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"Je n'ai pas pu lui dire au revoir", le chagrin d'un marocain de Rouen qui n'a pas pu revoir sa mère

Drôle de mésaventure pour Abdellah Khayr. Ce marocain de 62 ans qui vit en France depuis quarante ans a perdu ses papiers l'été dernier. Sa mère est tombée malade au Maroc en novembre. Il a demandé un titre de séjour en urgence à la préfecture, mais en vain. Sa mère est décédée.

Abdella Khayr n'a pas pu obtenir de duplicata de son titre de séjour à temps pour revoir sa mère vivante.
Abdella Khayr n'a pas pu obtenir de duplicata de son titre de séjour à temps pour revoir sa mère vivante. © Maxppp - Bruno Levesque

L'administration française a t'elle fait preuve d'inhumanité à l'égard d'Abdellah Khayr ? Pour son avocate, la réponse est clairement oui ! L'histoire commence fin août dernier, quand ce marocain de 62 ans perd son titre de séjour. Un titre valable jusqu'en 2028 et qu'il n'a jamais eu de difficultés à renouveler jusqu'ici. Abdellah vit en France depuis quarante ans, il y est marié avec une française avec laquelle il a quatre enfants. Le sexagénaire demande donc un duplicata à la Préfecture de la Seine-Maritime qui lui annonce trois mois de délai. Mais deux mois et demi plus tard, sa maman restée au Maroc tombe gravement malade et ses jours sont comptés. Abdellah explique donc à la Préfecture qu'il a besoin de ses papiers ou au minimum d'un document lui permettant de revenir en France s'il se rend au Maroc. 

Une atteinte grave à sa liberté fondamentale d'aller et venir

Malgré un certificat médical du médecin de sa mère, l'administration lui demande de patienter. Six jours plus tard, il saisit donc la justice administrative qui ordonne à la Préfecture de lui délivrer ce document. "La juge a estimé qu'il y avait une atteinte grave à sa liberté d'aller et venir et de mener une vie privée et familiale normale" explique Mansouria Billoré-Tennah, l'avocate d'Abdellah. L'affaire aurait pu se régler à ce moment là. Mais la préfecture tarde à s'exécuter. Il est d'ailleurs déjà trop tard, la maman d'Abdellah est décédée dans la nuit. Le sexagénaire décide donc de rentrer quand même au Maroc. À l'aéroport, il explique la situation aux agents de la police aux frontières. "Je leur ai montré le certificat de décès et la photocopie de mon titre de séjour et ils m'ont dit, allez-y Monsieur bon voyage"

"La préfecture a été incapable d'avoir une once d'humanité" - Maître Mansouria Billoré-Tennat

Abdellah a pu enterrer sa mère, mais il a du se battre encore pour obtenir un visa pour rentrer en France. Entre temps, son duplicata est prêt, mais l'administration lui demande de venir le chercher lui-même alors qu'il est bloqué au Maroc. Il faudra toute la pugnacité de l'épouse d'Abdellah auprès du Consulat de France au Maroc pour débloquer la situation. L'avocate de la famille Khayr déplore la lenteur et surtout la mauvaise volonté de l'administration."La Préfecture a été incapable de discuter, incapable d'avoir une once d'humanité" enrage Maître Billoré-Tennat. Finalement Abdellah Khayr a obtenu un visa. Il attendait mercredi soir le résultat de son test PCR avant d'espérer pouvoir prendre un avion de retour vers la France ce jeudi et retrouver sa famille et son travail.

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