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Faits divers – Justice

Indre : des marocains exploités par un patron d'Aigurande

mercredi 1 août 2018 à 18:02 Par Valentine Letesse, France Bleu Berry

Quatre bûcherons marocains attaquent leur employeurs aux prud'hommes. L'audience en référé se tient ce jeudi 2 août à Châteauroux.

Le tribunal des Prud'hommes à Châteauroux
Le tribunal des Prud'hommes à Châteauroux © Radio France - Gaëlle Fontenit

Aigurande, France

L'histoire se déroule entre l'Indre et la Creuse mais elle commence bien plus loin dans le petit village Ouaoumana Khenifra. Un homme vient régulièrement proposer aux locaux du travail en France. Finalement, quatre hommes âgés de 31 à 46 ans acceptent. Ils viennent à Aigurande pour travailler comme bûcheron. Mais le rêve à la française se transforme pour eux en cauchemar

2 000 euros pour un an de travail

Entre juin 2017 et mai 2018, ces ressortissants marocains auraient été littéralement exploités par leur employeur à Aigurande, bourgade à la frontière de l'Indre et de la Creuse. 

Tous les jours, pendant plusieurs mois, ces hommes travaillent comme bûcherons sur des chantiers de l'Indre et de la Creuse. Deux sont en CDI, les deux autres en CDD. Jusqu'ici rien d'anormal sauf sur leur compte. Après une année au service de leur patron, les deux hommes en CDI ont seulement touché 2 000 euros. Pourtant ils n'ont même pas de weekend : le samedi et le dimanche, l'employeur leur demande de restaurer un local du centre ville d'Aigurande où il compte monter un kebab. 

60 m² pour quatre

Leur logement est situé juste au dessus de ce fameux local. Les quatre hommes vivent ensemble dans un appartement d'environ 60 m². Chaque mois, le patron leur réclame 300 euros de loyers pour payer le propriétaire. Excédés, épuisés par ces conditions de vie, ces ressortissants marocains se tournent vers l'inspection du travail. 

Stupéfaction : le patron aurait produit de fausses lettres de démission. Lors de la première audience aux prud'hommes de Chateauroux, la défense fournit aussi une nouvelle pièce : un acte notarié d'une reconnaissance de dettes de 12 000 euros. La CGT mais aussi plusieurs habitants du village précise que les quatre travailleurs ne maîtrisent pas bien le français, encore moins la lecture.

Aujourd'hui, sans revenu, sans aide, ces marocains vivent grâce à la générosité des habitants d'Aigurande et de la Croix Rouge. Ils espèrent donc enfin ce 2 août, une reconnaissance de leur travail par la justice française.