Passer au contenu

Le média
de la vie locale

Publicité
Logo France Bleu

Incendies agricoles : un éleveur raconte l'horreur

Par

Dimanche 17 octobre, le hangar agricole de Ludovic Hérault, éleveur à Terzay, Plaine-et-Vallée, dans les Deux-Sèvres, a été incendié. Une semaine plus tard, il témoigne de cet d'après-midi cauchemardesque et des difficultés qui en découlent.

Ludovic Hérault devant son hangar incendié Ludovic Hérault devant son hangar incendié
Ludovic Hérault devant son hangar incendié - Lisa Penalver

Il est 18h00, ce dimanche 17 octobre, à Terzay, Plaine-et-Vallée, dans les Deux-Sèvres, lorsque le hangar agricole qui donne sur la route est incendié. Ludovic Hérault, éleveur d'un cheptel de 120 bovins, est prévenu par ses parents qui habitent sur place et le temps qu'il arrive il est déjà trop tard. "En à peine 45 minutes tout a brulé", raconte l'agriculteur. 

Publicité
Logo France Bleu

Un hiver sous tension

Avec l'aide des pompiers, il parvient à sauver de justesse le bâtiment juste à côté dans lequel une dizaine de bêtes étaient présentes. Le coin du toit est même noirci par les cendres. Mais tout ce qui était dans le hangar incendié a brulé, soit 600 tonnes de paille et de foin qui constituaient la très grande majorité des réserves pour nourrir les bêtes pendant l'hiver. "L_es vaches ne peuvent pas manger que de l'herbe, il va falloir que je trouve autre chose_", s'inquiète Ludovic Hérault.

De nombreux collègues agriculteurs lui ont depuis proposé de lui donner des bottes de foin et de paille. Une solidarité paysanne qui l'émeut et le rassure un peu même s'il peine à se projeter. Tout arrive en plus à un moment décisif pour l'éleveur. "Je suis en pleine période de vêlage, je dois surveiller mes bêtes", explique-t-il. Dans ces conditions difficile d'organiser toute la logistique pour transporter les bottes. D'autant plus que depuis l'incendie, il doit aussi s'occuper de toute la paperasse pour les assurances. 

"Pourquoi nous ? C'est gratuit"

Au delà de toutes les difficultés techniques, il y a aussi le choc émotionnel. "Ce bâtiment a toujours été là, depuis que ma soeur, mon frère et moi sommes nés. Il a été construit par mon père et mon grand-père...C'est une page de l'histoire de la famille qui se tourne, comme ça". La vision du bâtiment calciné dont seul la carcasse déformée subsiste est donc difficile à supporter et pourtant Ludovic Hérault ne peut y échapper. C'est sous ses yeux, sur son lieu de travail au quotidien. 

Face à ce rappel constant, impossible de penser à autre chose et c'est surtout l**'incompréhension** qui domine. "On a pas d'ennemis, on s'entend bien avec tout le monde, on s'entraide dans le milieu...on ne comprend pas. Pourquoi nous ? C'est gratuit."

Depuis l'incendie, il ne peut s'empêcher de surveiller la route à chaque voiture qui passe et avoue craindre une nouvelle attaque. Un sentiment que ses collègues agriculteurs partagent. "Tout le monde a peur et est sous tension, vivement que l'enquête aboutisse", conclut-il. 

Ma France : Mieux vivre

Après vous avoir interrogés sur les "économies d'énergie", nous avons choisi de nous intéresser à vous, via cette nouvelle consultation citoyenne, lancée avec Make.org . Que faites-vous ou que voudriez-vous faire pour améliorer la qualité de votre quotidien, de votre vie même ? Bien-être, activités physiques, alimentation, activités créatives, voyages, réorientation professionnelle, changement de vie, valeurs familiales, etc. : partagez avec les autres vos bonnes idées, actions et réflexions.

Publicité
Logo France Bleu