Faits divers – Justice

INFO FRANCE BLEU - Monseigneur di Falco assigné au civil dans une affaire de pédophilie présumée

Par La rédaction de France Bleu, France Bleu vendredi 23 septembre 2016 à 11:41

"Marc" se dit victime d'agressions sexuelles
"Marc" se dit victime d'agressions sexuelles © Radio France

C’est une information France Bleu : l’affaire di Falco est relancée. L’évêque de Gap, ancien porte-parole médiatique de l’épiscopat, est assigné au civil dans une affaire de pédophilie présumée. Une enquête signée Laetitia Saavedra.

L'histoire remonte aux années 1970. Notre témoin, qui se fait appeler "Marc", est un ancien élève, du petit collège de Saint-Thomas d’Aquin, situé dans le 7e arrondissement de Paris. A cette époque, c'est Monseigneur di Falco qui en est le directeur. "Marc", qui a alors entre 12 et 15 ans, estime avoir subi des viols et des agressions sexuelles de la part du prêtre. "Je rencontre di Falco en 1972 par l’intermédiaire de copains qui m’amènent chez lui. On va dans son salon, et à un moment, je me retrouve sur lui. […] Ça a commencé par des relations sexuelles et des viols. J’avais 12 ans, ça a duré de 1972 à 1975."

Ça a commencé par des relations sexuelles et des viols. J’avais 12 ans

En 2001, l'homme porte plainte contre Monseigneur di Falco, et demande réparation pour le préjudice qu’il aurait subi. L'année suivante, en 2002, la justice décide de classer sa plainte parce que les faits présumés, remontant aux années 1970, sont prescrits. Après avoir épuisé toutes les voies de recours possible au pénal, "Marc" lance une nouvelle procédure au civil aujourd'hui. Il demande réparation parce qu’il considère qu'il souffre encore des conséquences de cette affaire, malgré plusieurs thérapies : "la tétanie. Dès qu’il y a de l’émotion, je me bloque, comme ce qui m’est arrivé en 1972 avec di Falco. Ça m’est resté dans le corps. Je vois flou, j’entends plus, il ne se passe plus rien, je ne peux pas travailler. Ce sont des séquelles que je continue à avoir depuis l’âge de 12 ans."

Un autre élément l'a incité à continuer son combat. C'est l’affaire Barbarin, qui a ravivé son ressentiment. Il est soutenu par une seconde personne qui affirme également avoir été victime du prêtre lorsqu'il avait 10 ans. Lui se fait appeler "Paul". Il était scolarisé au collège Bossuet, dans le 6e arrondissement de la capitale. Le père di Falco était alors le directeur de l'établissement. Sa plainte avait également été classée sans suite en 2002, toujours pour cause de prescription. Aujourd’hui, il ne souhaite pas assigner l’évêque de Gap mais il se dit solidaire de "Marc". "Je veux le soutenir dans sa démarche parce qu’il n’est pas tout seul. Nous sommes ensemble contre di Falco, contre le mal qu’il a fait sur nous et que nous portons toujours malgré les 40 ans passés. C’est un manipulateur."

Monseigneur di Falco nie les faits

Monseigneur di Falco a toujours farouchement nié les faits. Nous l’avons contacté, mais il n’a pas souhaité s’exprimer. En 2002, il avait déposé une plainte en dénonciation calomnieuse, elle avait été rejetée par la justice 2 ans plus tard.

A propos de la relance d'une procédure au civil, l'avocat de Monseigneur di Falco, Maître Baratelli nous a transmis le courrier suivant : "La plainte qui avait été déposée en son temps avait été non seulement classée pour prescription, mais encore parce que les faits étaient totalement infondés [...]. Quel est le sens, plus de 40 ans après ce qu'il raconte avoir subi, plus de 14 ans après le classement de la plainte pénale, d'une assignation civile sans fondement. [...] Une démarche aussi vile, aussi déplacée qu'incongrue, tente maladroitement de profiter du sillon creusé par les affaires occupant le Diocèse de Lyon [...]. Monseigneur Jean-Michel di Falco avait, au moment des premières accusations de 2002, bénéficié du soutien de l'opinion publique et du soutien de tous ceux qui ont pu le côtoyer tout au long de sa vie. Jamais personne n'avait pu apporter un témoignage contraire à la rectitude morale et intellectuelle de cet homme".