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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Injures antisémites contre Alain Finkielkraut : six mois de prison avec sursis requis contre l'auteur des insultes

Six mois de prison avec sursis ont été requis ce mercredi contre un Mulhousien de 36 ans, poursuivi pour des injures antisémites proférées lors d'une manifestation de gilets jaunes, le 16 février à Paris. La cible de ces insultes : le philosophe Alain Finkielkraut, présent à l'audience.

Alain Finkielkraut au procès de l'homme qui l'a insulté lors d'une manifestation des gilets jaunes à paris.
Alain Finkielkraut au procès de l'homme qui l'a insulté lors d'une manifestation des gilets jaunes à paris. © Maxppp - Mousse

Paris, France

Un Mulhousien de 36 ans comparaissait ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion". Le 16 février 2019, lors d'une manifestation de gilets jaunes à Paris, Benjamin Weller avait copieusement insulté Alain Finkielkraut, qui passait à proximité du rassemblement. L'affaire avait soulevé une vague d'indignation. La procureure a requis contre le jeune homme six mois de prison avec sursis. Son avocat demande la relaxe. Le jugement sera connu le 12 juillet.

Alain Finkielkraut, qui ne s'est pas constitué partie civile, était présent à l'audience. "Je ne poursuis aucune vindicte personnelle", a expliqué l'essayiste, mais "le ministère public doit prendre en charge ce nouveau type d’agressions verbales".

L'avocat du prévenu, Me Chamy, a cherché au contraire à écarter les accusations d'antisémitisme à l'égard de Benjamin Weller. Sur la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le prévenu traite Alain Finkielkraut de "sale race", "espèce de raciste (...) de haineux (...) de sioniste". Il crie aussi "la France, elle est à nous" et "tu vas mourir, tu vas aller en enfer". Dans les "quartiers", estime l'avocat, on peut utiliser le mot "race" sans lui donner un sens insultant. 

Sur l'emploi du mot race et son sens dans le droit, Me Chamy a déposé une QPC, question prioritaire de constitutionnalité, qui sera examiné par le tribunal en même temps que l'audience sur le fond.

Le prévenu contre "le lobby sioniste"

Benjamin Weller, cheveux ras, barbe et fines lunettes, reconnaît avoir injurié le philosophe en raison de ses positions "sionistes", mais il a contesté le caractère antisémite de ces propos. Estimant qu'Alain Finkielkraut est "une figure de proue" de ce qu'il appelle "le lobby sioniste", le prévenu affirme qu'il a réagi pour "sa cause de coeur", "la cause palestinienne".

Alain Finkielkraut a raconté, lui, qu'il avait senti l'"hostilité" de son agresseur, "c'était un mini-pogrom qui se préparait". Sur le conflit israélo-palestinien, l'essayiste explique qu'il milite "depuis 1981 pour la solution à deux Etats", israélien et palestinien (...) l'antisionisme peut dans certains cas être une forme d'antisémitisme: on veut coudre sur la poitrine des juifs non plus l'étoile jaune mais la croix gammée".

Le tribunal a aussi visionné plusieurs vidéos de l'agression verbale. Benjamin Weller a reconnu avoir parlé "dans l'énervement".

Benjamin Weller, père de famille de cinq enfants, converti à l'islam, a participé à plusieurs reprises à des actions des gilets jaunes près de Mulhouse. Lui et des amis se trouvaient néanmoins en marge du mouvement, puis rejeté par le noyau dur qui voyait en eux des extrémistes venus prêcher un islam rigoriste. L'homme n'est pas fiché S, mais "c'est quelqu'un qui manifestement a une forme de radicalisation", avait indiqué en février la ministre de la justice Nicole Belloubet.