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Faits divers – Justice

Limoges : Jean-Claude Boisdevésy, visé par une enquête de Mediapart, attaque le site d'information pour diffamation

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Par , France Bleu Limousin

L'ancien délégué régional de la Fondation du patrimoine en Limousin estime que son honneur a été sali. Mediapart a plaidé la bonne foi.

Jean-Claude Boisdevésy a été visé par une premier article de Mediapart publié en décembre 2016.
Jean-Claude Boisdevésy a été visé par une premier article de Mediapart publié en décembre 2016. © Maxppp - Vincent Isore

Limoges, France

Le site d'actualité Mediapart était jugé ce mardi devant le tribunal correctionnel de Limoges pour diffamation. La journaliste Julie Carnis et le directeur de la publication du site d'information, Edwy Plenel, sont visés par une procédure de citation directe par Jean-Claude Boisdevésy, l'ancien délégué régional de la Fondation du patrimoine en Limousin. Dans une enquête publiée en décembre 2016, Mediapart explique qu'il a tiré parti de cette fondation chargée d'une mission d'utilité publique et l'accuse d'enrichissement personnel. Le directeur général d'alors avait reconnu des "dysfonctionnements" et une enquête judiciaire pour "abus de confiance, prise illégale d’intérêt et escroquerie" a été ouverte par le procureur de la République de Limoges.

Ce mardi, devant le tribunal correctionnel, il n'était pas question de cette enquête, qui est toujours en cours, mais bien de la seule diffamation. Jean-Claude Boisdevésy demande réparation car il estime que son honneur a été bafoué. "On a sali mon nom, dont je suis très fier, et on piétiné ma dignité", a répété à l'audience Jean-Claude Boisdevésy, des sanglots dans la voix. L'article de Mediapart, paru au moment où il a quitté la Fondation du patrimoine, a été ressenti comme "le ciel qui [lui] tombe sur la tête".

Respect du contradictoire et droit de réponse

Quand la présidente aborde les faits relatés, l'ancien délégué régional défend sa gestion de la fondation "en bon père de famille" et assure que "tout ne peut pas être fait gratuitement". La présidente reprend quelques point du dossier, comme ces tâches de jardinage qu'il a réalisées lui-même et facturées jusqu'à plusieurs milliers d'euros à la Fondation du patrimoine. "Ça aurait coûté beaucoup plus cher de passer par une entreprise", explique-t-il. Mais il estime, surtout, que le contradictoire n'a pas été respecté par Mediapart qui l'a piégé pour l'interroger en ne lui disant pas à l'avance sur quoi allait porter leur entretien. La défense rétorque qu'il a eu bien deux heures d'interview, enregistrées, pour se justifier.

Jean-Claude Boisdevésy avance aussi un droit de réponse qu'il avait envoyé et que Mediapart a refusé de publier. "Vous y parliez de "journalistes racoleurs". Si nous l'avions publié, nous vous aurions à notre tour poursuivi pour diffamation", tranche l'avocat du site d'information, Maître Grégoire Rialan. Côté Mediapart, seule la journaliste co-auteure de l'enquête, Julie Carnis, était présente. Le directeur de la publication, Edwy Plenel, également visé, était lui mobilisé sur une autre audience en diffamation, en même temps, à Paris. 

Décision le 8 mars prochain

"Tout s'est fait dans l'ombre et j'avais besoin d’intervenir, de le faire savoir parce que le préjudice est extrêmement lourd", a expliqué Jean-Claude Boisdevésy à la sortie de l'audience. "Mon nom qui est sali, comme ma réputation, mon honneur, les valeurs qui me fondent. _C'est ça la catastrophe liée à un journalisme qui parfois n'a pas de limite_. Le dédommagement financier n'est pas le problème mais je veux pouvoir rééxister en tant que simple citoyen"

De son côté, Mediapart a plaidé la bonne foi et nie toute diffamation, toute volonté de nuire. "On n'a fait que notre métier et notre sujet était la Fondation [du patrimoine], son fonctionnement, son opacité, ses processus de contrôle", a réagi Julie Carnis, la co-auteure de l'enquête visée par Jean-Claude Boisdevésy. "Lui, en tant que personnage de premier plan, était au cœur de cette affaire, donc ça nous a permis de rappeler qu'on ne fait que notre métier, le plus sérieusement du monde en ayant la plus haute conscience de l'importance de faire connaître des faits d’utilité publique et de l’importance de préserver la dignité des gens".

Le jugement a été mis en délibéré au 8 mars prochain. Lors de cette audience, l'avocat de Mediapart, Maître Grégoire Rialan, a également déposé un recours en nullité sur la citation directe, recours qui va être étudié en même temps que le fond de la diffamation et dont la réponse sera rendue en même temps, le 8 mars.