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Faits divers – Justice

"Je me déteste, j'ai du mal à vivre" confie l'accusé du meurtre de la maison de retraite de Montferrier-sur-Lez

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Par , France Bleu Hérault

Accusé du meurtre en novembre 2016 d'une employée de la maison de retraite pour prêtres de Montferrier-sur-Lez, Eric Boucher est jugé depuis ce jeudi par la cour d'assises de l'Hérault. Il assure qu'il était venu pour un cambriolage et n'arrive pas à expliquer pourquoi il en est arrivé à tuer.

L'accusé n'arrive pas à justifier pourquoi il en est arrivé à tuer une employée de l'Ehpad de Montferrier
L'accusé n'arrive pas à justifier pourquoi il en est arrivé à tuer une employée de l'Ehpad de Montferrier © Radio France - Salah Hamdaoui

Montferrier-sur-Lez, France

Eric Boucher a 50 ans. C'est un homme grand, à l'allure sportive, les cheveux très courts poivre et sel, le visage émacié. Pour le premier jour de son procès pour un meurtre commis en novembre 2016 à Montferrier-sur-Lez, il porte un polo gris à manches longues et un pantalon bleu marine. Questionné sur son parcours par le président de la cour d'assises de l'Hérault, il a le verbe facile. Il passe assez vite sur son enfance, son père alcoolique et colérique, le divorce quand il avait cinq ans, puis la vie avec sa mère et quatre sœurs. 

Toujours quelque chose qui ne va pas

Ce qui ressort nettement de sa vie d'adulte, c'est son instabilité professionnelle. Il aime travailler dit il mais ne garde jamais le même emploi, sans trop pouvoir expliquer pourquoi. C'est le cas en prison, depuis qu'il y est. Et même à l'armée pour laquelle il a devancé l'appel et où il passera près de deux ans chez les parachutistes, son contrat sera résilié parce qu'il est considéré comme déserteur. Deux fois, il travaillera dans la maison de retraite les Chênes verts de Montferrier en tant que veilleur de nuit et à chaque fois il a démissionné. Cette maison de retraite où il reconnait avoir tué de plusieurs coups de couteau une des employées, il y a près de trois ans.

Accro aux jeux vidéos et à l'Airsoft

À cette époque, sa compagne et lui ont deux enfants et connaissent de graves difficultés financières : loyers impayés, menace d'expulsion, recours à la Banque alimentaire et dossier de surendettement "pour arrêter l'hémorragie".  Il se replie sur lui-même, n'a plus aucune relation avec son entourage, fume du cannabis et devient accro aux jeux vidéos et à l'Airsoft, qui consiste à tirer des billes en plastique sur ses adversaires avec des répliques d'armes réelles, habillé en militaire. 

Une opération commando

C'est justement avec sa tenue d'Airsoft qu'Eric Bouchet s'est introduit ce soir-là dans la maison de retraite. Treillis, veste militaire, cagoule et masque noirs. En main, une vraie-fausse Kalachnikov et un pistolet Taurus. Lui-même parle d'une opération commando. "Ça ne veut pas dire qu'il est venu pour tuer" s'empresse de préciser Me David Mendel, son avocat. Aidé par l'expert psychiatre qui écarte lui aussi l'intention criminelle. Il pense plutôt qu'Eric Bouchet, "immature", a déporté le jeu Airsoft dans la réalité. Comme si le cambriolage était l'occasion de jouer une partie.  

"Tout ce qui s'est produit, je le regrette. J'ai du mal à vivre, je me déteste."- Eric Boucher, accusé de meurtre

Seulement, il y a ce moment crucial dans la buanderie où la lingère, dans un geste désespéré, lui arrache son masque. "Un risque qu'il n'avait pas anticipé et qu'il n'a pas su gérer" selon l'expert psychologue. À tel point que la victime a été retrouvée baignant dans une mare de sang, le corps lardé de six coups de couteau.

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