Faits divers – Justice

Inondations de 2014 : le maire de Lamalou-les-Bains mis en examen pour homicide involontaire

Par Elisabeth Badinier, France Bleu Hérault jeudi 10 novembre 2016 à 15:32

Inondations à Lamalou de 2014 (illustration)
Inondations à Lamalou de 2014 (illustration) © Maxppp -

Le maire de Lamalou-les-Bains a été mis en examen ce jeudi après-midi pour homicide involontaire. Il s'agit de l'enquête sur les inondations mortelles de septembre 2014 dans le camping municipal.

Après 48 heures de garde à vue, le maire de Lamalou-les-Bains, Philippe Tailland a été présenté à un juge d'instruction ce jeudi, et mis en examen pour homicide involontaire.

Il s'agit de l'enquête sur les inondations mortelles de septembre 2014. Une vague de boue avait déferlé sur le camping municipal, quatre personnes étaient mortes emportées par les eaux.

La justice s'interroge sur la conformité du camping municipal au regard des zones inondables. Pourquoi ce camping classé en zone inondable il y a trente quatre ans, a-t-il brusquement cessé de l'être ? Pour reprendre ses activités, comme si tout risque avait disparu. Le drame de 2014 a prouvé, au prix de quatre morts et de dégâts considérables, que le danger était toujours là.

Et c'est cette question qui est posée aux deux maires, l'ancien et le nouveau, à un adjoint, et à trois fonctionnaires municipaux. Pour le moment, par un juge d'instruction, mais peut-être plus tard, par le tribunal correctionnel.

Il s'agit d'une question complexe, gonflée de règlements, de lois, de dates, de niveau de décisions. C'est pourquoi les gendarmes ont entendu six personnes en même temps, pour une garde à vue où les réponses des uns permettaient immédiatement de questionner les autres.

Pour le maire actuel, PhilippeTailland, élu depuis six mois à peine au moment de la catastrophe, bien que mis en examen, ce n'est certainement pas à lui de répondre à cette question. Alors à qui ? L'enquête se poursuit, et d'autres personnes pourraient à leur tour être entendues par les gendarmes et par le juge.

Au total, six personnes étaient entendues depuis mardi matin sous le régime de la garde à vue dans cette enquête. Gilles Galtiéri, responsable des travaux à la mairie de Lamalou-les-Bains, et Manuel Gonzales, responsable du camping et employé municipal et l'ancien maire de la commune, Marcel Roques, ont également été mis en examen pour homicide involontaire.

Deux autres personnes étaient toujours dans le bureau du juge ce jeudi soir et devraient aussi être mises en examen : Vincent Généra, adjoint au maire, René Ginies, directeur général des services.

"Il y a qu'un couillon dans l'affaire, c'est le maire."

Philippe Tailland estime que dans ce dossier comme dans d'autres, "c'est le maire qui paye." Il conteste les accusations dont il fait l'objet.

"Je me battrai pour montrer qu'aujourd'hui tout le monde tire un parapluie et qu'il y a qu'un couillon dans l'affaire, c'est le maire. Le maire a toutes les responsabilités. Tous les services, Etat et autres se dégagent des responsabilités."

Philippe Tailland, maire de Lamalou