Faits divers – Justice

Incendie meurtrier de Salles : 20 à 25 ans de prison requis contre l'accusé

Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde et France Bleu mercredi 30 septembre 2015 à 14:34

Le Palais de Justice de Bordeaux
Le Palais de Justice de Bordeaux © Radio France

La cour d'assises de Gironde rendra son verdict ce mercredi soir, dans le procès de Philippe Fromentin. Cet habitant de Salles est accusé du meurtre de sa femme, brûlée vive dans l'incendie de leur maison. L'avocat général a réclamé ce mercredi matin 20 à 25 ans d'emprisonnement.

Aux Assises de Gironde, les jurés se sont retirés en début d'après-midi ce mercredi pour délibérer. Dans son réquisitoire, l'avocat général a réclamé dans la matinée de 20 à 25 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Philippe Fromentin, poursuivi pour meurtre aggravé. En février 2012, sa femme était morte dans l'incendie de leur maison, à Salles. Un an plus tard, il avait fini par avouer que ce n'était pas un accident, mais qu"il avait volontairement mis le feu à l'habitation après une dispute qui avait mal tourné. 

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Pour l'accusation, Dominique Hoflack a décrit un homme "pervers, manipulateur", qui a commis" un acte mûrement réfléchi".

Il a aspergé sa femme d'essence, l'a vu se consumer comme une torche vivante, sous faire le moindre geste, sans compassion, sans appeler les secours. C'est un acte barbare, un acte moyen-âgeux.

— Dominique Hoflack, l'avocat général pendant son réquisitoire

Selon l'avocat général, ce crime, c'est "la somme des frustrations de toute une vie, de la part d'un homme qui n'a pas supporté l'idée du divorce".

Une version des faits contestée par la défense, pour qui Philippe Fromentin n'est pas "un monstre, mais un homme comme vous et moi". Et si il est passé à l'acte, c'est dans des circonstances bien particulières.

Il faut des ingrédients pour un geste comme celui-ci, alors que pendant 63 ans de vie, il n'a jamais été violent. Et ces ingrédients, ce sont l'alcool et les anti-dépresseurs qu''il avait pris à forte dose, qui ont forcément engendré des troubles du comportement.

— Maître Christine Maze, l'une des deux avocates de l'accusé.

"C'est une histoire banale qui se passe mal" Maître Christine Maze

Le verdict devrait être connu ce mercredi en début de soirée.