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Faits divers – Justice

"Je voulais qu'elle meure" : la meurtrière présumée d'une Charentaise mise en examen pour assassinat

lundi 30 octobre 2017 à 21:26 Par Margot Delpierre, France Bleu La Rochelle, France Bleu Poitou et France Bleu

La meurtrière présumée d'une salariée du centre d'hébergement "Cécile et Marie-Anne" de Poitiers a été mise en examen pour assassinat lundi et écrouée. "La préméditation ne fait aucun doute" selon le parquet.

Le procureur de la République de Poitiers, au centre, lors de la conférence de presse.
Le procureur de la République de Poitiers, au centre, lors de la conférence de presse. © Radio France - Margot Delpierre

Poitiers, France

La jeune mère de 20 ans, Guinéenne de nationalité, a été mise en examen lundi pour assassinat et écrouée. Elle risque la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre avec préméditation de Marina, une éducatrice spécialisée qui travaillait depuis mars 2016 au centre "Cécile et Marie-Anne" pour femmes en détresse, centre où la Guinéenne logeait avec son petit garçon.

C'est en effet sur son lieu de travail, rue Riffault, en plein-centre ville de Poitiers, que Marina, 39 ans, charentaise d'origine, a été tuée à coups de couteau samedi matin.

Persuadée que les éducatrices se sont liguées contre elle

La résidente dit avoir préparé le meurtre deux jours avant de passer à l'acte. Pourtant, arrivée au centre en juin 2016 quelques semaines avant d'accoucher, cette mère célibataire entretenait à l'époque de très bons rapports avec les éducatrices. Mais depuis septembre dernier, elle se renferme sur elle-même, se croit persécutée, "souffre de décompensation" et vit dans le noir toute la journée.

Sans jamais être agressive physiquement, elle se désintéresse de son garçon âgé de 16 mois, le nourrit à des heures irrégulières. L'équipe éducative, inquiète, le signale. Le juge des enfants, saisi le 19 octobre, avait prévu de convoquer la maman le 6 novembre prochain. C'est l'élément déclencheur, selon le procureur de la République de Poitiers, Michel Garrandaux.

Car jeudi, deux jours avant le drame, les éducatrices annoncent à la jeune Guinéenne sa convocation et lui expliquent que son enfant pourrait lui être retiré si elle ne se soigne pas. Une annonce que la résidente du centre prend très mal. Persuadée que les éducatrices se sont liguées contre elle, elle déclare aux enquêteurs lors de sa garde à vue :

Quand elles m'ont dit qu'elles allaient me retirer mon enfant, j'ai décidé de toutes les tuer" - La meurtrière présumée

Elle dit vouloir commencer par Marina, que pour des raisons encore obscures à ce stade de l'enquête, elle déteste particulièrement.

Un meurtre au couteau commis de sang-froid

La Guinéenne sait que sa victime prend son service seule, le samedi matin à 7h30. Elle guette alors son arrivée. Elle trouve l'éducatrice dans son bureau et lui porte un premier coup de couteau. Elle utilise deux armes : un couteau qu'elle possède de longue date et un deuxième trouvé dans la cuisine.

Marina chute. L'autopsie devra le confirmer mais la résidente dit la poignarder encore trois fois, dont une fois à la gorge. Puis la meurtrière présumée essaie de tirer le corps pour le descendre dans la cave, n'y arrive pas et l'abandonne dans les escaliers. Encore "en tenue de nuit" ce matin-là, précise le procureur, la jeune femme tente d'essuyer les traces de sang.

Elle prend ensuite le temps se doucher et s'habille sans se presser, avant de sortir prévenir le placier du marché voisin, au pied de l'église Notre-Dame. C'est lui qui contactera la police.

Je voulais être sûre qu'elle meure complètement" - La suspecte aux enquêteurs pour expliquer le temps écoulé entre le meurtre et le moment où elle informe un passant de son geste

D'après le procureur de la République de Poitiers, la jeune femme n'a exprimé aucun regret lors des ses auditions.