Faits divers – Justice

Rhône-Alpes : retour au calme après les soulèvements des gens du voyage en Isère et en Savoie

Par Denis Souilla, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu mercredi 21 octobre 2015 à 9:41

Devant la gare de Moirans, au lendemain des emeutes.
Devant la gare de Moirans, au lendemain des emeutes. © Radio France - Marie Rouarch

Le calme est revenu mercredi à Moirans (Isère) et à Aiton (Savoie). La veille, une centaine de gens du voyage incendiaient des voitures, au même moment une mutinerie se déclenchait en prison. Deux soulèvements pour réclamer la sortie d'un détenu pour qu'il assiste aux obsèques de son frère.

Le calme est revenu ce mercredi à Aiton (Savoie) et à Moirans (Isère) après des scènes de guérilla urbaine la veille. Une centaine de personnes issues de la communauté des gens du voyage -sédentarisés- avaient mis le feu à des voitures mardi après-midi. Ils exigeaient que l'un des leurs proches, détenu au centre de détention d'Aiton (Savoie) obtienne un droit de sortie pour assister aux obsèques de son frère. Ce dernier figurait parmi les victimes d'un accident à Saint-Joseph-de Rivière (Isère) dans la nuit de vendredi à samedi dont le bilan s'élève à trois morts et un blessé grave. Quatre jeunes équipés pour mener des cambriolages avaient été retrouvés dans une voiture volée. Pendant les émeutes de Moirans mardi, dans le département voisin, en Savoie à une centaine de kilomètres, par solidarité avec le détenu qui a perdu son frère, une mutinerie a aussi éclaté.

Une tension toujours palpable

11h50 - La Justice rejet de la demande d'autorisation de sortie sous escorte du détenu pour assister aux obsèques. Le mère, effondrée, décide d'annuler la cérémonie.

11h06 -_ _Une dizaine de voitures ont aussi été incendiées mardi soir à Voreppe (Isère), situé à sept kilomètres de Moirans. Les pompiers sont intervenus, ainsi qu'un détachement de gendarmes mobiles. Le calme est revenu mercredi. 

10h45 -_ _Les obsèques du jeune homme tué le week-end dernier dans l'accident d'une voiture volée se tiendront finalement, comme prévu initialement, mercredi après-midi à Moirans (Isère), ce qui laisse peu de chance à son frère détenu de pouvoir y assister. Elles se dérouleront à 14 heures à l'église de la commune.

10h28 - La situation pourrait encore évoluer dans la journée à Moirans, d'où la présence, en nombre,  des forces de l'ordre sur place. En effet, la communauté des gens du voyage attend la décision de justice qui devrait tomber dans la journée. Les auteurs des émeutes de mardi réclament toujours une permission de sortie pour l’un des leurs, détenu à la prison d’Aiton (Savoie), pour assister aux obsèques de son frère de 17 ans. 

10h00 -_ La préfecture de l'Isère précise que des évacuations de véhicules brûlés sont toujours en cours. Par ailleurs, "les gendarmes procèdent actuellement aux investigations nécessaires à l'identification des auteurs, en se basant notamment sur l'exploitation des enregistrements photo et vidéo pris au cours de opérations de maintien de l'ordre"_.

8h10 -_ Gérard Simonet, maire de Moirans, invité de France Bleu Isère, a regretté ce mercredi que le magistrat n'ait pas prévenu le préfet ou le maire de sa décision de ne pas donner de droit de sortie au détenu qui souhaitait se rendre aux obsèques de son frère. "On aurait pu anticiper et essayer de négocier", explique le maire. "Cette méthode pour protester, c'est intolérable, je ne peux pas cautionner cela_", ajoute l'élu isérois.

Gérard Simonet, maire de Moirans : "c'est intolérable"

7h50 - Invité de France Bleu Isère matin, le préfet de l'Isère, Jean-Paul Bonnetain, "ces actes ne peuvent rester impunis". Sur place, la situation est sous-contrôle et les moyens des forces de l'ordre sont suffisants (jusqu'à 180 gendarmes mobiles et 80 gendarmes).

Jean-Paul Bonnetain: pas d'interpellation mais tenir le terrain face aux émeutes

Dans une manœuvre d'affrontements face à un groupe d'une quarantaine ou une cinquantaine d'individus, vous pensez bien que je n'envoie pas deux gendarmes pour interpeller un des manifestants. (...) Nous n'avons aucun blessé du côté des forces de l'ordre alors même que nous étions sous des jets de pierres.

—Jean-Paul Bonnetain, préfet de l'Isère

Jean-Paul Bonnetain, préfet de l'Isère, invité de France Bleu Isère


7h20 - Invité de France Bleu Isère mercredi, en direct, André Bessot, adjoint au maire de Moirans en charge de la sécurité : "ce sont des personnes qui sont prêtes à tout" explique l'élu qui craint de nouvelles violences après les actes du mardi 20 octobre.

"Ce sont des personnes qui sont prêtes à tout"

7h00 - Notre reporter sur place Marie Rouarch confirme le retour au calme sur place, mais Moirans est quadrillée par les forces de l'ordre, la tension reste palpable devant la gare où quelques individus font face aux forces de l'ordre. Le trafic SNCF a bien repris ce mercredi. Les carcasses de voitures calcinées ont été dégagées des voies.

Des carcasses calicinées devant la gare de Moirans. - Radio France
Des carcasses calicinées devant la gare de Moirans. © Radio France - Marie Rouarch

Le Gouvernement dénonce des violences "inadmissibles" et "intolérables"

La garde des Sceaux, Christiane Taubira, a jugé mercredi "intolérables"  les saccages à Moirans (Isère) et la mutinerie à la prison d'Aiton (Savoie) et "insupportable" que l'on use de violences "pour contester une décision de justice", à savoir ce refus d'un juge d'application des peines d'octroyer une permission de sortie à un détenu pour se rendre à des obsèques. "Ces violences sont absolument condamnables, inacceptables, intolérables", a réagi la ministre de la Justice sur France 2. "Nous sommes dans une démocratie et il n'y a pas de vie possible dans une démocratie quand une décision de justice est contestée dans la violence. On est dans un État de droit, quand on n'admet pas une décision de justice, on saisit la justice", a-t-elle fait valoir. "Je n'ai pas à y être favorable ou pas, c'est le juge qui décide à partir des éléments, des pièces qui sont à sa disposition. Il y a un appel qui a été interjeté et la décision sera prise en toute indépendance et hors de toute pression", a-t-elle ajouté.

Des réactions politiques régionales et nationales

Moirans, en Isère - Radio France
Moirans, en Isère © Radio France - Denis Souilla