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Faits divers - Justice

"Je souffre encore de partout" : le témoignage aux assises d'une femme traînée par une voiture à Nantes

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Par , France Bleu Loire Océan, France Bleu

Depuis le début de la semaine, un homme de 41 ans est devant la cour d'assises de Nantes. Il est accusé d'avoir traîné son ancienne amie de 47 ans sur près de 2 kilomètres, dans le centre-ville de Nantes en décembre 2015. Lourdement handicapée, la victime a tenu à témoigner.

Le conducteur de la voiture est poursuivi pour des "violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente"
Le conducteur de la voiture est poursuivi pour des "violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente" © Radio France - Maureen Suignard

Nantes, France

"Pour faire simple, il s'agissait de blessures de guerre" témoigne l'un des médecins légistes à la barre. Pendant deux mois la femme se trouve dans le coma, le corps médical n'a pas beaucoup d'espoir. Elle a de multiples fractures, la peau et les muscles arrachés par le frottement contre le bitume sur plusieurs parties du corps. Mais elle est bien là, devant le tribunal, un fichu noir sur la tête pour cacher son crâne qui ne comporte plus que quelques mèches de cheveux. Elle se tient debout à l'aide de sa canne et dit encore "souffrir de partout dans son corps et dans sa tête." Elle s'exprime avec difficulté mais de manière intelligible : "Ce sont des cons. Je suis handicapée, c'est dégueulasse". Selon les médecins, elle aura des séquelles physiques et cognitives à vie.

L'accusé demande à prendre la parole et exprime des regrets à la vue de ses blessures. " Tout le monde me prend pour un monstre" lâche t-il dans un début de sanglot. En garde à vue, il avait affirmé de ne pas avoir vu qu'elle était restée accrochée à sa voiture. L'autre passager dit pourtant l'avoir alerté. "C'est impossible de ne pas s'en rendre compte", s'indigne la sœur de la victime à la barre puis ajoute "même à un chien on ne fait pas ça !" 

Des scènes de violences dans le passé 

La présidente questionne d'une voix douce la victime, vous étiez en couple avec l'accusé ? "On se voyait de temps en temps", répond la femme, "c'était pour moi un garçon tranquille". Pourtant, elle confirme ensuite un épisode précédent de violences où l'accusé lui aurait cassé les dents. L'accusé et la victime semblent avoir pour habitude de s'alcooliser ensemble, de prendre de la drogue parfois. La victime a déjà été condamnée pour des faits de violences avec arme sur un ancien compagnon. 

Ce jour de décembre 2015, tout a commencé par une dispute entre le conducteur de la voiture et son amie qui est assise à côté de lui. Une bouteille de Cognac a tourné entre les différents passagers de la voiture. L'homme la frappe, elle essaie de descendre à plusieurs reprises, jusqu'à ce que plusieurs témoins bloquent la voiture avec leurs propres véhicules. Là, elle arrive à sortir. Mais elle reste empêtrée dans la ceinture de sécurité dont l'enrouleur est cassé. C'est ensuite qu'elle est traînée au sol sur près de 2 kilomètres

La question désormais est de déterminer si le conducteur a pu s'en rendre compte. Ce mardi, un expert automobile a déclaré qu'il était impossible de voir dans le rétroviseur si "quelque chose était traîné au niveau de la route arrière droite". Les avocats des parties civiles veulent notamment s'appuyer sur les témoins de la scène qui s'exprimeront ce mercredi pour démontrer que l'accusé ne pouvait pas ignorer le fait que la femme était restée au sol. 

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