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Faits divers – Justice DOSSIER : Incendie du Cuba Libre à Rouen : le procès

Procès du Cuba Libre à Rouen : "Je suis monté à quatre pattes comme un petit chien", raconte un rescapé de l'incendie

Au troisième jour de procès des gérants du Cuba Libre, les rescapés de l'incendie ont livré un témoignage poignant ce mercredi après-midi. Ils ont réussi à s'échapper in extremis de la cave du bar.

Maître Fabien Picchiotino et ses deux clients qui ont survécu au drame.
Maître Fabien Picchiotino et ses deux clients qui ont survécu au drame. © Radio France - Christine Wurtz

Rouen, France

"En moins de 30 secondes, tout a pris feu", raconte Yanis. Le jeune homme est l'un des rescapés de l'incendie du Cuba Libre qui a fait 14 morts en août 2016. Il avait 18 ans à l'époque. 

Au troisième jour du procès des deux gérants du bar rouennais, Yannis raconte qu'il a suivi Gauthier dans l'escalier en flamme. "L'instinct de survie", explique-t-il, "mes jambes ont bougé toutes seules."

Juste avant lui, Gauthier, 22 ans, raconte la même scène, les bougies qui enflamment la cage d'escalier, le feu qui se propage à toute vitesse, la porte de secours fermée qu'il essaie d'ouvrir comme les autres, et puis le déclic : "Je me suis dit si tu passes vite, tu vas pouvoir supporter la chaleur et la douleur."

Brûlures et séquelles psychologiques

Gauthier a pris sa cousine Mégane par la main, mais il a dû la lâcher pour grimper l'escalier._"Je suis monté à quatre pattes comme un petit chien_". Mégane ne l'a pas suivi. Il ne sait pas pourquoi, il ne le saura jamais. Selon le jeune homme, il s'est passé deux minutes entre le début de l'incendie et sa sortie du bar. 

Gauthier, Yannis et son cousin Bilel ont souffert de graves brûlures aux mains notamment mais ce sont les séquelles psychologiques les plus graves, des cauchemars, des flashs, des troubles du sommeil. 

Yannis confie qu'il ne peut plus dormir dans le noir complet. Il est devenu particulièrement sensible aux odeurs qui rappellent le feu. Bilel ne fréquente plus les bars, ni les discothèques. Ils ont perdu leur insouciance confirme Gauthier. Et la culpabilité se devine chez ces trois survivants du drame. Celle de se faire "le reproche de ne pas avoir tout fait pour sauver ses plus proches", explique l'avocat de Gauthier, Arnaud de Saint Rémy.

Maître de Saint-Rémy évoque le témoignage de son client au micro de Christine Wurtz

"C'est comme si on avait fait brûler trois pneus dans la pièce"

Dans la matinée, le témoignage de l'expert incendie avait de quoi retourner les familles des victimes. "Il a fallu moins de 10 minutes, peut-être cinq pour que l'incendie se propage", a précisé l'expert ,"c'est comme si on avait fait brûler trois pneus dans la pièce." 

Selon ses estimations, l'incendie a produit 1.000 fois plus de fumée que ce que pouvait contenir la cave de 24 m². Et la mousse isolante qui recouvrait le plafond et les murs a produit des gaz hautement toxiques, ce qui a très vite désorienté les victimes. 

Certains se sont réfugiés dans le fumoir, entassés dans cette pièce de 2 m². Mais "la vitre en plexiglas a fondu sous l'effet de la chaleur et les occupants ont été exposés aux fumées toxiques", a expliqué l'expert incendie.

Les familles veulent savoir si les enfants ont souffert. L'expert n'est pas médecin, mais"les victimes ont eu certainement conscience de ce qu'il se passait mais il n'y a pas eu de lente agonie."

Les rapports du médecin légiste seront évoqués jeudi, au quatrième jour du procès des deux gérants du bar. Puis le tribunal donnera la parole aux parents des victimes décédées. 

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