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Faits divers – Justice

Indre : décision le 8 février concernant la demande de libération conditionnelle de Jean-Claude Romand

mercredi 30 janvier 2019 à 13:39 - Mis à jour le jeudi 31 janvier 2019 à 15:57 Par Frederic Denis, France Bleu Berry, France Bleu Besançon et France Bleu

La justice examinait à nouveau ce jeudi 31 janvier la demande de libération conditionnelle de Jean-Claude Romand. Le tribunal d'application des peines de Châteauroux a étudié de nouvelles pièces versées au dossier. La décision sera rendue le 8 février.

Jean-Claude Romand, dans le box des accusés pour l'ouverture de son procès, le 25 juin 1996 devant la Cour d'assises de l'Ain au palais de justice de Bourg-en-Bresse
Jean-Claude Romand, dans le box des accusés pour l'ouverture de son procès, le 25 juin 1996 devant la Cour d'assises de l'Ain au palais de justice de Bourg-en-Bresse © AFP - Philippe Desmazes

Saint-Maur, France

Condamné à perpétuité en 1996 pour l'assassinat de sa famille, Jean-Claude Romand a déjà purgé sa période de sûreté de 22 ans. Il est donc théoriquement libérable. La décision concernant sa demande de libération conditionnelle devait tomber le vendredi 11 janvier, mais elle a finalement été soumise à une nouvelle audience qui a eu lieu à ce jeudi 31 janvier.

Le tribunal de l'application des peines de Châteauroux avait ordonné "la réouverture des débats", car "de nouvelles pièces, de nature à influer sur la décision du tribunal, ont été communiquées à ce dernier par les services de l'administration pénitentiaire", avait expliqué le procureur de la République de Châteauroux Stéphanie Aouine.

L'administration pénitentiaire a transmis ces nouvelles pièces au juge d'application des peines après le 20 novembre 2018, c'est-à-dire après cette audience à la maison centrale de Saint-Maur près de Châteauroux; une audience où toutes les parties concernées par la demande de libération conditionnelle de Jean-Claude Romand avaient été entendues. 

Stéphanie Aouine, procureur de la République de Châteauroux, a expliqué que ces pièces, dont on ignore aujourd'hui la teneur, étaient de nature à influer sur la décision du tribunal d'application des peines. Le tribunal se devant d'assurer le respect du principe du contradictoire et la loyauté des débats, il a donc convoqué cette nouvelle audience du jeudi 31 janvier. Le tribunal rendra sa décision le 8 février. En tout cas, ces nouvelles pièces n'ont pas fait évoluer les positions : le parquet et les parties civiles demandent toujours le maintien en détention de Jean-Claude Romand alors que son conseil souhaite sa libération conditionnelle.

"Jean-Claude Romand est très serein, il fait confiance à la Justice. Après 26 ans de détention, il a beaucoup de remords, de regrets, de repentance" Jean-Louis Abad, l'avocat de Jean-Claude Romand

S'il sort de prison après 26 ans derrière les barreaux, l'ancien faux docteur, qui a tué sa femme, ses deux enfants et ses parents en 1993, ne sera pas accueilli dans une communauté Emmaüs de l'Indre confirme son avocat, Jean-Louis Abad. La robe noire explique que c'était le projet initial mais qu'il a été modifié en septembre. "Une communauté religieuse est susceptible d'accueillir Jean-Claude Romand" ajoute son avocat, "c'est une structure sérieuse, solide avec un projet fiable, viable. J'ai grand espoir que le tribunal accède à la demande" de libération conditionnelle nous a confié Jean-Louis Abad.

Pourquoi cette nouvelle audience ?

En début d'après-midi, ce jeudi 31 janvier, le tribunal d'application des peines de Châteauroux a donc réentendu toutes les parties à la lumière de ces nouveaux éléments transmis par l'administration pénitentiaire. L'avocat de Jean-Claude Romand, Jean-Louis Abad, évoque une "raison d'ordre technique", sans faire plus de commentaires, alors que le conseil des parties civiles, Laure Moreu, a exprimé sa surprise sur France Bleu Berry mais s'est dite confortée dans son idée. L'avocate assure que "le projet de sortie de prison de Jean-Claude Romand n'est pas abouti".

Avant ce quintuple assassinat, Jean-Claude Romand s'était fait passé pendant des années pour un médecin de l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, alors qu'il n'a pas été plus loin que la deuxième année de médecine. Jean-Claude Romand est théoriquement libérable depuis 2015 mais cette possibilité d'une libération conditionnelle fait vraiment débat. Son avocat, Jean-Louis Abad se dit confiant. Il parle d'un projet "extrêmement sérieux" dans l'hypothèse d'une sortie de prison. Jean-Claude Romand aurait trouvé un travail, un logement et il donnerait des garanties financières. Selon l'administration pénitentiaire, le service d'insertion et de probation, Jean-Claude Romand, a une attitude exemplaire en détention. Détenu discret, il travaille : il a par exemple numérisé des bandes vidéos pour les archives de l'INA. 

Un risque de récidive faible 

Mais qu'en est-il de son niveau de dangerosité ? Les experts parlent d'un risque de récidive faible. Malgré tout, les parties civiles et le parquet de Châteauroux s'opposent à sa remise en liberté. L'un des beaux frères de Jean-Claude Romand rappelle qu'il a fait illusion pendant vingt ans, en se faisant passer pour un illustre médecin. Emmanuel Crolet a décrit sur France Bleu Berry "un pro du mensonge, un mythomane, une personne qu'on n'arrive toujours pas à cerner". Impossible selon lui de lui faire confiance. Emmanuel Crolet rappelle que des co-détenus l'ont décrit comme un homme inodore, incolore et très curieux vis-à-vis de ce qu'il a fait. 

Plusieurs possibilités pour les juges

Le tribunal a  plusieurs options : maintenir Jean-Claude Romand en détention, prononcer sa libération conditionnelle avec placement ou pas sous bracelet électronique. Il peut opter encore pour un régime de semi-liberté. Jean-Claude Romand passerait alors ses journées dehors et ses nuits en prison.