Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice DOSSIER : Incendie du Cuba Libre à Rouen : le procès

Incendie du Cuba Libre à Rouen : les vies brisées des proches des victimes au procès

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu

A Rouen, c'est le 4e jour du procès des gérants du bar Le Cuba Libre où 14 jeunes ont perdu la vie dans un incendie en août 2016. Ce jeudi, les proches des victimes se sont exprimés à la barre.

Les deux anciens gérants du Cuba Libre font face durant l'audience aux 18 avocats des parties civiles.
Les deux anciens gérants du Cuba Libre font face durant l'audience aux 18 avocats des parties civiles. © Radio France - Anne Bertrand

Rouen, France

Le procès des deux gérants du bar Cuba Libre continue ce jeudi 12 septembre 2019 devant le tribunal correctionnel de Rouen. Un quatrième jour d'audience marqué par la lecture des autopsies des 14 victimes qui ont péri dans la nuit du 5 au 6 août 2016 dans l'incendie de ce bar de nuit de Rouen. Une à une, les victimes sont nommées. Des jeunes de 20 ans pour la plupart, des amis sortis faire la fête, tous décédés par asphyxie. Plusieurs familles ont quitté la salle ce jeudi matin à la lecture des rapports d’autopsie.

"On est des familles totalement détruites et on n'arrive pas à remonter la pente"

Des familles qui se sont aussi exprimées à la barre, dans des sanglots. Elles ont raconté leurs vies détruites et la colère provoquée par l'absence de réponses des deux prévenus à l'audience. 

Thierry Dugnetai est le père de Florian. Son fils allait avoir vingt ans le 12 août 2016 mais ce jour-là, ses parents ont reçu l'acte de décès de leur garçon. Une famille comme les autres, éprouvée au 4e jour du procès : "Nous, on ne vit plus depuis trois ans. Eux ils vivent, ils travaillent. On ne travaille plus, on ne peut plus travailler, on est sous traitement, sous médicaments tous les jours. Eux, leurs enfants vont vivre, ils profitent de leurs enfants tous les soirs. Ils ont une contrainte oui, le contrôle judiciaire. Si mon fils était encore à la maison, ça ne me gênerait pas d'aller pointer à la police deux fois par semaine. Malheureusement ce n'est plus le cas." 

"On est des familles totalement détruites et on n'arrive pas à remonter la pente. On est toujours au bas de l'escalier et on n'arrive pas à monter les marches. On ne fait plus rien, on n'a plus de vie, on ne fête plus d'anniversaire, on n'achète plus de cadeaux, on est brisé." 

"On ne fait plus rien, on n'a plus de vie, on est brisé."

Au fil des témoignages des familles à la barre, même les avocats pleurent. La maman de Karima décrit l’enfer que vit sa famille depuis le drame : le père de Karima mort de chagrin quelques mois après, puis ses grands-parents. La maman de Zacharia raconte son fils qui devait se marier l’année suivante. Il considérait les gérants du Cuba Libre comme ses meilleurs amis et les a appelés avec son téléphone avant de mourir. 

Le papa de Steve et David, morts enlacés, s’exprime. Il révèle que Steve avait déjà perdu sa fillette de 18 mois en 2011 dans un incendie dans le quartier de la grand mare à Rouen. Les familles de Florian et de Steve et David se croisent aujourd’hui au cimetière de Canteleu. Leurs enfants sont enterrés dans la même allée. 

Johnny Autin, le père de Megane raconte cette question qui lui revient en boucle : « Pourquoi la porte de secours était-elle fermée ? ». Un oubli selon les prévenus. Enfin, la maman d’Ophélie qui se rappelle la soirée où elle a embrassé une dernière fois le corps sans vie de sa fille : « Elle n’avait plus ses longs cheveux blonds. J’ai toujours l’odeur de son corps brûlé ». Ophélie fêtait ses 20 ans ce soir-là. Elle portait un tatouage en italien « les défaites de la vie sont les meilleures victoires ».

Choix de la station

France Bleu