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INFOGRAPHIE – Ce qu’il faut savoir avant l’ouverture du procès Fillon

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Maine

L'affaire des emplois présumés fictifs de Penelope Fillon est jugée ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris. Comparaissent l'ex-Premier ministre François Fillon, son épouse Penelope et son ancien suppléant à l'Assemblée Marc Joulaud. On vous explique ce qui est reproché aux prévenus.

Le procès des époux Fillon doit débuter ce lundi
Le procès des époux Fillon doit débuter ce lundi © Maxppp - Vincent Isore

Cette affaire avait provoqué la chute politique de François Fillon, ex-Premier ministre et ancien candidat à l'élection présidentielle. Après avoir été reporté lundi en raison de la grève des avocats, le procès doit réellement commencer ce mercredi au tribunal correctionnel de Paris. François Fillon, son épouse Penelope, ainsi que son ancien suppléant à l'Assemblée nationale Marc Joulaud sont jugés jusqu'au 11 mars dans l'affaire des emplois présumés fictifs de Penelope Fillon. 

Affaire Fillon : les protagonistes - Visactu
Affaire Fillon : les protagonistes © Visactu

Emploi fictif d'assistante parlementaire ?

François Fillon et Marc Joulaud sont renvoyés devant le tribunal correctionnel pour "détournement de fonds publics". Lorsqu'ils étaient députés de la Sarthe, ils ont salarié Penelope Fillon comme collaboratrice permanente pour des prestations jugées "fictives ou sur-évaluées". Penelope Fillon est jugée pour "complicité et recel". Entre 1998 et 2007, puis en 2012-2013, elle aurait perçu 1,054 million d'euros. 

Selon la défense des époux Fillon, Penelope avait commencé à travailler pour son mari dès 1981. Elle gérait son agenda local, le courrier parlementaire et rédigeait des notes. Une collaboration essentiellement "orale", selon les avocats des Fillon, et les notes manuscrites détruites petit à petit. Mais pour les juges en charge de l'affaire, les documents présentés comme "preuves" d'un travail effectif s'apparentent davantage aux "faits et gestes banals" d'une "épouse et mère de famille". Par ailleurs, les magistrats estiment que les époux Fillon ont tout fait pour "dissimuler" cette activité. 

Dans un entretien au Sunday Telegraph en 2007, Penelope Fillon assurait même n'avoir "jamais été réellement" l'assistante de son mari. Quant à son emploi d'assistante parlementaire auprès de Marc Joulaud, qui a pris la place de François Fillon lorsque ce dernier est devenu ministre en 2002, les juges estiment que ce n'était qu'une "contrepartie" et un moyen pour les époux "d'augmenter leurs revenus". 

Des "emplois de complaisance" pour leurs deux aînés ?

L'ex-Premier ministre est aussi soupçonné d'avoir "accaparé" les fonds disponibles de son crédit collaborateur en employant, de 2005 à 2007, ses deux enfants aînés, Marie et Charles, comme assistants parlementaires alors qu'il était sénateur de la Sarthe. "La réalité" de leur travail paraît peu crédible aux magistrats : Marie effectuait alors un stage à temps plein dans un cabinet d'avocats et Charles rédigeait un mémoire de DEA. Les salaires perçus sont évalués à 117.400 euros. Les enfants ne font pas l'objet de poursuites, leur mère est jugée pour recel. 

L'Assemblée nationale s'est constituée partie civile dans ce procès "pour demander le remboursement des sommes versées au titre de rémunérations, si jamais la juridiction considère que l'emploi est fictif". 

Une épouse qui "s'ennuie"

Au printemps 2012, alors que François Fillon est sur le point de quitter Matignon, il demande à son ami de plus de trente ans Marc Ladreit de Lacharrière, patron de la société Fimalac, d'embaucher son épouse qui "s'ennuyait". Le milliardaire avait accédé à sa demande et nommé Penelope Fillon conseillère littéraire au sein de La Revue des deux mondes. Censée rédiger des notes de lecture, seules deux seront publiées à l'automne 2012. 

Pour les magistrats, cet emploi de conseillère était uniquement destiné à satisfaire la demande d'un "homme politique influent". D'ailleurs, le directeur de la revue et ses salariés ignoraient que Penelope Fillon était rémunérée comme telle et aucune trace de cette activité n'a été retrouvée. Activité qu'elle cumulait avec un nouvel emploi d'assistante parlementaire de son époux, élu député de Paris, et avec une reprise d'études. Marc Ladreit de Lacharrière a plaidé coupable pour un emploi en partie fictif, rémunéré à hauteur de 135.000 euros. Il a été condamné en décembre 2018 à huit mois d'emprisonnement avec sursis et 375.000 euros d'amende pour abus de biens sociaux. Les époux Fillon comparaissent pour complicité et recel de ce délit.

"Oubli" de déclarer un prêt

Enfin, François Fillon est aussi jugé pour avoir "oublié" de déclarer à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) un prêt de 50.000 euros accordé par Marc Ladreit de Lacharrière en mai 2012. Ce prêt, destiné à financer des travaux de rénovation de sa maison, avait été remboursé après le déclenchement de l'affaire. François Fillon, qui avait déclaré à la HATVP un prêt bancaire d'un même montant et ayant la même finalité, a dit ignorer qu'il fallait déclarer les prêts entre particuliers.

Selon l'article 432-15 du Code pénal, François Fillon encourt une peine de dix ans d'emprisonnement et une amende d'un million d'euros, ce montant pouvant être porté au double du produit de l'infraction. 

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