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"Je n’avais jamais vu une telle violence" : le principal-adjoint de Rivesaltes témoigne après son agression

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

Trois jours après avoir été violemment frappé par un parent d'élèves, le principal-adjoint du collège de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) n’a pas encore repris le travail. Ce vendredi, son agresseur a été placé en détention provisoire dans l’attente de son procès.

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp - Alexis Sciard

Trois jours après les faits, son visage témoigne encore de la violence du coup de poing. "Il m’a fracassé la pommette, j’ai une plaie à l’intérieur de la bouche et une dent abîmée", détaille le principal-adjoint du collège Joffre de Rivesaltes, le cou toujours enveloppé dans une minerve. "Je récupère doucement. Physiquement, il me faudra encore quelques jours. Mais psychologiquement, je pense que ce sera beaucoup plus long. Même si les nombreux soutiens que je reçois m’aident à remonter la pente."

Mardi, à la sortie des cours, ce professionnel aguerri a tenté de calmer un parent d’élève passablement énervé devant le portail de l’établissement, "il était comme un lion en cage". Sur les images de vidéosurveillance que nous avons pu visionner, on voit le principal-adjoint discuter avec lui – les mains dans les poches – avant de recevoir subitement un coup de poing. La violence est telle que cet ancien rugbyman pesant près de 100 kg est projeté au sol

"J’ai seulement essayé de déminer une situation de tension devant le collège, comme cela arrive de temps en temps", explique la victime qui se décrit comme "un homme de terrain". "Je suis allé voir ce monsieur parce qu’il semblait y avoir un malentendu avec un surveillant. Mais son niveau de colère était déjà trop important pour réussir à apaiser la situation. Je n’ai même pas perçu le départ du coup de poing, je n’ai rien vu venir. Cela a été d’une vitesse et d’une violence impressionnantes."

Un agresseur au très lourd passé judiciaire

Présenté ce vendredi matin en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Perpignan, l’agresseur a refusé de s’exprimer et a demandé un délai pour préparer sa défense, comme la loi l’y autorise. Le procès a été renvoyé au 30 octobre. Ce qui va permettre de réaliser une expertise psychiatrique sur le prévenu.

En attendant, le tribunal a exigé son maintien en détention, au vu de sa dangerosité, et du "risque de nouvelles violences et de pressions sur les témoins et la victime".  L’homme de 44 ans traîne derrière lui un lourd passé judiciaire. "Son casier judiciaire comporte sept condamnations, dont quatre pour des faits de violence", détaille le substitut du procureur. 

Père de trois enfants scolarisés au collège de Rivesaltes, le prévenu était sorti de prison le 22 mai dernier, après avoir purgé une peine de 10 ans de réclusion pour "violences avec armes ayant entraîné une infirmité permanente", en l’occurrence des coups de barre de fer assénés à son voisin, en octobre 2012, à Rivesaltes.

Risque de nouvelles violences

"Le maintien en détention du prévenu est un vrai soulagement, à la hauteur du traumatisme subi par mon client", reconnait Maitre Laurent Comanges, l’avocat de la victime. Surtout que l’agresseur, au moment de son interpellation, a lancé des menaces. Le principal-adjoint confirme : "Il m’a dit qu’il allait revenir. S’il avait été libéré aujourd'hui, j’étais prêt à quitter le département… "

Confronté pour la première fois de sa carrière à un tel degré de violence, le principal-adjoint redoute les conséquences de son agression. "Désormais, j’y réfléchirai à deux fois avant d’aborder un parent d’élève énervé. Nous ne faisons pas ce métier-là pour être exposés à la violence. Malheureusement, les années passant, nous devons y faire face de plus en plus souvent."

Pas question pour autant de dénigrer le collège de Rivesaltes où il est arrivé depuis un an. "C’est un collège apaisé, très calme, malgré les difficultés sociales de certaines familles. C’est dommage qu’une telle agression vienne ternir l’image de l’établissement. Cela ne correspond pas du tout à la réalité au quotidien."

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