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Faits divers – Justice

Jean-François Fortin devant la justice quatre ans après le désormais célèbre match de football Caen-Nîmes

dimanche 3 juin 2018 à 17:25 Par Didier Charpin, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Cotentin

Un procès s'ouvre à Paris pour déterminer une éventuelle entente entre les clubs du Stade Malherbe de Caen et du Nîmes Olympique lors d’un match en 2014. Jean-François Fortin fait parti des neuf prévenus jugés pour soupçons de corruption. Rappel d'un scénario qui s'est dessiné en plusieurs étapes.

Jean-François Fortin, ancien Président du Stade Malherbe
Jean-François Fortin, ancien Président du Stade Malherbe © Maxppp - Stéphane GEUFFROI

Caen, France

Trois semaines après avoir perdu la présidence du Stade Malherbe de Caen, Jean-François Fortin se retrouve devant la justice, pour une affaire de corruption présumée datant de 2014. Un soupçon d'entente avec le club de Nîmes pour aboutir à un résultat favorable aux deux clubs le jour du match. La Ligue Nationale de football avait jugé les présomptions trop légères pour sanctionner Jean-François Fortin. Mais à partir de ce lundi, c'est la justice pénale qui va examiner l'affaire durant quatre jours de procès à Paris

Brouillard dans le ciel comme dans l'interprétation du règlement

Caen-Nîmes, l'histoire a (mal) commencé le 14 mars 2014. Les Gardois, attendus à d'Ornano pour la 28e journée de Ligue 2, ne sont jamais arrivés. La faute à un épais brouillard pendant une bonne partie de la journée sur l'aéroport de Caen-Carpiquet. Certes ils ont traversé la France mais pour atterrir à Beauvais, sans avoir le temps de faire les 2h30 de route pour rejoindre Caen. Les deux clubs vont alors batailler devant la commission des compétitions de la Ligue pour faire valoir leur interprétation du rendez-vous manqué : une faute de la part des Nîmois (vue de Caen) ; un cas de force majeure météorologique (version nîmoise). Après moult revirements les instances nationales programmeront le match entre les deux dernières journées du championnat de Ligue 2, faisant ainsi une entorse à leur propre règlement ! 

Un match à enjeu

Le 13 mai 2014, Caennais et Nîmois se retrouvent donc sur la pelouse du stade d'Ornano. Et ils ne leur manque qu'un point pour atteindre l'objectif de leur saison : une accession en Ligue 1 pour les Malherbistes et le maintien en Ligue 2 pour les "Crocos". Après une première mi-temps correcte (1-1 à la pause) l'enjeu l'emportera sur le jeu en seconde période avec deux équipes regroupées dans leur moitié de terrain. Elles n'avaient rien à gagner en marquant mais tout à perdre en encaissant un but. Au soir de ce 13 mai, une partie du public siffle copieusement ce "non match" mais l’autre frange des supporters célèbre le retour dans l'élite. Sans savoir qu'une écoute téléphonique va bientôt laisser planer un soupçon d'arrangement....

Si on n'est pas trop con ! - Jean-François FORTIN sur écoute téléphonique

Durant ce printemps 2014, plusieurs membres du club gardois sont surveillés, dans le cadre d’une affaire dite "du cercle de jeu" un établissement dont le propriétaire est Serge Kasparian, également principal actionnaire du club de Nîmes. Et dans les heures qui ont précédé le match, les enquêteurs ont capté une conversation au téléphone entre Jean-François Fortin et son homologue gardois, les deux hommes plaisantant sur le fait qu'un match nul serait satisfaisant pour tout le monde. "Si on n’est pas trop con…." dit Jean-François Fortin. Propos jugé douteux sachant que ce résultat "idéal" s'est matérialisé à l'issue d'une rencontre terminée au ralenti entre les deux équipes. Plus tard la justice apprendra que des caisses de vins ont été déposées par les Nîmois devant le vestiaire caennais, sans que personne ne sache avec précision ce qu’elles sont devenues.  Aux yeux de la justice ces indices de corruption se traduiront, en novembre, par une vague d’interpellation dans l’entourage des deux clubs. Jean-François Fortin et Kaddour Mokkedel, dit Pilou, seront placés en garde à vue puis mis en examen pour "corruption privée passive" et "complicité de corruption passive et active".

Devant la justice pénale 

Depuis la justice sportive a estimé les arguments trop faibles pour sanctionner l'ex président du Stade Malherbe. Jean-François Fortin a été blanchi en mars 2015. Kaddour Mokkedel a été sanctionné de deux ans suspension. A partir de ce lundi, c'est la justice pénale qui va examiner l'affaire à l'initiative du Parquet national financier. Jean François Fortin, très marqué par cette épreuve judiciaire, ne souhaite pas s'exprimer sur l’affaire. De peur, précise-t-il, "de dire une maladresse". Comme lors de cette conversation téléphonique avec le président nîmois. Il y a quelques mois, lorsqu’il avait appris ce renvoi en correctionnel,  il regrettait de ne pas avoir complété son compromettant "si on n’est pas trop con" avec, insistait-il, le fond de sa pensée : "mais je veux qu’on vous mette 3-0". 

Jean-François Fortin affirme que le jour du match il souhaitait ce score parce que c’est le résultat d’un match gagné sur tapis vert. Et il estime que les Nîmois ne méritaient pas de se voir offrir une seconde chance après leur déplacement avorté du 14 mars 2014. Le jour où une banale nappe de brouillard a initié un volcan (judiciaire) toujours actif....