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Jean-Marie Le Pen devant la justice pour demander sa réintégration au Front national

Par Marina Cabiten, France Bleu mercredi 5 octobre 2016 à 15:59 Mis à jour le mercredi 5 octobre 2016 à 16:28

Jean-Marie Le Pen en mai 2016
Jean-Marie Le Pen en mai 2016 © Maxppp - Nicolas Kovarik

Jean-Marie Le Pen, cofondateur du Front national banni du parti d'extrême droite l'an dernier après un long bras de fer avec sa fille Marine, s'est présenté mercredi devant la justice pour demander l'annulation de son exclusion, et sa réintégration. La décision sera rendue le 17 novembre.

Il veut "la victoire", "celle de la justice". Jean-Marie Le Pen est arrivé mercredi au trinual de grande instance de Nanterre appuyé sur une canne. C'est la quatrième fois que le fondateur du Front national affronte au tribunal le parti qu'il a longtemps incarné. Il en avait été suspendu en mai 2015, puis exclu le 20 août de la même année par le bureau exécutif, instance suprême du parti. En cause : une nouvelle série de propos sur la Shoah et le maréchal Pétain, jugées pénalisantes pour la stratégie de "dédiabolisation" menée par sa fille Marine Le Pen. La décision a été mise en délibéré au 17 novembre.

Président d'honneur "à vie"

A trois reprises déjà, la justice lui a donné raison face au Front national. D'abord en annulant sa suspension puis, à deux reprises, en suspendant le congrès par correspondance censé supprimer son statut de président d'honneur. Jean-Marie Le Pen demande cette fois au tribunal d'annuler son exclusion, "entachée d'irrégularités de forme et de fond" et ainsi d'ordonner sa "réintégration parmi les membres" du parti, selon l'assignation consultée par l'AFP. En outre, lui qui s'estime président d'honneur "à vie" du FN, demande à la justice de dire "en tout état de cause" que son exclusion en tant que membre ne saurait le priver de ce titre et des prérogatives qui y sont attachées, et de lui permettre notamment de siéger à nouveau au sein des instances dirigeantes du parti.

Deux millions d'euros pour "très grave préjudice"

Il réclame enfin au Front national, qu'il a cofondé en 1972, deux millions d'euros en réparation d'un "très grave préjudice" porté à sa fonction de président d'honneur, mais aussi "à sa dignité, son honneur, sa notoriété et son action politique".

Dans l'attente de son hypothétique réintégration au FN, Jean-Marie Le Pen fait durer le suspense sur son éventuel soutien à sa fille pour la présidentielle et les législatives de 2017. "Pour l'instant non", il ne soutiendra pas sa fille à la présidentielle, avait-il lâché mercredi dernier lors d'un dîner avec ses soutiens en Seine-et-Marne, même s'il pourrait s'y "résigner". "Je le dis et le redis à Marine, si vous ne faites pas l'unité du FN (...), vous perdrez la bataille politique. Cette défaite sera irrémédiable", avait aussi lancé le "Menhir".

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