Faits divers – Justice

Joigny : l'inquiétude de la famille de Jacques Dufresne, disparu depuis 10 jours

Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre et France Bleu lundi 12 septembre 2016 à 18:26

L'homme de 87 ans a disparu le 3 septembre à Joigny (89).
L'homme de 87 ans a disparu le 3 septembre à Joigny (89). - Gendarmerie nationale

Jacques Dufresne, 87 ans, a disparu le 3 septembre à Joigny, dans l'Yonne, alors qu'il était en visite chez son fils. Cet homme vit à Sèvres, dans les Hauts-de-Seine. Lors de sa disparition à Joigny, samedi, il est sorti faire une course et n'est jamais rentré. Mais sa famille garde espoir.

Jacques Dufresne est un homme "fondamentalement heureux de vivre et optimiste", affirme son fils Olivier, qui habite à Joigny.

L'octogénaire, qui vit en région parisienne, était en visite dans l’Yonne lorsqu’il a disparu. Il est sorti acheter un journal et ensuite, plus rien. Les enquêteurs ont remonté sa piste jusqu’à la gare de Joigny. Il aurait donc pris le train pour Paris, Auxerre ou Dijon. La gendarmerie de l'Yonne a lancé un appel à témoin mais depuis plus d'une semaine, c'est toujours le silence.

L'hypothèse de ses proches : une désorientation brutale

Les proches de Jacques Dufresne se raccrochent à un espoir, un scénario  raisonnablement optimiste, comme l’explique Olivier, l’un de ses enfants : "On pense qu’il est allé acheter son journal et là, il se passe quelque chose dans sa tête, il s’est dit, je dois rentrer en train à la maison. Il prend le train. Mais une fois à la gare de Bercy, il se rend compte que personne ne l’attend. Il est 20h. Il est désorienté. Quelqu’un l’a peut être pris en charge. Un particulier ou une association."

Une hypothèse qu’Olivier Dufresne juge plausible, d’après plusieurs témoignages : "des psychologues hospitalières notamment, nous ont expliqué que trois semaines de délais avant que l’équipe, pour des raisons comptables, cherche à identifier la personne qu’elle soigne, c’est fréquent." D’autant que Jacques Dufresne n’a rien sur lui : ni argent, ni carte vitale, ni papiers.

Toute la famille est dans l’action pour aider les enquêteurs

Ce qui fait tenir ses proches, c’est aussi l’action. Et une solidarité entre les générations : "Nous sommes une famille nombreuse et très unie. Et là, dans ces circonstances dramatiques, tout le monde a essayé d’apporter sa contribution", pour aller vérifier des informations au commissariat du 12e arrondissement à Paris, à la gare de Bercy, dans les associations parisiennes qui recueillent des personnes sans-abris… la liste est longue. Ils sont dans l’action, sans baisser les bras.

Olivier Dufresne salue aussi le travail des enquêteurs et en particulier des gendarmes de l’Yonne, avec qui il communique tous les jours. "Je suis admiratif de l’implication des personnes que nous avons croisé ici à Joigny, à Sens, à Paris…"

Ils pensent au pire comme à d'autres hypothèses

Marie-José Delambily, procureur de Sens, explique que pour l’instant, il n’y a aucun élément nouveau dans l’enquête. "Des moyens importants sont mis en œuvre", explique la représentante du parquet, "les services parisiens ont été saisis, l’appel à témoin a été diffusé aussi à Paris."

Sur l’état de santé mentale de son papa, Olivier Dufresne explique simplement : "Papa a 87 ans. Il a signalé des troubles de la mémoire récents, que son médecin traitant n’avait pas diagnostiqué comme Alzheimer mais simplement comme des troubles normaux pour une personne de son âge."

"Nous pensons au pire comme à d’autres hypothèses. Nous sommes une famille plutôt scientifique et l’hypothèse du décès de mon papa en est une. Il y en a d’autres plus terribles encore. Tout est possible."

Voici l’appel à témoin rédigé par la gendarmerie de l’Yonne : Jacques DUFRESNE a quitté le domicile de son fils à JOIGNY samedi 3 septembre à 17h30. Il devait faire une course. Il est susceptible d’avoir pris un train en gare de JOIGNY, direction PARIS-BERCY, pour regagner son domicile à SEVRES (92). L'homme est de type CAUCASIEN avec une calvitie importante. Il mesure 1m75. Il portait un bermuda blanc à carreaux, une chemise à rayures et utilise une canne. Toute personne pouvant apporter des renseignements est priée de contacter la brigade de gendarmerie de JOIGNY au 03.86.19.34.50

Désorienté à la gare de Bercy : un scenario plausible selon Olivier Dufresne

"Toute la famille apporte sa contribution"