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Faits divers – Justice
Dossier : Grenelle des violences conjugales

"Je revois toujours ces scènes de violences" raconte une Mayennaise, témoin pendant l'enfance de violences conjugales

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Par , France Bleu Mayenne

Elle a vu son père battre sa mère pendant des années, quand elle était enfant. Une Évronnaise témoigne sur France Bleu Mayenne.

La mère d'Anne-Laure Mézière a été battue par son père pendant des années.
La mère d'Anne-Laure Mézière a été battue par son père pendant des années. © Radio France - Charlotte Coutard

Évron, France

Elle n'a pas été victime, mais témoin de violences conjugales. Anne-laure Mézière, 53 ans, vit à Évron depuis une trentaine d'années. Elle a grandi en région parisienne, et pendant toute son enfance, elle a vu son père, battre sa mère. Les coups ont commencé juste après la naissance d'Anne-Laure. "Pour le moindre truc, si ma maman avait le malheur d'adresser la parole à quelqu'un, ou si elle faisait tomber quelque chose sans faire exprès. C'était au départ des insultes, et puis après il passait à l'acte, il tapait. En fait elle se posait des questions, elle nous disait "c'est peut-être moi, quand votre père rentre ce soir faites attention, il ne faut surtout pas l'énerver". On était heureux que quand on allait à l'école et quand on sortait de cette maison", raconte la Mayennaise.

"C'était au départ des insultes, et puis après il passait à l'acte".

Cette maison, la mère d'Anne-Laure Mézière ne l'a jamais quittée. Elle est restée, à subir des coups, pour ne pas être séparée de ses quatre enfants selon sa fille. "Ce n'était pas le problème de le quitter, la peur c'était de nous perdre nous, les enfants. Elle ne voulait pas que l'on soit placés par l'État, et qu'elle ne puisse plus du tout nous récupérer", assure t-elle. "Elle s'est retrouvée piégée car elle n'avait pas de travail, ni famille, ni amis, car elle n'avait le droit de fréquenter personne. Elle ne connaissait que lui, et elle était sans argent", ajoute Annne-Laure.

"Ce n'était pas le problème de le quitter, la peur c'était de nous perdre nous, les enfants".

Selon sa fille, tout le monde savait ce qui se passait dans cette maison, mais selon Anne-Laure Mézière, sa maman n'a pas été protégée, ses enfants non plus. Et pour elle, les choses n'ont pas vraiment changé, 50 ans plus tard. "Psychologiquement, autant pour la femme que pour les enfants, c'est très compliqué. Une femme battue devrait pouvoir rester chez elle, et c'est l'homme qui devrait être placé quelque part. Pour moi, les femmes ne sont pas protégées du tout, ni les enfants, à l'heure actuelle. L'homme, c'est lui qui tape, c'est à lui d'être puni. En fait il n'est pas puni, on le laisse dans la maison, il a le droit de profiter de tout, de continuer à vivre comme si de rien n'était. Ces femmes c'est quand même leur maison aussi, et les enfants, qu'est ce qu'ils ont avoir là-dedans ? J'ai 53 ans et j'ai toujours ça dans ma tête, je ne dors pas la nuit, je revois toujours ces scènes de violences, c'est choquant".

"L'homme, c'est lui qui tape, c'est à lui d'être puni. En fait il n'est pas puni, on le laisse dans la maison"

Le reportage France Bleu Mayenne de Charlotte Coutard.

J'ai 53 ans et j'ai toujours ça dans ma tête, je revois toujours ces scènes de violences"

L'éviction du conjoint violent du foyer et la mise en place de bracelet électronique pour alerter les forces de l'ordre si l'homme violent s'approche du domicile seraient des solutions à mettre en place, pour éviter des drames selon Anne-Laure Mézière. 

"Je lui ai dit  que pour moi c'était lui qui l'avait tuée"

Sa maman est morte subitement à 48 ans d'une rupture d'anévrisme. Anne Laure est persuadée, que les coups de son père sont responsables. "Je lui ai dit  que pour moi c'était lui qui l'avait tuée, c'est même sur, vu tous les coups et vu le dossier qu'elle avait, beaucoup de traumatismes crâniens, les côtes, le visage, les bras, les jambes, le ventre, elle a été violée, c'est obligé qu'il y ait des séquelles". Son père est mort en 2007, 10 ans après sa mère en 1997, il n'a jamais été condamné.

Anne-Laure Mézière.

De nombreuses femmes mayennaises subissent au quotidien des actes de ce genre. Depuis le début de l'année, près de 150 procédures pour violences conjugales ont été engagées dans le département.

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