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Faits divers – Justice

ISERE : Le casse-tête de l’abandon du glyphosate

jeudi 13 septembre 2018 à 18:32 Par Léopold Strajnic et Élisa Montagnat, France Bleu Isère

A l’occasion de la 799e foire de Beaucroissant, avec notre partenaire « Terre Dauphinoise », France Bleu Isère explore les thèmes qui tourmentent le monde agricole. Comment se passer du glyphosate ? Reportage

En plus des semences bio, Jean-François Charpentier s’est lancé dans l’élevage de poules bio il y a tout juste trois mois
En plus des semences bio, Jean-François Charpentier s’est lancé dans l’élevage de poules bio il y a tout juste trois mois -

Grenoble, France

Luc Chausson est agriculteur à Vernioz (Isère). Comme beaucoup de ses collègues, il est souvent agacé par ce qu'il entend dans les médias, et ressent une certaine pression de la société. "L’autre jour, je pulvérisais sur la luzerne de semence, au moment où une cycliste passait, elle s’est empressée de mettre son mouchoir sur son visage… Alors que ce n’était pas un pesticide mais un engrais foliaire à base de beurre ! Donc c’est bien que les gens sont conditionnés, ils ne savent pas ce qu’on fait."

Depuis deux ans, Luc Chausson travaille sur le modèle de l'agriculture de conservation : il ne laboure pas le sol pour le préserver, et réduit au maximum l'utilisation de pesticide. Pour cela, il réalise des couverts, autrement appelé engrais verts, qui occupent le sol entre deux récoltes. Mais reste le problème de l'ambroisie (plante invasive dont le pollen est particulièrement allergisant ndlr), difficile à éradiquer quand on travaille en non labour. 

Sur le glyphosate, on évolue pour préserver l'avenir de la planète

"Le glyphosate c’est le seul désherbant total qui permet de se débarrasser de l’ambroisie"

Les plantes indésirables et surtout l'ambroisie, ça inquiète aussi Jean François charpentier, agriculteur et éleveur bio à Thodure (Isère), qui doit trouver d'autres solutions que le glyphosate pour ses semences bio.

"On sait qu’en bio c’est un sujet délicat, il va falloir passer des heures de main d’œuvre à arracher l’ambroisie dans les terres"

Depuis trois ans il n'utilise plus de glyphosate. Ce qui l'a poussé à arrêter totalement, ou plutôt ceux qui l'on poussé, ce sont les jeunes qu'il a engagé "C’est vrai que ça évolue, en deux trois ans qu’ils sont là on évolue dans le bon sens, mais on a conscience que tout le monde ne va pas se donner les moyens de le faire, c’est beaucoup de temps".

Passer beaucoup de temps, ça veut dire plus de travail pour les salariés, et une perte financière. Mais il a fait ce choix :

"Parce qu'on évolue, parce que qu’on entend des choses, même si parfois c’est exagéré, on ne peut pas faire la sourde oreille, parce qu’on a une responsabilité pour l’avenir de la planète."

Le glyphosate est classé comme cancérogène probable pour l’Homme par le centre international de recherche sur le cancer.

En France il est maintenant interdit pour les collectivités d'utiliser le produit, les particuliers devront s'en passer en 2019, les agriculteurs en 2021, quant aux Etats membres de l'Union européenne, ils devront bannir le glyphosate deux ans plus tard, en 2023.