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Faits divers – Justice DOSSIER : Procès Jacques Rançon

Jacques Rançon, un "monstre" face à ses victimes

dimanche 4 mars 2018 à 18:20 - Mis à jour le lundi 5 mars 2018 à 7:18 Par François David, France Bleu Roussillon et France Bleu

Le procès du "tueur de la gare" de Perpignan s’ouvre ce lundi devant les assises des Pyrénées-Orientales. Le face-à-face avec les sept parties civiles s’annonce d’une terrible intensité.

Reconstitution sur les lieux du crime de Marie-Hélène Gonzales (en 2015).
Reconstitution sur les lieux du crime de Marie-Hélène Gonzales (en 2015). © Maxppp -

Perpignan, France

« Je ne sais pas si je vais tenir le coup de le voir en face de moi », prévient Conception Gonzalés, dans un sanglot. Ce lundi à 14 heures, la mère de Marie-Hélène va prendre place sur le banc des parties civiles, au Palais de Justice de Perpignan.

20 ans après la découverte du corps de sa fille atrocement mutilé, Conception Gonzalés n’a qu’une seule idée en tête, « massacrer Jacques Rançon, le faire payer pour avoir détruit sa vie et celle de sa fille ».

Les yeux dans les yeux avec leur bourreau

Exceptionnellement, les sept parties civiles ont obtenu l’autorisation de s’asseoir en hauteur, juste en face de l’accusé. « Jacques Rançon ne doit pas être au centre du procès. C’est la place des victimes », justifie Maitre Etienne Nicolau. « J’ai voulu qu’elles aient un emplacement privilégié, non pas au premier rang du public, mais derrière moi, face à l’accusé ».

Des craintes concernant l’attitude de Jacques Rançon

Bien que terrorisé à l’idée du procès, Jacques Rançon aurait l’intention de coopérer et « d’apporter aux victimes les réponses qu’elles attendent » selon son avocat Maître Xavier Capelet. 

Mais que faut-il attendre d’un individu qualifié de « psychopathe » par les experts, et qui fait souvent preuve d’une crudité sidérante dans ses propos. « C’est vrai qu’il a un vocabulaire limité. Il a tendance à utiliser des mots qui ne sont pas appropriés et qui vont peut-être choquer les victimes et le public », reconnait son avocat. « Mais ce n’est pas délibéré de sa part ».

Un comportement parfois glaçant

Même les enquêteurs et les experts, pourtant expérimentés, ont parfois été estomaqués lors des auditions. Le plus froidement du monde, Jacques Rançon leur a expliqué, par exemple, qu’il préférait les « femmes à gros nichons » et qu’il est tombé sur Moktaria Chaïb « comme qui dirait, par un coup de chance ». Il affirme qu’il ne souhaitait pas la tuer, mais que « ça lui est venu d’un coup quand elle a commencé à gueuler ». Et pour finir, qu’il l’a « _ouverte en deu_x »…

« Un homme monstrueux », selon Maitre Etienne Nicolau

Lors de la reconstitution du meurtre de Marie-Hélène Gonzalés, Jacques Rançon a encore une fois sidéré les magistrats, policiers et avocats par son comportement glaçant.

« Nous avons tous passé une nuit terrible » se souvient Maitre Etienne Nicolau. « Il s’est jeté comme un fou sur le mannequin représentant la victime. Et il a refait les gestes de son crime avec un plaisir manifeste. Ce jour-là, nous avons tous réalisé ce qu’il était capable de faire, et ce qu’avait pu vivre Marie-Hélène ».

Un profil unique

Dans les annales judiciaires françaises, il n’existe aucun précédent. Jamais une cour d’assises n’avait eu à juger un tueur en série, qui soit également un violeur et un dépeceur.

Selon les experts qui l’ont examiné, Jacques Rançon présente une personnalité de psychopathe, impulsive, intolérante, sans aucune empathie ni conscience morale. Ce qui fait de lui « un sujet peu curable ».

Déjà condamné à cinq reprises, notamment pour viol et agression sexuelle, l’homme de 57 ans a déjà passé plus du tiers de sa vie d’adulte en prison. Cette fois, il encourt la perpétuité. 

« C’est l’unique enjeu de ce procès » selon Maitre Etienne Nicolau, l’avocat des parties civiles « Mettre Jacques Rançon hors d’état de nuire, avec la peine maximale. Et qu’il finisse sa vie en prison ».