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Faits divers – Justice

Jets de cocktails Molotov contre la préfecture à Dijon : les regrets du patron du "Bœuf Blanc"

vendredi 12 avril 2019 à 18:52 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Poursuivis pour des jets de cocktails Molotov contre la préfecture et le conseil départemental de la Côte-d’Or, trois hommes, dont le patron du "Bœuf Blanc", ont exprimé leurs regrets devant le tribunal correctionnel de Dijon. A la demande de la défense, le dossier est renvoyé au 19 juin.

Le Bœuf Blanc sera fermé le samedi, jour de manifestations des gilets jaunes
Le Bœuf Blanc sera fermé le samedi, jour de manifestations des gilets jaunes © Radio France - Jacky Page

Dijon, France

Le 30 mars, à l’issue d’une manifestation de gilets jaunes à Dijon, les forces de l’ordre étaient intervenues à l’intérieur de la brasserie "Le Bœuf Blanc", pour interpeller un individu soupçonné de violences un peu plus tôt. L’interpellation avait été mouvementée, et la patronne de l’établissement avait eu deux phalanges cassées d’un coup de matraque. La nuit suivante, des cocktails Molotov étaient lancés dans l’enceinte de la préfecture et du conseil départemental, causant des dégâts mineurs, dont un début d’incendie sur une bâche d’échafaudage. L’enquête a abouti le 10 avril à l’interpellation de trois individus, le patron du "Bœuf Blanc", son fils et un ami. Durant leur garde-à-vue, tous ont reconnu les faits. Et tous, devant le tribunal où ils comparaissent ce 12 avril, expriment des regrets. 

Expédition punitive sur fond d'alcool

Il y a d’abord le restaurateur, qui risque gros dans cette affaire. Il s’est lourdement endetté pour racheter ce restaurant, c’est lui qui est aux fourneaux, avec un apprenti. S’il va en prison, c’en est fini de sa brasserie. « J’ai honte », dit-il. Il y a ensuite le fils, 18 ans, casier judiciaire vierge, intérimaire dans les travaux publics, il a un contrat de travail le 6 mai prochain, avec espère-t-il la perspective d’un CDI. Enfin, dernier personnage dans le box des prévenus, un ami, habitué du restaurant. Un homme de 38 ans condamné à de multiples reprises pour vols, escroqueries, conduite sans permis, délit de fuite, violences conjugales. Il avait déjà été interpellé au cours d’une manifestation de gilets jaunes, avec dans son sac à dos une bouteille d’alcool à brûler.

Si aujourd’hui, tous font profil bas devant les juges, le soir des faits, leur état d’esprit était bien différent. Ce qui dominait, c’était la colère, avec pour élément déclencheur, l’intervention policière dans le restaurant, les dégâts matériels, et la blessure de la compagne du patron. L’alcool aidant, les trois compères avaient donc fomenté cette expédition nocturne contre la préfecture toute proche.

Le restaurateur dépassé par les événements

Maître Ladice de Magneval, avocate du patron du "Bœuf Blanc", affirme que c’est à son corps défendant que sa brasserie était devenue un point de ralliement des street medics, les infirmiers présents dans les manifestations de gilets jaunes. Au début, le restaurateur aurait fait charitablement entrer des personnes qui venaient d’inhaler des gaz lacrymogènes, puis au fil des rassemblements de gilets jaunes, ces derniers étaient devenus fidèles à cette adresse accueillante. En somme, le patron n’aurait pas su dire non. Aujourd’hui, il exprime sa détermination à fermer l’établissement le samedi. Il garde l’espoir de pouvoir accueillir ses clients habituels. Car celui qui était tant apprécié des gilets jaunes, offrait aussi le café le matin à des policiers, et servait leur repas de midi à des employés de la préfecture et du conseil départemental.

"Le Bœuf Blanc" fermé le samedi

Pour préparer leur défense, et afin que le tribunal ait aussi connaissance des plaintes déposées pour violences policières par la patronne du "Bœuf Blanc" et une autre femme, les avocats des prévenus ont sollicité un délai, qui leur a été accordé. C’est donc le 19 juin que l’affaire sera examinée sur le fond. Les peines encourues pour dégradation ou détérioration du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes, sont de 10 ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende.

En attendant, le parquet souhaitait qu’ils soient tous maintenus en détention provisoire, invoquant le risque que des faits de même nature se reproduisent. Il n’a pas été suivi par le tribunal, qui laisse les prévenus en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de participer à une manifestation, et de fréquenter un débit de boissons. Sauf sur ce dernier point pour le restaurateur. Il aura le droit de travailler dans sa brasserie, sauf le samedi." Le Bœuf Blanc" n’accueillera donc plus de gilets jaunes lors des prochaines manifestations.