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Faits divers – Justice

Indre-et-Loire : 30 ans après l'explosion Synthron veut tourner la page et investir 10 millions d'euros sur son site

vendredi 8 juin 2018 à 5:40 Par Marie-Ange Lescure, France Bleu Touraine

Il y a 30 ans, jour pour jour, le 8 juin 1988, un incendie se déclarait dans un atelier de l'usine Protex/Synthron. Un incendie suivi d'une explosion dans cette usine de produits chimiques d'Auzouer en Touraine qui allait provoquer la pire pollution qu'ait connue la Touraine.

L'usine Synthron à Auzouer-en-Touraine quelques jours avant le dernier procès en 2016
L'usine Synthron à Auzouer-en-Touraine quelques jours avant le dernier procès en 2016 - ©Olivier Hagel

Indre-et-Loire, France

L'usine Protex - à l'époque- devenue Synthron est classée Sevezo 3 (seuil haut). L'incendie dans l'un des ateliers a été suivi d'une explosion dans cette usine de produits chimiques d'Auzouer-en-Touraine. Trente ans après, les rejets, les écoulements et les infiltrations  continuent de salir et souiller une partie du département.   

200.000 tourangeaux privés d'eau potable

L'accident industriel, survenu à l'usine Synthron dans la nuit du 8 juin 1988, a commencé par un incendie, qui a touché une cuve de solvants hautement inflammables. L'explosion a été entendue à des kilomètres, une fumée très épaisse et des cendres ont recouvert le site et les environs. La rivière, la Brenne, a pris une sale couleur marron. Elle a déversé ses eaux polluées dans la Cisse qui les a charriées jusqu'à la Loire. 

Bilan : près  de 200 000 tourangeaux privés d'eau potable pendant 8 jours et plusieurs tonnes de poissons morts sont remontés à la surface.

A l'époque  Synthron s'était contenté de faire un chèque. 

La vie de l'entreprise s'est poursuivie, émaillée de procès.  Vingt-huit ans après l'explosion, lors du dernier procès en 2016, c'étaient encore des dizaines de manquement à la sécurité qui avaient été relevés : des produits chimiques répandus à même le sol, des sacs éventrés, des cuves non identifiées. A cela venaient s'ajouter une cinquantaine de PV pour non conformité de la Direction Régionale de l'Environnement, des dizaines de PV dressés par l'Inspection du Travail pour avoir exposé les employés aux risques chimiques et cancérogènes sans protection adéquate.   

Un nouveau président pour Synthron pour redorer l'image de la société

Aujourd'hui Robert Moor, le PDG plusieurs fois condamné, a cédé la direction de Synthron à un nouveau président  (mais Robert Moor reste l'actionnaire principal du groupe Protex). Ce nouveau dirigeant, Eric des Courières,  explique vouloir miser sur "une meilleure gestion de l'environnement et de la sécurité  et investir 10 millions d'euros sur le site en 5 ans pour améliorer les infrastructures, des travaux de mise en conformité du site et de modernisation des outils de production".

"Les pratiques ont changé" - Eric des Courières Président de Synthron

Le Président de Synthron invité de France Bleu Touraine vendredi matin explique que les pratiques ont changé avec notamment le développement de nouvelles procédures en matière de sécurité et d'environnement. "En fait", ajoute Eric des Courières, "il s'agit d'un changement de la philosophie et de la culture au niveau du site" 

"Synthron ne se met en conformité que sous la contrainte" - Olivier Hagel ex responsable de l'association ARBRE

Pour les voisins et les riverains de l'usine chimique, constitués pendant 27 ans en association*, leur seule revendication était l'application par Synthron des réglementations en vigueur pour des usines classées Sevezo 3 (seuil haut) : "Synthron ne fait que lorsqu'il y est contraint" se souvient encore aujourd'hui Olivier Hagel animateur de cette association. "Les seules avancées qui ont eu lieu, ont été faites après des mises en demeure de différents services de l'Etat".

Depuis 2010, la Préfecture d'Indre-et-Loire interdit l'utilisation de l'eau de puisage dans deux communes voisines de l'usine : une interdiction renouvelée tous les 6 mois. Par ailleurs, les résultats des analyses de sols débutées en 2009 n'ont jamais pour l'instant été portées à la connaissance des voisins de l'usine chimique d'Auzouer-en-Touraine. 

* ARBRE (Association pour le respect de la Brenne et de son environnement), partie civile lors de différents procès, aujourd'hui dissoute.