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Faits divers – Justice DOSSIER : Procès Jacques Rançon

Jacques Rançon fait craquer les parties civiles dès l'entame de son procès

lundi 5 mars 2018 à 22:40 - Mis à jour le mardi 6 mars 2018 à 8:01 Par François David, France Bleu Picardie, France Bleu Roussillon et France Bleu

Sur les sept parties civiles, elles n’étaient plus que trois ce lundi soir à assister au procès du "tueur de la gare de Perpignan". Les autres ont préféré quitter la salle.

L'avocat des parties civiles Maitre Nicolau réconforte Conception Gonzalés
L'avocat des parties civiles Maitre Nicolau réconforte Conception Gonzalés © Radio France - François DAVID

Perpignan, France

Ainsi donc, le voilà. L’homme qui a fait régner la terreur pendant des années à Perpignan pénètre dans le box des accusés, ce lundi à 14 heures. Tous les regards et toutes les caméras sont braqués sur lui. Mais lui baisse les yeux. Livide, Jacques Rançon donne l’impression de vouloir s’enfoncer dans son siège. 

Totalement impassible, il semble absent lorsque s’effectue le tirage au sort des jurés, et que défilent devant lui les hommes et les femmes qui vont devoir le juger. Jacques Rançon est comme statufié dans son box. "On croirait qu’il s’est endormi", souffle un magistrat.

Les parties civiles craquent

Face à Jacques Rançon, les parties civiles peinent à contenir leur émotion. La mère de Marie-Hélène Gonzales éclate en sanglots. L’épreuve tourne au supplice lorsque le président donne lecture du dossier : les viols, les meurtres, les mutilations et les terribles rapports d’autopsie.

Maitre Nicolau : « Les familles ne pourront pas supporter cela un jour de plus »

Après la suspension d’audience, ils ne sont plus que trois sur le banc des parties civiles. Les autres ont préféré quitter la salle. « L’épreuve leur est insupportable » explique leur avocat Maitre Etienne Nicolau

Pas un mot d’excuses

Jacques Rançon se lève dans son box. Vêtu d’un T-shirt orange et d’une veste grise, il est pataud, quasiment obèse. D'une voix mal assuré, il marmonne : "Je ne sais pas par quoi commencer." Si les parties civiles attendaient des excuses, des regrets ou un mot de compassion, elles devront patienter…

"J’ai gâché ma vie" (Jacques Rançon)

L'accusé préfère évoquer son enfance misérable dans la Somme, "dans un cabane en bois à l’écart du village. J’étais le pestiféré. Je n’avais aucun ami". L’avocat des parties civiles fulmine : "La pauvreté ne donne pas le droit de tuer", lâche Maître Etienne Nicolau. "Les victimes n’étaient pas mieux loties. Le soir de leur disparition, elles n’avaient même pas l’argent pour se payer un taxi."

Lorsque Jacques Rançon parle de sa première condamnation à 8 ans de prison pour viol, il estime que cela ne lui a « servi à rien ». Avant de conclure : "J'ai gâché ma vie ». Sa famille, son entourage ? Il en parle en des termes fort peu élogieux. Sa mère, une "simplette". Son ancienne compagne, « pas terrible ». Quant à ses premiers enfants, il les a abandonnés. 

Des réponses glaçantes

Jacques Rançon ne confesse qu'une seule passion, les voitures. Et alors qu'il est capable de citer dans les moindres détails les marques et les modèles de toutes celles qu'il a possédées ou volées, dès qu'une question le gène, il joue l’amnésique. « Je ne sais pas »

Au président qui lui demande quelle différence il fait entre une relation avec une femme consentante, et un viol, il répond inlassablement : "Je ne sais pas." Et quand le président lui fait remarquer que le soir-même de son premier viol dans la Somme, il téléphonait à sa victime dans l'espoir de bavarder avec elle : "Pensez vraiment qu'après un viol, on peut faire ami-ami ?"

"Oui, répond Jacques Rançon, j'y ai cru."