Faits divers – Justice

INFO FRANCE BLEU BEARN : Le maire de Tarbes en garde à vue

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn mardi 31 mars 2015 à 9:02 Mis à jour le mardi 31 mars 2015 à 12:04

La mairie de Tarbes - Google Maps
La mairie de Tarbes - Google Maps © Radio France

Le maire de Tarbes, Gérard Trémège, est entendu ce mardi matin dans une affaire d'attribution de marchés publics. Un adjoint, l'ancien directeur des services, un architecte sont également en garde à vue. Neuf personnes en tout sont retenues à la gendarmerie de Pau.

Neuf personnes sont en garde à vue depuis ce mardi matin : le maire UMP, Gérard Trémège, l'adjoint chargé des travaux, Michel Forget, Isabelle Bonis, la compagne du maire, un architecte, Joris Ducastaing, Michel Caillaud l'ancien directeur des services de la mairie de Tarbes et 3 actuels ou anciens chefs de services. Les premières gardes à vue ont démarré ce mardi à 8 heures. Elle a été décidée par la juge d'instruction paloise qui a délivré une commission rogatoire pour entendre toutes ces personnes. Le domicile du Maire de Tarbes a également été perquisitionné, à Barbazan-Debat.

Soupçons de favoritisme

Cette enquête porte sur des marchés publics , en particulier sur plusieurs opérations immobilieres. Une affaire qui dure depuis plusieurs mois déjà. C'est d'ailleurs dans le cadre de cette enquête qu'a éclaté l'affaire Médiapart : le site d'information avait révélé que le maire de Tarbes bénéficiait d'informations au sein même de la justice qui le prevenait des initiaitives de la juge d'instruction. Cette fois-ci, l'effet de surprise semble avoir joué.

Gérard Trémège est soupçonné d'avoir dans sa fonction de maire participé à des délibérations en matière d'urbanisme qui ont profité a des proches .  Ainsi, la ville a vendu une maison en ruine 15.000 euro à Isabelle Bonis, une architecte avec laquelle Gérard Trémège avait une relation à l'époque. Elle a rénové cette maison puis l'a habitée un temps, avant de la revendre 450.000 euros. Isabelle Bonis est aujourd'hui la compagne officielle de Gérard Trémège.

Transformer des terrains industriels en zones d'habitation

Autre volet de ce dossier, celui de la zone de l'arsenal : dans son plan local d'urbanisme, la mairie a changé les attributions de certaines parcelles . Ainsi, des zones industrielles sont devenues des zones d'habitation, ce qui fait monter la valeur à ces terrains : de 35 a 100 euros le mètre carré. Or, un de ces terrains est une station de lavage dont l'un des fils de Gérard Trémège est actionnaire.

Voilà deux exemples de ce volumineux dossier. De son côté, l'adjoint chargé des travaux, Michel Forget serait soupconné de complicité . Joris Ducastaing est soupçonné par la justice d'avoir bénéficié de favoritisme dans l'attribution d'un marché public.

En ce qui concerne la vente de cette maison à sa compagne, Gérard Trémège se défend de toute intention d'enrichissement ; il ajoute que les travaux réalisés ont été très coûteux. Il dit que ce n'est pas un crime ou un délit d'être son fils. Pour ce qui est du favoritisme, il nie, il dit que tous les marchés ont fait l'objet d'une procédure conforme aux textes de loi.

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