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Faits divers - Justice

"Cela aurait pu être moi", le témoignage glaçant d'un ex-directeur d'école évoquant le suicide d'une collègue

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Par , France Bleu Bourgogne

C'est dans une ambiance plombée qu'une centaine d'enseignants de Côte-d'Or se sont retrouvés à l'appel de leurs syndicats devant le rectorat. Certains arboraient un crêpe noir autour du bras en signe de deuil, d'autres tenaient des pancartes "stop souffrance au travail" ou "enseignant-e en deuil".

Une centaine d'enseignants s'est rassemblée devant le rectorat de Dijon ce jeudi en fin d'après-midi
Une centaine d'enseignants s'est rassemblée devant le rectorat de Dijon ce jeudi en fin d'après-midi © Radio France - Thomas Nougaillon

Dijon - France

Des rassemblements dans toute la France ce jeudi 3 octobre 2019 après le suicide de Christine Renon il y a une dizaine de jours. Cette directrice d’une maternelle de Pantin en Seine-Saint-Denis s'est donnée la mort dans son école. Elle a laissé une lettre derrière elle dans laquelle elle témoignait de son mal-être au travail. 

Un brassard noir

A Dijon ils étaient une centaine ce jeudi en fin d'après-midi -jour des obsèques de Christine Renon- rassemblés devant le rectorat. Émotion, colère, indignation c'est dans une ambiance plombée que certains enseignants ont pris la parole pour dénoncer leurs conditions de travail et rendre hommage à leur collègue. Certains arboraient un brassard noir. 

Maud est enseignante dans le second degré à Dijon - Radio France
Maud est enseignante dans le second degré à Dijon © Radio France - Thomas Nougaillon

Les sanglots étouffés de Philippe Choulot

Philippe Choulot, instituteur en retraite, a été directeur de plusieurs écoles de Côte-d'Or à Pichanges dans le canton d'Is-sur-Tille, à Dijon à l'école Les Varennes ou encore à Gemeaux. Il a lu la lettre de Christine Renon, le texte lui a rappelé ce qu'il a vécu dans sa carrière. "Moi j'avoue que j'avais les larmes aux yeux en la lisant parce que... ça aurait pu être moi" explique-t-il des sanglots étouffés dans la voix.

Philippe Choulot

Une centaine d'enseignants étaient présents ce jeudi à Dijon devant le rectorat pour un rassemblement symbolique - Radio France
Une centaine d'enseignants étaient présents ce jeudi à Dijon devant le rectorat pour un rassemblement symbolique © Radio France - Thomas Nougaillon

"Tous les matins on se demande ce qui va nous tomber sur le dos"

Philippe Choulot dit avoir pensé au suicide. "Quand on a une telle charge de travail, une telle charge émotionnelle à gérer parce qu'on a des collègues qui ne vont pas très bien, parce que on se demande tous les matins ce qui va encore nous tomber sur le dos. Il y a plein de directeurs d'écoles qui sont comme moi et qui se disent ça aurait pu être moi". 

Une centaine d'enseignants étaient présents ce jeudi à Dijon devant le rectorat pour un rassemblement symbolique - Radio France
Une centaine d'enseignants étaient présents ce jeudi à Dijon devant le rectorat pour un rassemblement symbolique © Radio France - Thomas Nougaillon

"Tout ce que décrit la collègue dans son courrier on le voit aussi en Côte-d'Or"

Sylvain Poupon, est professeur au collège Paul-Fort d'Is-sur-Tille, il est par ailleurs responsable du SNUDI -un syndicat de professeurs des écoles et d'instituteurs du premier degré- et membre du Comité Hygiène Santé et Conditions de Travail (CHSCT) départemental. Il confirme le mal-être enseignant dans notre département pourtant "assez préservé et rural". "Tout ce que décrit notre collègue dans son courrier on le voit aussi chez nous". 

Sylvain Poupon

Sylvain Poupon - Radio France
Sylvain Poupon © Radio France - Thomas Nougaillon

27 signalements au CHSCT depuis la rentrée en Côte-d'Or

Depuis la rentrée de septembre souffle Sylvain Poupon "on en est à 27 signalements de collègues pour des élèves qui frappent, des élèves complètement ingérables, des insultes de parents. Ils n'en peuvent plus". Quant aux directeurs d'écoles qui doivent remonter le moral des autres enseignants et assurer la gestion de leurs classes ils "manquent de décharges pour faire leur travail". Selon Sylvain Poupon, habituellement dans notre département, il y a 2-3 signalements par semaine mais depuis début début 2019 on tourne à 4-5 par jour!

Une centaine d'enseignants étaient présents ce jeudi à Dijon devant le rectorat pour un rassemblement symbolique - Radio France
Une centaine d'enseignants étaient présents ce jeudi à Dijon devant le rectorat pour un rassemblement symbolique © Radio France - Thomas Nougaillon

Minute de silence, salve d'applaudissements et pétition

A l'issue des discours les enseignants ont respecté spontanément une minute de silence improvisée. Ils se sont séparés après une émouvante salve d'applaudissements. Une pétition en ligne pour exiger des mesures concrètes pour améliorer les conditions de travail, a déjà recueilli plus de 100 000 signatures au niveau national. 

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