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"Il fallait de la prison ferme, ils ont bousillé ma vie" (Yannick, victime du Médiator)

Le tribunal de Paris a reconnu coupable ce lundi à Paris les laboratoires Servier de "tromperie aggravée" et d'homicides et blessures involontaires" dans l'affaire du Médiator et condamne le groupe pharmaceutique à 2,7 millions d'euros d'amendes. Réactions mitigées des parties civiles à Montpellier.

Les parties civiles avec leurs avocats après l'énoncé du délibéré dans l'affaire du Médiator
Les parties civiles avec leurs avocats après l'énoncé du délibéré dans l'affaire du Médiator © Radio France - Claire Moutarde

"La somme qu'ils nous donneront, ça ne remplacera jamais ma mère, ça ne me la ramènera jamais." Aurélia tient la photo de sa maman, morte il y a deux mois à l'âge de 80 ans. Elle est venue depuis Port Saint-Louis à la cour d'appel de Montpellier, spécialement équipée en visioconférence pour que les parties civiles dans l'affaire du Médiator puissent suivre le délibéré en direct. 

Les laboratoires Servier reconnus coupables de tromperie aggravée

Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu les laboratoires Servier coupables de "tromperie aggravée" et d'"homicides involontaires" et les a condamné à une amende de 2,7 millions d'euros. Ils devront par ailleurs verser 158 millions d'euros d'indemnisations aux 6.500 parties civiles. L'ex-numéro 2 et ancien bras droit du tout puissant Jacques Servier décédé en 2014, a été condamné à quatre ans d'emprisonnement avec sursis.

L'impossibilité de tourner la page pour les victimes

Cette décision est saluée par l'avocate montpelliéraine Catherine Szwarc qui défend 120 victimes dans le sud. "Aujourd'hui, les laboratoires Servier sont déclarés coupables, c'est vraiment important pour les victimes. J'ai le sentiment qu'elles (les victimes) ont été entendues aujourd'hui."

Maitre Catherine Szwarc, avocate montpelliéraine de 120 parties civiles

Il n'est pas question pour autant de pouvoir tourner la page ajoute l'avocate : "Elles ont été utilisées pour faire du profit, cette chosification est horrible pour elles. Vous savez, un de mes clients est mort cette nuit. Il devait être là aujourd'hui. D'autres auront des séquelles toute leur vie. Donc, ni les victimes, ni les familles ne pourront tourner la page dans cette affaire". Aurélia va même plus loin, "ils se sont servis d'humains pour faire des cobayes. C'est dégueulasse".

Maitre Catherine Szwarc, avocate montpelliéraine de 120 parties civiles

Il fallait de la prison ferme, Yannick Peira, victime du Médiator

Cette relative satisfaction tranche avec les réactions des parties civiles; des parties civiles déçues qu'il n'y ait pas eu de condamnation à de la prison ferme. "Bien sûr qu'il fallait de la prison ferme ! À commencer par Mr Servier qui est mort avant " réagit Yannick Peira, venu depuis Albias, dans le Tarn-et-Garonne. "Ils s'en sortent bien" renchérissent les époux Labat, de Montpellier.

Le grand flou pour les indemnisations

Les parties civiles qui sont encore dans le flou pour les indemnisations auxquelles elles auront droit, individuellement. Le tribunal n'est pas entré dans ces détails. Or, Yannick Peira, 63 ans, a beaucoup perdu : "J'ai été opéré à coeur ouvert, j'ai dû vendre ma maison pour élever mes enfants. J'étais seul avec eux. J'ai perdu mon travail de pâtissier. Est-ce que je vais récupérer tout ça ? Est-ce que je vais pouvoir racheter une maison et finir mes jours tranquillement sans être obligé d'aller aux Restos du coeur ? C'est pas rien ça ! Il faut le vivre !"

Yannick Peira, 63 ans, victime du Médiator

Un goût d'inachevé

Être présents à l'audience à Montpellier, c'était important pour ces 50 parties civiles, victimes et proches, venus de tout le sud : Montpellier, Lodève, Juvignac, Toulon, Port Saint Louis, Albias entres autres. Mais cette matinée laisse un goût d'inachevé. Les caméras, braquées sur les juges, n'ont pas filmé les prévenus, ce qui était pourtant très attendu par les victimes. "On voulait mettre un visage sur ces assassins, on n'a pas vu s'ils avaient du regret ou du remord. On avait besoin d'une image, d'une expression, là on a rien, même pas le son de leur voix. On a rien là. La parenthèse n'est pas fermée" regrette Aurélia Lopeo, venue de Port Saint Louis dans les Bouches-du-Rhône pour assister au délibéré.

Aurélia Lopeo est venue pour sa maman Maria décédée à 80 ans en janvier 2021

Des parties civiles qui bien souvent se voyaient pour la première fois ce lundi à la cour d'appel de Montpellier. Certains se sont promis de se revoir pour continuer le combat ensemble et créer une association.

Reportage à la cour d'appel de Montpellier

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