Faits divers – Justice

Jacqueline Sauvage renonce à faire appel de son maintien en prison

Par Julie Guesdon, France Bleu Orléans et France Bleu jeudi 18 août 2016 à 15:54

Jacqueline Sauvage n'avait pu bénéficier d'une libération conditionnelle
Jacqueline Sauvage n'avait pu bénéficier d'une libération conditionnelle © Maxppp -

Après son refus de liberté conditionnelle, malgré la grâce présidentielle dont elle bénéficiait, Jacqueline Sauvage a annoncé ce jeudi par l'intermédiaire de ses avocates qu'elle renonçait à faire appel.

Jacqueline Sauvage, 68 ans, condamnée à dix ans de réclusion pour le meurtre de son mari violent, a renoncé à faire appel après le refus de la justice de lui accorder une libération conditionnelle, ont annoncé jeudi à l'AFP ses avocates. Le parquet, qui soutenait une libération conditionnelle, ne fera pas non plus appel: une telle démarche était en effet, sur le plan de la procédure, conditionnée à un appel de la défense.

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Elle est "épuisée de l'acharnement judiciaire à son encontre", ont indiqué Me Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta. Le tribunal d'application des peines de Melun (Seine-et-Marne) avait refusé le 12 août d'accorder une libération conditionnelle à cette femme de 68 ans, devenue le symbole des violences conjugales et partiellement graciée par François Hollande.

Mme Sauvage "pourra déposer une nouvelle demande de libération conditionnelle si elle le souhaite", a précisé la procureure de Melun, Béatrice Angelelli. Mais, "à ce jour, notre cliente n'est pas dans cet état d'esprit", ont souligné les avocates de Mme Sauvage.

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Le parquet avait déjà fait appel de cette décision, mais comme Jacqueline Sauvage renonce à sa demande, elle ne peut pas lui être accordée. Le parquet était de son côté, et avait fait appel de la décision de ne pas la libérer. Mais comme la principale intéressée se désiste de sa demande, l'appel n'a plus lieu d'être. Jacqueline Sauvage pourra formuler une nouvelle demande de libération conditionnelle, ou attendre la fin de sa peine. Avec la grâce partielle accordée par le président de la République, c'est dans un peu moins de deux ans, en juillet 2018.

Pour rappel, dans sa décision, le TAP de Melun avait notamment reproché à Mme Sauvage "de ne pas assez s'interroger sur son acte" et avait estimé qu'elle ne pouvait "prétendre vivre à proximité des lieux des faits, dans un environnement qui, compte tenu des soutiens dont elle bénéficie, et de la médiatisation des faits, risquerait de la maintenir dans une position victimaire".

Ses avocates avaient dénoncé un "véritable acharnement judiciaire" de la part de magistrats "qui probablement règlent leurs comptes car la grâce présidentielle a été extrêmement mal perçue par l'ensemble de la profession".

Le comité de soutien "Libérez Jacqueline" demande maintenant à François Hollande la grâce totale puisqu'il n'y a plus d'appel et a annoncé un rassemblement le 10 septembre à Paris, dans un lieu restant à déterminer. Une nouvelle pétition a été lancée, il y a quelques jours.