Faits divers – Justice

Indre : il vendait des espèces protégées sur Internet

Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry jeudi 16 avril 2015 à 11:24

Un hérisson.
Un hérisson. © Photo Lars Karlsson - licence Creative Commons attribution partage à l'identique

Un Indrien de 43 ans a été condamné ce mardi par tribunal correctionnel de Châteauroux pour avoir vendu sur un site d'enchère sur internet des poils, des plumes, des crânes, des pattes d'animaux en tout genre et même des pics de hérisson.

L'histoire commence presque par hasard. Le prévenu, un habitant de Le Menou , du côté d'Argenton sur Creuse, est pêcheur amateur et il a pris l'habitide de fabriquer lui-même ses mouches à partir de plumes. L'idée lui vient alors de mettre en vente des plumes de faisan sur internet. 

Très vite, il découvre un véritable marché où s'échange des plumes d'espèces plus ou moins rares, des serres d'oiseaux, des crânes de rapaces ou de gibiers, des poils ou des dents de sangliers, des peaux d'écureuils, et même des pics de hérissons

"Je faisais venir des lots de plumes d'Espagne ou de Chine et je les revendais le double du prix" explique le prévenu. Autre technique : il vend les carcasses des animaux rapportées de la chasse par son père. Dernière option : dépecer les animaux rares trouvés morts le long des routes berrichonnes et les mettre aux enchères sur internet.

Entre 2008 et 2014, il conclut ainsi plus de 1 500 ventes pour un chiffre d'affaires de 56 000 euros

L'alerte a été donnée par la Ligue de protection des oiseaux. Elle a mis en place une brigade de 500 bénévoles en France qui mène une cybertraque sur internet. C'est elle qui repère le manège de l'indrien. La LPO alerte l'Office national de la chasse et de la faune sauvage qui mène l'enquête pendant presque un an. C'est elle qui perquisitionne en février 2014 dans le domicile du jeune homme et y découvre une centaine de pattes d'oiseaux, 31 crânes, huit peaux en cours de tannage et 181 boîtes contenant des plumes ou des poils

"Je ne savais pas que c'était interdit..."

Or, s'il est autorisé de vendre des espèces communes, il est strictement interdit de mettre en vente des espèces protégées, vivantes ou mortes . Interdit par exemple de vendre des plumes de hérons, des pattes de martin pécheurs ou encore des pics de hérissons, même trouvés morts en bord de route.

"Je savais qu'il était interdit de tuer des espèces protégées, mais je ne savais pas qu'on pouvait pas vendre des animaux rares déjà morts " se justifie le prévenu. 

"C'est ce genre de pratique qui encourage la destriction d'espèces protégées, c'est pour cela que c'est interdit " explique la LPO. 

Le tribunal correctionnel de Châteauroux a condamné le prévenu à 2 180 euros d'amende et de dommages et intérêts .