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Faits divers – Justice

Journée de lutte contre les violences faites aux femmes : Sarah, hébergée en Gironde, raconte son calvaire

jeudi 23 novembre 2017 à 15:25 Par Fanette Hourt, France Bleu Gironde

Ce samedi a lieu la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Une femme a accepté de témoigner et de raconter ce qu'elle a vécu pour France Bleu Gironde.

La journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes a lieu le 25 novembre.
La journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes a lieu le 25 novembre. © Maxppp - Maxppp

Gironde, France

La journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes a lieu ce samedi 25 novembre. Une journée pour dénoncer tous types de violences, qu'elles soient physiques, verbales ou sexuelles. Selon un rapport du gouvernement, 123 femmes sont mortes l'an dernier sous les coups de leur compagnon, soit un décès tous les trois jours, et 225 000 femmes (âgées de 18 à 75 ans) déclarent avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint. Les trois quarts affirment même que ces faits sont répétés.

C'était le cas de Sarah*. Elle a quitté la ville où elle habitait et s'est installée en Gironde, grâce à une association, pour échapper à son ancien conjoint, aujourd'hui en prison. Un homme en apparence tout ce qu'il y a de plus normal, mais qui s'est révélé être parano et schizophrène, et auquel Sarah a eu du mal à échapper. Un calvaire qui aura duré sept mois.

"On devient une espèce de proie"

Sarah est un petit bout de femme aux cheveux blonds. Immédiatement, on sent cette énergie qui se dégage d'elle. Simple, souriante, un regard chaleureux et déterminé. Difficile d'imaginer qu'elle a vécu l'enfer. Au début d'ailleurs, Sarah vivait le grand amour. Mais "très rapidement, il y avait des grosses scènes extrêmement violentes", raconte-t-elle. "Par exemple, il voit un numéro dans mon portable qu'il ne connait pas, et tout à coup, il devient enragé, à tel point qu'il me donne plusieurs coups dans le visage, me casse le nez, me casse des côtes."

Une violence qui a été comme "un drapeau rouge" dans son esprit. Pourtant, elle n'a pas réussi à s'enfuir tout de suite. "J'avais très peur, parce qu'il me disait 'si tu vas à la police, je vais te tuer toi et ton enfant'. On devient une espèce de proie."

Beaucoup de femmes ne peuvent pas croire qu'elles sont des proies, parce qu'elles pensent qu'elles sont des femmes fortes, mais on peut tomber dans le piège. Dans mon cas, c'était d'abord une fois par mois, et ensuite ça a fini avec une séquestration pendant une semaine. C'était quelque chose que je ne pouvais pas comprendre, parce que je donnais tous les signes d'amour." – Sarah, victime de violences de son ancien compagnon

Mais cette emprise n'est pas uniquement psychologique. Il y a aussi une emprise matérielle. "Comment on fait pour se débarrasser de quelqu'un qui sait où on habite ? J'ai changé ma serrure, il a pris une pierre, il a cassé une vitre pour entrer, il a cassé mon téléphone, donc je n'avais plus de moyen d'appeler la police."

"Il m'a volé ma vie"

Heureusement, des voisins prennent leur propre téléphone et appellent les forces de l'ordre. Un geste important pour Sarah, car, pour elle, "il ne faut pas être sourd, il faut réagir et aider les femmes qui sont prisonnières de ces prédateurs."

Au bout de cinq plaintes, son ancien compagnon a fini par aller en prison. Mais Sarah vit toujours dans la peur qu'il finisse par la retrouver, comme cela est d'ailleurs déjà arrivé dans le passé. Elle a donc quitté sa région, son appartement, son travail, ses amis pour s'installer en Gironde, où elle est hébergée par une association dans un endroit tenu secret, pour garantir sa sécurité. "Il a volé ma vie", explique Sarah avec émotion. Aujourd'hui, elle se reconstruit, même si elle "n'oublie pas".

Il existe plusieurs structures en Gironde pour accueillir et aider les femmes victimes de violences : la maison de Simone à Pessac, la maison des femmes, à Bordeaux, ou encore le planning familial.

*Son prénom a été modifié.