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"J'ai jamais voulu tuer la victime" déclare l'homme jugé pour avoir porté un coup de couteau à son psy

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Par , France Bleu Occitanie

Le procès d'un ancien patient accusé d'avoir voulu tuer son psychanalyste a débuté ce lundi devant la cour d'assises de Haute-Garonne. Le médecin a survécu à l'agression survenue en juin 2018. Il est aujourd'hui âgé de 75 ans.

 L'intérieur de la cour d'assises de Haute-Garonne.
L'intérieur de la cour d'assises de Haute-Garonne. © Radio France - Pascale Danyel

Un Toulousain âgé de 38 ans encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Il est jugé depuis ce lundi matin pour avoir agressé son ancien psychanalyste à son cabinet dans le centre-ville de Toulouse en juin 2018. Dès l'ouverture de son procès devant la cour d'assises de Haute-Garonne, Benjamin Perez, a répété ce qu'il a dit pendant l'instruction : "Je n'ai jamais voulu tuer la victime".  Il va devoir s’expliquer sur l’agression, coups de poing, coups de pied et coup de couteau dans le flan.

Victime présente à l'audience

La victime, âgée de 75 ans, assiste au procès. Ce psychiatre de l'école de Lacan est toujours en activité. À l'ouverture du procès, son épouse et sa fille se sont constituées parties civiles. Ce matin de juin 2018 il a failli perdre la vie, agressé à son cabinet par cet ancien patient qu'il avait suivi pendant six ans, à raison de deux ou trois séances par semaine. Il  avait mis fin à leur travail deux années plus tôt en raison de l’attitude trop violente de l'analysé.

Le psy met fin à l'analyse après que son patient soit rentré chez lui 

Le patient s'était notamment introduit au domicile du psy en son absence, s'était servi dans le frigo et avait dormi dans le lit de la fille de son analyste. "Cela a été un choc pour moi, pour ma fille et pour mon épouse" explique le psychiatre invité à s'exprimer la barre. "C’était un samedi nous étions parti chez des amis. Nous avons reçu l’appel de voisins et du restaurateur face à notre domicile. Ils étaient préoccupés car quelqu’un rodait et était tout le temps devant la maison" raconte le psychiatre avant de poursuivre :"une boîte de conserve et une bouteille de vin avait été ouvertes et le lit de ma fille défait." L'analyste détaille ensuite : "j’ai pris peur pour ma fille et ma famille, j'en en ai parlé (à l'accusé ndlr), il a démenti, donc je lui ai dit que c’était terminé, que je ne pouvais plus poursuivre avec lui et je l’engageais à aller voir un psychiatre." Pour toute réponse l'analyste rapporte avoir reçu des menaces : "_il a dit qu’il allait me régler mon compte_, exiger le remboursement de toutes les séances, me pourrir la vie et s’occuper de moi et de ma femme."

Les témoins dépeignent un accusé agressif

Au premier jour du procès les témoins défilent à la barre et dépeignent un accusé au comportement surprenant :  il usurpe la qualité de psychanalyste en s’inscrivant auprès de l’URSSAF, il passe des coups de fil agressifs à un ponte de l’école de psychanalyse de Toulouse, il s’en prend physiquement à d’autres médecins et même à deux de ses enseignants à l’université et agresse sexuellement une femme. Pour ces faits, Benjamin Pérez a été condamné en décembre 2016 à un an de prison avec sursis assorti d'un suivi socio-judiciaire de 3 ans.

Le psy doit la vie à une de ses patientes dont les cris font fuir l'agresseur

La cour entend également le témoin-clé, une femme, elle aussi patiente du psy, mais aussi consœur, qui a assisté à l'agression. Elle raconte, des trémolos dans la voie : "j'entends sonner, il entre, il a des lunettes, des cheveux masquant son visage et une étrange dégaine, _tout de suite il se jette sur le psy_, il lui donne des coups de poing au visage, puis une fois le psy à terre il le frappe avec je que je prenais pour des clés (en fait un couteau dépliable ndlr)." La patiente se trouve un mètre, elle hurle d’arrêter, il stoppe puis quitte le cabinet et descend les escaliers. Sur le moment, la femme n’identifie pas l’agresseur. Elle le connaissait, il l’avait harcelée un an auparavant. "J’avais croisé Mr Pérez lors de précédentes consultations, il connaissait les horaires" précise cette femme de 48 ans qui travaille à la Cité de l'espace de Toulouse. "Je venais toujours à 9h, mais depuis que ma charge de travail avait augmenté j’avais avancé mon rendez-vous à 8h45. C’était tous les mardis depuis des années". Questionnée par le président de la cour, elle précise : "Je n’avais aucun doute sur les intentions de Mr Perez, j’ai cru qu’il allait l’achever."

"Une marionnette livrée à elle-même"

L'avocat de l'accusé entend dénoncer l’échec du travail d’analyse sur cet homme qui fait beaucoup plus jeune que son âge : 38 ans cheveux bruns très sombres relevés en chignon. Pour maître Georges Catala : « le médecin a chassé le malade et du jour au lendemain le malade s’est retrouvé désappointé, comme une marionnette livrée complètement à elle-même. »

Le procès doit durer jusqu’à mercredi.

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