Faits divers – Justice

Jérôme Kerviel : "Mes origines (bretonnes) ne sont pas étrangères au fait que je sois encore debout"

Par Antoine Barège et Joan Bizien, France Bleu Paris Région, France Bleu Breizh Izel et France Bleu mercredi 21 décembre 2016 à 21:12 Mis à jour le jeudi 22 décembre 2016 à 11:27

L'ex-tradeur de la Société Générale Jérôme Kerviel
L'ex-tradeur de la Société Générale Jérôme Kerviel © Maxppp - Maxppp

Il est au coeur de l'actualité depuis bientôt huit ans, depuis qu'il est accusé d'avoir fait perdre près de cinq milliards d'euros à la Société Générale. Jérôme Kerviel, le Breton de Pont l'Abbé, était l'invité de France Bleu Breizh Izel ce jeudi matin.

Jérôme Kerviel vient de sortir son deuxième livre "J'aurais pu passer à côté de ma vie", titre paradoxal car l'ancien tradeur a été condamné, a fait de la prison. Il se bat avec la Société générale depuis plus de 8 ans et pourtant aujourd'hui, à 39 ans, on le sent heureux. "Ces bientôt neuf années de combat judiciaire, m’ont permis des rencontres et des expériences complétement folles qui m’ont révélé et qui m’ont appris sur moi, sur mon environnement et finalement l’environnement qui est le mien aujourd’hui est bien plus sain que celui que je côtoyais à l’époque quand j’étais trader."

Jérôme Kerviel se confit également sur sa vie au quotidien « depuis que la peine de prison est passée, j’essaye de reconstruire une vie à peu près normale, avec mes amis et une vie professionnelle." Pour lui, le combat continue, "le combat judiciaire ne s’arrête pas, nous avons eu une décision au mois de septembre qui a réduit très fortement les dommages et intérêts, de 4,9 milliards à un million d’euros et mon objectif aujourd’hui c’est ma réhabilitation et une révision du procès pénal."

On survit. Je pense que mes origines n’ont pas quelque chose d’étranger au fait que je sois encore debout aujourd’hui, Jérôme Kerviel

Pour l'ex-trader, "_financièrement c’est très compliqué car la Société Générale, évidemment, met à exécution ce million d’euros auquel j’ai été condamné, c’est une tentative de m’asphyxier au quotidien, pour autant, ***_on essaie de survivre**, tout simplement, de ne pas se laisser abattre et de continuer le combat malgré les ennuis financiers".

Alors qu'il doit payer un million d'euros de dommages et intérêts à son ex-employeur, la Société Générale, il souhaite réhabiliter son nom de famille

Jérôme Kerviel explique que son plus grand combat c'est de réhabiliter son nom, sa famille et notamment pour sa Maman qui habite Pont l'Abbé « le premier jour où l’affaire a éclaté, je lui ai fait la promesse de gagner le dossier à la fin, de réhabiliter le nom de famille qui a été sali publiquement par la presse notamment et surtout par la banque. »

Réécoutez l'interview de Jérôme Kerviel