et amis de victimes pourront s'y rendre, à condition d'être au maximum six personnes.

Le drame du "5-7" raconté sur des nouveaux totems sur le site de l'ancien "dancing".
Le drame du "5-7" raconté sur des nouveaux totems sur le site de l'ancien "dancing". © Radio France - Bastien Thomas
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