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Faits divers – Justice DOSSIER : Incendie du Cuba Libre à Rouen : le procès

Incendie du Cuba Libre à Rouen : pompiers et policiers applaudis par les familles

Le procès des deux anciens gérants du Cuba Libre se poursuit devant le tribunal correctionnel de Rouen. Les pompiers et policiers intervenus le soir du drame sont venus témoigner aux deuxième jour du procès et ils ont été applaudis par les familles.

Le procès se tient jusqu'au mardi 17 septembre
Le procès se tient jusqu'au mardi 17 septembre © Radio France - Anne Bertrand

Rouen, France

Le procès du Cuba Libre s'est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Rouen. Quatorze jeunes ont péri dans l'incendie de ce bar de la rive gauche en août 2016.  Les deux anciens gérants, des frères de 40 et 48 ans, sont jugés pour avoir involontairement causé leur mort. On leur reproche d'avoir délibérément violé les obligations de sécurité et de prudence.

"Avec un système de désenfumage, on aurait sauvé des vies" - le capitaine des pompiers

Ce mardi matin, les pompiers sont venus témoigner. Ce sont eux qui ont trouvé la porte de secours pendant les opérations de sauvetage. Ils ont expliqué que le patron du bar leur avait dit qu'il n'y en avait pas. Et le capitaine des pompiers  ajoute :"Oui je pense que les victimes auraient survécu à ce drame si elles avaient pu utiliser l'issue de secours", et d'ajouter"s'il y avait eu un système de désenfumage on aurait sauvé des vies".

Un autre pompier lui succède à la barre. Ce jeune pompier professionnel est l'un de ceux qui sont descendus dans la cave pour sortir les corps. Il se rappelle, "comme si c'était hier" du visage des victimes. Et particulièrement de deux frères : "Ils étaient assis l'un contre l'autre, enlacés, tête contre tête", décrit Anthony. "J'ai eu le sentiment qu'ils avaient compris ce qui allait leur arriver"

Des applaudissements pour saluer l'engagement des pompiers

Dans la cave, les pompiers sortiront 13 corps."Avec l'issue de secours fermée, c'était clairement un piège" conclut le pompier qui sort de la salle, applaudi par les familles comme son collègue avant lui. Trois ans plus tard, certaines ont appris grâce à lui où se trouvaient précisément leurs enfants cette nuit là. C'est le cas d'Alain Legros et son épouse, qui en savent désormais davantage sur les derniers instants de leurs deux enfants, David et Steve, 41 et 35 ans. Ironie du sort, la fille de Steve est décédée à 18 mois dans un incendie de l'appartement de sa mère sur les Hauts de Rouen, en mars 2011.

trois ans après le drame, les parents de Steve Legros et de David Lecomte en savent plus sur les derniers instants de leurs enfants. - Radio France
trois ans après le drame, les parents de Steve Legros et de David Lecomte en savent plus sur les derniers instants de leurs enfants. © Radio France - Christine Wurtz

Ecoutez le témoignage d'Alain Legros, le père de Steve et David, décédés dans l'incendie

"Ces jeunes avaient l'âge de mes enfants" - le policier de permanence criminelle

Un autre homme, est aussi très ému à la barre. Ce policier, qui s'occupe d'habitude des cambriolages, avait en charge l'identification des victimes, parfois seulement grâce à des effets personnels. "Quand vous ramassez un téléphone portable avec un appel de "Maman", c'est dur" confie le témoin des sanglots dans la voix. Avec son collègue il a dû gérer l'information des familles à la morgue du C.H.U. et s'est senti très seul. "Notre hiérarchie a été quelque peu inexistante" regrette Daniel. "Et vous avez été remarquable", le remercie un avocat de la partie civile. Le procureur de la République ajoute également ses remerciements. Mais l'hommage le plus émouvant vient, là encore, des familles. Le policier, lui aussi, sort de la salle sous les applaudissements.

L'expert "mousse" à la barre

Le tribunal a entendu aussi les conclusions du rapport de l'expert qui a procédé aux tests que la mousse isolante qui tapissait les murs et le plafond de la cave du Cuba Libre. Mises en contact avec une flamme, elle s'embrasent à la vitesse de 6 à 7 millimètres par seconde. L'incendie s'est propagé à toute vitesse. Et surtout, leur combustion produit des gaz extrêmement toxiques. À la barre, l'expert est formel : "Ces plaques n'étaient pas du tout adaptées à l'isolation d'un établissement de ce type, encore moins d'une cave". Mais il reconnaît que les mises en garde inscrites sur les emballages de ces plaques à l'achat ne sont pas suffisantes. En la matière, il n'y a pas d'obligation légale.

Ce mercredi, le tribunal entendra l'expert incendie et les survivants du drame dans l'après-midi.

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