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Des gendarmes formés par le GIGN aident les maires à faire face aux insultes et incivilités

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Les maires sont de plus en plus confrontés aux interventions de leurs administrés en colère. La gendarmerie d’Occitanie organise des sessions de formation pour apprendre aux maires à gérer pacifiquement les incivilités.

Un négociateur de la gendarmerie forme les maires du Lauragais à désamorcer les violences avec la méthode GIGN
Un négociateur de la gendarmerie forme les maires du Lauragais à désamorcer les violences avec la méthode GIGN © Radio France - Olivier Lebrun

Problèmes de voisinage, stationnement, dépôts sauvages, insultes, voir menaces. Les agressions d'élus ont triplé en l’espace d’un an. En 2020, on dénombre 1276 actes d’incivilités mêlant menaces et agressions contre les maires. Des négociateurs de la gendarmerie formés par le GIGN conseillent les élus, avec exercice pratique à l’appui, comme ici au foyer rural de Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne)

Les maires en première ligne

Une vingtaine d’élus, maires, conseillers municipaux du canton participent à cette formation organisée par la gendarmerie. Ils suivent ce module de trois heures qui doit leur permettre de faire face aux situations de crise.

Des maires suivent un module de formation sur les situations de crise avec une négociatrice de la gendarmerie
Des maires suivent un module de formation sur les situations de crise avec une négociatrice de la gendarmerie © Radio France - Olivier Lebrun

Même dans les plus petites communes, les élus sont confrontés aux coups de colère des administrés, et la situation sanitaire et le couvre-feu n’arrangent rien selon Françoise Cases, maire de Saint Léon, commune de 1.200 habitants dans le Lauragais. "Le contexte sanitaire fait que les gens sont très tendus. Ils s’agacent beaucoup, pour des choses qui sont futiles. Ils vont porter plainte par exemple pour des insectes, pour une recrudescence de tiques. Ce sont des situations ubuesques, mais qu’il faut gérer au quotidien. Le ton peut monter, même si on n’arrive pas à la violence physique."

Françoise Cases - maire de Saint Léon - 1200 habitants

"Ici, j’ai appris à prendre du recul sur les situations, essayer d’être toujours à l’écoute , et dans le calme, être ouverte aux autres en toute circonstance, ce qui n’est pas toujours facile à atteindre comme objectif", convient cette maire rurale qui sort d’un atelier menée par une négociatrice de la gendarmerie.

La méthode GIGN

Seize négociateurs de la gendarmerie en Midi Pyrénées, 300 au niveau national, sont chargés d’intervenir les premiers sur les situations sensibles, des forcenés retranchés chez eux, des personnes suicidaires, des refus d’hospitalisation d’office. Ce sont eux qui engagent le dialogue les premiers, avant l’intervention éventuelle du GIGN. Ces gendarmes formés à la négociation mettent leur expérience au service des maires pour les aider à désamorcer les face à face avant qu’ils ne dégénèrent , avec la méthode du GIGN.

"Le maire doit être presque un négociateur."

"Quand nous arrivons, nous laissons parler les personnes. Avant toute chose, on a besoin de savoir ce dont elle a besoin, quelles sont ses inquiétudes. C’est ce que nous demandons aux maires de faire » explique le Major Patrice Georgevail, négociateur régional de la gendarmerie. « Après, on met en place une empathie, une écoute attentive pour pouvoir ensemble, les élus avec les administrés, nous avec un retranché ou un forcené, parvenir à une situation apaisée. La fonction de maire à priori n’est pas aussi respectée qu’elle n’était auparavant, des gens en arrivent rapidement à la violence. Donc oui, le maire doit être presque un négociateur. » 

Des parents en colère envahissent la mairie

Après la théorie, les élus passent à la pratique. Le scénario, des parents d’élèves en colère, joués par les stagiaires élus, envahissent la mairie. Marielle Peiro, maire de Lagarde, petite commune de 420 habitants dans le Lauragais doit faire face à cette foule hurlante. Les parents crient leur inquiétude pour leurs enfants face au protocole Covid mis en place dans l’école.

Exercice de crise, un maire fait face à un groupe de parents d'élèves en colère

"Je suis contente d’avoir pu reformuler plusieurs fois leurs demandes, d’avoir été à l’écoute et d’avoir fait baisser la pression , ce n’est pas facile dans cette situation" reconnait elle dans le débriefing. Le formateur de la gendarmerie lui conseille d’identifier le meneur et de l’isoler.

"Sur ma petite commune, dit elle, au moindre petit problème, c’est "direct le maire". Aujourd’hui, je me sens plus à l'aise pour mesurer mes paroles, faire face sereinement aux demandes de mes administrés."

"Le maire se retrouve quelquefois en frontal avec une violence qui ne lui est pas forcément destinée, mais qu’il se reçoit en pleine figure", explique Jacques Oberti, le président de l’association des maires de France en Haute-Garonne qui a organisé ces formations avec la gendarmerie.

Jacques Oberti - président de l'Association des maires de France 31

"Je n’avais jamais vu de formation de ce type-là. On va gagner énormément de temps dans la résolution des conflits qu’on peut avoir dans nos mairies quand vous avez des personnes qui sont très remontées, d’avoir la bonne posture pour les accueillir, faire tomber la pression, et ensuite trouver des solutions pour les résoudre."

Une quinzaine de sessions de formation de la gendarmerie sont prévues en Midi-Pyrénées, 700 élus de la région seront formés à la gestion de crise.

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