Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Meurtre de Magali Blandin, de la disparition aux aveux du mari

INFO FRANCE BLEU - Magali Blandin : son mari avait écrit le scénario d'un film où un homme tue sa femme

En février 2008, Jérôme Gaillard, le mari de Magali Blandin lançait une société de production de films. Celui qui a avoué le meurtre de son épouse rêvait d'une carrière dans le cinéma. Il avait même écrit un scénario glaçant dans lequel il décrivait un meurtre semblable à celui de son épouse.

La boîte de production de Jérôme Gaillard a été fermée en 2016.
La boîte de production de Jérôme Gaillard a été fermée en 2016. © Radio France - Benjamin Fontaine

Jérôme Gaillard imaginait son personnage principal "libre d'assouvir ses envies et ses fantasmes inavoués, laissant s'exprimer ses pulsions criminelles et destructrices". Lui et Magali Blandin étaient "différents" racontent ceux qui connaissent le couple. Si la mère de famille aimait les plaisirs simples de la vie, cultiver son jardin et s'épanouissait dans son travail, son mari, Jérôme rêvait de lumière. En 2008, le Breton est allé jusqu'à fonder une société de production de films baptisée "Film à part".

Un script de 113 pages qui glace le sang

Le logo de son entreprise représente un réalisateur masqué au profil démoniaque tenant un cigare entre ses doigts. La société est finalement radiée huit ans plus tard en 2016. Jérôme Gaillard voit son rêve de cinéma s’effondrer, mais il reste une trace de ses ambitions pour le grand écran.

A la même période, le quadragénaire rédige le scénario d'un film baptisé Ego sum dont le tournage devait se dérouler à Rennes.Nous avons pu nous procurer quelques extraits de ce script de 113 pages. Quelques jours après les révélations de Jérôme Gaillard sur la façon dont il a tué son épouse, la lecture de ce texte fait froid dans le dos. 

Raconter la vie d'un schizophrène

Dans une note de présentation de son projet, Jérôme Gaillard explicite le titre de son film, inspiré de la célèbre pensée de Descartes : "Cogito, ergo sum" traduite par "Je pense donc je suis." Avec cette production, le mari de Magali Blandin prétendait vouloir "bouleverser les codes visuels et scénaristiques habituels du cinéma" en plaçant le spectateur à la place de l'acteur. Le père de famille souhaitait raconter la vie d'un schizophrène.

Son personnage principal, Thomas (prénom de l'un de ses enfants) est décrit comme "un homme simple et heureux en apparence." Mari attentionné d'une ambitieuse avocate, il consacre sa vie à sa famille. La nuit, il se plonge dans des cauchemars "d'une violence extrême," écrit le scénariste en herbe. "Il est dans la tête d'un dangereux psychopathe, un violeur lâche qui se tapit dans l'obscurité de la nuit pour guetter ses proies, des femmes uniquement, jeunes et jolies de préférence, dans le but d'assouvir ses pulsions sexuelles et criminelles."

Un meurtre très semblable à celui de Magali

On découvre au fil du script que ces cauchemars sont en réalité prémonitoires, car Thomas, le mari exemplaire la journée devient un tueur en série une fois le soleil couché. Au début du scénario, l'un de ses méfaits attire l'attention. Jérôme Gaillard a quasiment décrit la façon dont il a raconté avoir tué Magali le jeudi 11 février. 

Alors que son personnage principal se prépare à agresser "sa proie", le scénariste ajoute : "L'homme tel un félin bondit de sa cachette et fait face à elle. Surprise, elle pousse un cri d'effroi vite étouffé par les mains de son agresseur qui lui porte un coup violent au visage. Elle s'évanouit sous le choc. L'homme la traîne alors dans les bois. Il tourne la tête de côté, vérifiant bien que personne ne l'a vu."

Une collaboration avec son oncle

Aujourd'hui, ce texte prend une autre dimension. Le 11 février au matin, après avoir déposé ses enfants à l'école, Jérôme Gaillard a raconté s'être rendu dans l'immeuble de Magali Blandin. Caché dans un renfoncement, il a attendu qu'elle sorte pour lui asséner deux coups de batte de baseball, a décrit le procureur de la République Philippe Astruc. Plus tard dans la soirée, il est allé enterrer son corps dans la forêt.

Ego Sum est une fiction qui glace le sang. Jérôme Gaillard semble projeter beaucoup de sa vie et de son identité dans ses personnages. Un autre fait trouble la lecture. Pour écrire son film, il s'est rapproché de son oncle qu'il présente comme "docteur en psychologie criminelle". Il est cité dans la note de présentation. "Sa longue expérience en expertise criminelle judiciaire auprès de différents tribunaux en France sur des cas réels de schizophrènes qui, pour certains, sont devenus des tueurs, est un atout indispensable à la bonne réussite et à la crédibilité visuelle de ce projet," écrit Jérôme Gaillard. 

De la fiction à la réalité ?

Dans le script, le personnage du professeur Carré, lui aussi spécialiste en psychologie criminelle entretient une relation de réciprocité avec le premier rôle. "Cet homme sera la seule personne qui va prendre le temps non seulement d'écouter Thomas Ledoux mais aussi celui qui va tenter de lui expliquer l'homme qu'il est. Mais comment le lui expliquer ? Et lui, comment doit-il réagir ? Le livrer à la police ou le garder précieusement comme son sujet d'étude, mine d'or pour ses recherches."

Ce scénario n'a jamais vu le jour sur grand écran, mais Jérôme Gaillard en a parlé autour de lui. D'après nos informations, il aimait raconter qu'il écrivait pour le cinéma et il aurait partagé son manuscrit avec quelques proches. Jusqu'à quel point s'est-il inspiré de son personnage pour commettre son crime ? Peut-être en dira-t-il plus lors de son procès.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess