Faits divers – Justice

Jawad Bendaoud jugé à Bobigny : huit mois de prison ferme et trois heures de garde à vue

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris Région et France Bleu jeudi 26 janvier 2017 à 20:14

Le tribunal de Bobigny
Le tribunal de Bobigny © Radio France - Rémi Brancato

Une apparition mouvementée ce jeudi au tribunal correctionnel de Bobigny pour Jawad Bendaoud, soupçonné d'avoir logé les terroristes du 13 novembre à Saint-Denis. Jugé pour trafic de drogue avec un autre prévenu, il a copieusement insulté les policiers qui l'escortaient.

Jawad Bendaoud, soupçonné par les juges qui enquêtent sur les attentats du 13 novembre d'avoir logé des terroristes à Saint-Denis, a été condamné ce jeudi à huit mois de prison ferme pour trafic de stupéfiants. Mohammed, le prévenu jugé à ses côtés, écope lui de deux ans ferme.

Insultes aux policiers dans la salle d'audience

Mais celui qui s'est fait connaître lors de son interpellation à Saint-Denis au matin de l'assaut antiterroriste du 18 novembre, en direct à la télévision, est aussi passé par la case garde à vue pour "outrage", "menaces de mort" et "apologie du terrorisme". A son arrivée à l'audience, il insulte en effet copieusement les policiers qui l'escortent. "Ils m'ont tapé à coups de matraque" accuse-t-il, hurlant. Son avocat lui prend la tête dans les mains, tente de le calmer, sans succès. La présidente du tribunal le renvoie finalement au dépôt.

Le procès se déroule sans lui, mais en présence de l'autre prévenu, jugé pour avoir fourni de la cocaïne à Jawad, chargé ensuite de la transformer en crack et la revendre à Saint-Denis. Un procès qui se déroule suite aux déclarations de Jawad Bendaoud devant les juges antiterroristes.

Les avocats dénoncent un procès basé uniquement sur ses déclarations

Pour Marie Pompéi Cullin, l'un de ses deux avocats, c'est "inadmissible" de fonder ce procès sur la base de ces simples déclarations. "Quand il vous dit qu'il n'est pas terroriste, personne ne l'écoute, quand il vous dit qu'il est trafiquant de drogue, on le renvoie devant le tribunal correctionnel, c'est un peu curieux" commente son autre avocat Xavier Nogueras.

Il rappelle aussi ses conditions de détention, à l'isolement, à la maison d'arrêt de Villepinte, qu'il dénonce "depuis des mois", un "acharnement", selon lui. "Tout le monde sait qui il est, tout le monde rit de lui, tout le monde le piétine, pas une semaine sans que son nom n’apparaisse dans la presse" plaide-t-il à la barre. Une affirmation qui s'est vérifiée une fois de plus.