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Jean-Louis Berho, la Voix au grand coeur du Biarritz Olympique s'est éteinte

Par Thibault Vincent et Valérie Menut, France Bleu Pays Basque dimanche 4 septembre 2016 à 22:54

Il était plus qu'une voix, un sourire et la mémoire du rugby basque. Jean-Louis Berho, fidèle speaker du BO depuis 1984 sans manquer le moindre rendez-vous à Aguiléra, sportif passionné au grand cœur, a été foudroyé par une crise cardiaque à son domicile de Biarritz. Il allait fêter ses 61 ans.

"Celui qui a traversé tous les orages" du BO

Les hommages embuées pleuvent comme des gouttes de souffrance. C'est que Jean-Louis Berho n'était pas un speaker comme les autres. Fidèle au Biarritz Olympique et son stade Aguiléra depuis un match de Challenge de l'Espérance contre le Boucau Stade en 1984, il a vu passer avec la même gentillesse des légions de grands joueurs et d'oubliés. En groupe A comme en groupe B, en Top 14 comme en Pro D2, dans la gloire comme dans les tréfonds, sous le soleil comme sous la pluie, il a tenu le micro pendant 33 ans avec toujours la même bienveillance et la même passion. Toute la famille rouge et blanche, et même bien au-delà de Biarritz et du Pays Basque, pleure sa Voix, sa Mémoire et cet éternel sourire derrière la moustache, l'ancien président du BO Serge Blanco en tête :

Il a toujours fait partie du Biarritz Olympique. Celui qui a traversé tous les orages, c'est celui qui a permis à nombre de spectateurs d'apprécier l'équipe du BO que ce soit dans la tourmente ou dans la grande victoire et les grands titres. C'est un frère, c'était quelqu'un de la famille. C'est très dur aujourd’hui de savoir qu'il nous a quitté.

L'ancien arrière puis président du Biarritz Olympique, Serge Blanco rend un hommage vibrant à Jean-Louis Berho, ce "frère" disparu

Une mémoire encyclopédique

Avec le départ de ce puits de connaissance, à la mémoire de mammouth, capable au débotté de vous sortir statistiques et anecdotes sur toutes les confrontations du BO - il se targuait de pouvoir citer, avec la composition des équipes, toutes les finales du championnat de France de rugby et celles de coupe de France de football, son autre passion - le stade Aguiléra ne sera plus jamais le même. Respecté, apprécié de tous, Jean-Louis Berho laisse un vide comme le prouvent les messages des anciens joueurs biarrots

Aujourd'hui entraineur de l'équipe de France féminine, Jean-Michel Gonzalez, ancien talonneur de Bayonne, du BO (1998-2005) et du XV français,  se souvient de ce personnage jovial, aux connaissances immenses qui laisse un vide insondable :

Je n'ai connu que lui à Aguiléra. On le croisait partout, c'était le boute-en-train, la personne qui connaissait tout par cœur, il connaissait tous les joueurs passés par le Biarritz Olympique et par l'Aviron Bayonnais, avec toutes les confrontations, les petites histoires et les anecdotes. Aguiléra perd sa voix et ça fait un choc, une émotion terrible de perdre Jean-Louis subitement. On dit toujours que c'est les meilleurs qui partent en premier, mais malheureusement ça s'avère vrai encore. C'est un trou immense dans les travées d'Aguiléra

Jean-Michel Gonzalez, ancien talonneur et coentraineur du BO, se souvient ému de ce boute-en-train, mémoire du club

Il sera très difficile à remplacer confirme son ancien complice pour animer les rencontres du BO, Robert Rabagny alias "l'Indien", l'ancienne mascotte biarrote :

C'était la voix du club et je ne sais pas si on pourra trouver encore un passionné comme Jean-Louis qui mettait vraiment tout son amour au Biarritz Olympique (...) Il nous faisait vibrer, c'était vraiment quelque chose d'extraordinaire. Sa vie c'était le sport mais surtout le BO et Aguiléra

Pour Robert Rabagny, alias "l'Indien", ancienne mascotte du Biarritz Olympique, Jean-Louis Berho est irremplaçable

Un érudit amoureux du Sport

Ce n'est pourtant pas à Biarritz, mais dans sa ville natale de Saint-Jean- de- Luz qu'est né son amour de l'ovalie, un après-midi de l'année 1961, quand le petit Jean-Louis, crâne garni et moustache même pas naissante, a vu jouer pour la première fois son cher SJLO croiser le cuir avec les Landais de Peyrehorade. Devenu fervent supporter, on le croisait encore souvent au stade du Pavillon Bleu, où un vibrant hommage lui avait été rendu il y a 3 ans, avant un derby de Fédérale 1 contre Hendaye.

"Horreur des derbys"

Passionné de sport, en particulier de football - heureux comme un enfant de vivre la finale de Top 14 entre le Racing 92 et Toulon en juin 2016 au Camp Nou de Barcelone, le temple du ballon rond - Jean-Louis Berho a également été speaker de l'Aviron Bayonnais Football au stade Didier-Deschamps au début des années 2000. Et si certains supporters biarrots (comme leurs homologues bayonnais à Aguiléra) se refusent de mettre un orteil chez les voisins ciel et blancs, lui se refusait au fanatisme, qualifiant dans une interview au site Culture Sport, en 2014, son "horreur des derbys" BO-Aviron "oppium du peuple"

C'est donc sans complexe, tête haute, qu'il se rendait depuis plus de 30 ans, 2 à 3 fois par semaine, au stade Jean-Dauger point de départ pour aller fouler les bords de Nive à Bayonne avec son groupe d'amis, dont il était le moteur et animateur. Entrainements quotidien pour ce grand sportif, passé par le triathlon, et qui courrait le marathon en 3 heures, échouant pour quelques fichues secondes à passer sous la barre symbolique, l'un de ses plus grands regrets. C'est en rentrant chez lui à Biarritz, après son habituelle sortie dominicale à vélo entre amis, que ce grand cœur s'est définitivement envolé ce dimanche 4 septembre en fin de matinée, à quelques jours de fêter son 61eme anniversaire.

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