Collision du tram T2 en 2019 à Issy-les-Moulineaux : le rapport d'enquête pointe du doigt un freinage tardif
Un freinage tardif est l'une des causes de l'accident du tramway T2 en 2019 à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) qui avait fait 12 blessés : c'est l'une des conclusions du rapport du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA) publié il y a quelques jours.
Le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA) a publié son rapport sur la collision du tram T2 qui avait fait 12 blessés dont un grave en 2019 à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).
Les riverains s'en souviennent encore. C'était il y a deux ans, le 11 février 2019 à 21h00, sur la ligne de tramway T2 à Issy-les-Moulineaux, un tramway percute par l’arrière un autre tramway à l'arrêt. Les deux trams déraillent.
Les causes de cet accidents sont multiples
Le Bureau d'enquête a conclu que "La cause de cette collision par rattrapage est le freinage tardif du conducteur du tramway tamponneur". Mobilisé par d’autres tâches, il n'aurait pas vu à temps qu’une accumulation de rames se produisait devant lui.
Mais d'autres facteurs "techniques et organisationnels" sont à prendre en compte pour expliquer cette collision, précise le rapport.
Il y a aussi eu un problème de "localisation de la position d’arrêt de la rame percutée, à distance d’un feu ferroviaire". "L’accumulation de plusieurs rames dans la zone en raison du stationnement d’une rame en station en attente de relève de conducteur" a aussi été déterminante.
En cause également, la fréquence élevée des rames sur la ligne et une radio sol-train qui est peut-être tombée en panne momentanément ce qui n'aurait pas permis au conducteur d'entendre les messages d'alerte.
Les recommandations du Bureau d'enquête
Le BEA fait plusieurs recommandations à la RATP mais aussi à tous ceux qui exploitent des tramways en France pour que ce type d'accident ne se reproduise plus.
Pour le T2 parisien il faut, estime le BEA, augmenter la vigilance au moment des rentrées de nuit en fin d'heure de pointe.
Il faut d'avantage de visibilité à l'intersection Jacques-Henri Lartigue et Les Moulineaux pour que les rames puissent respecter les consignes des 200 mètres entre les trams.
Il faut aussi améliorer la communication entre les conducteurs et les régulateurs qui, sachant qu'une panne est possible, doivent s'assurer que les consignes sont bien passées.
Plus généralement, le BEA pense qu'il faut insister, au moment des formations, sur tout ce qui peut perturber l'attention des conducteurs. Il propose des campagnes pour sensibiliser le personnel sur le sujet. Il demande également que des actions soient mises en place pour évaluer puis améliorer la fiabilité de la radio sol-train qui doit permettre de transmettre rapidement les alertes.
Pour finir, le BEA s'adresse à l’ensemble des autorités organisatrices de la mobilité des réseaux de tramways. Il les invite à effectuer une "analyse des impacts d’exploitation sur le plan sécuritaire, sur l’ensemble de la ligne concernée lorsqu’une augmentation de fréquence est envisagée".